Constellation de satellites

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La constellation des satellites du GPS.

Une constellation de satellites est un groupe de satellites artificiels qui travaillent de concert. Les satellites orbitent selon des orbites choisies et synchronisées de sorte que leurs couvertures au sol respectives se chevauchent et se complètent au lieu d’interférer entre elles.

Présentation[modifier | modifier le code]

Les satellites en orbite terrestre basse (Low Earth Orbit, LEO) sont souvent déployés dans des constellations de satellites, parce que la zone de couverture fournie par un seul satellite ne couvre qu'une petite surface, laquelle se déplace rapidement du fait de la grande vitesse angulaire nécessaire pour maintenir le satellite en orbite. De nombreux satellites LEO sont ainsi nécessaires pour maintenir une couverture continue sur une surface donnée. Cela contraste avec les satellites géostationnaires, qui, se déplaçant à la même vitesse angulaire que la rotation de la surface de la Terre, fournissent une couverture permanente sur une grande surface.

Quelques exemples de constellations de satellites :

Méga-constellations[modifier | modifier le code]

Dans les années 2010, les opérateurs de satellites pour Internet lancent des projets de méga-constellation, à l'image de Starlink de SpaceX (12 000 satellites) ou OneWeb (648 à 2 000 satellites), permettant aux constructeurs de satellites à baisser drastiquement les coûts. Ainsi de Thales Alenia Space, déjà fabricant des Globalstar seconde génération, Iridium Next et O3b[2],[3].

Controverses[modifier | modifier le code]

En démultipliant le nombre d'objets en orbite, les projets de mégaconstellations de fournisseurs d'Internet par satellite soulèvent des inquiétudes et critiques à travers le monde. D'une petite dizaine de milliers en 2020, ces objets seraient en effet plusieurs dizaines de milliers à terme[4],[5],[6].

Débris spatiaux[modifier | modifier le code]

La multiplication des satellites lancés fait craindre la multiplication de fait du nombre potentiel des débris spatiaux susceptibles d'être générés par ce type de projet[7]. En effet, au risque de collision des satellites en fonctionnement s'ajoute celui de pannes, qui rendraient incontrôlables les satellites, risque d'autant plus élevé qu'ils sont nombreux[5]. Dans le pire des cas, un syndrome de Kessler rendrait les orbites basses totalement impraticables.

Pollution lumineuse du ciel nocturne[modifier | modifier le code]

Cette multitude de satellites rejoint l'ensemble des projets en cours de déploiement (12 000 satellites voire 42 000 pour Starlink de SpaceX[5], 3 250 pour Kuiper d'Amazon[8], 650 à 2 000 pour OneWeb[5],[9]etc.), qui pose le problème de la pollution lumineuse spatiale du ciel nocturne. Celle-ci s'ajoute à la pollution lumineuse terrestre (issue de l'éclairage à la surface). De fait, les magnitudes des satellites peuvent atteindre la valeur de -2[réf. nécessaire], soit davantage que Sirius, l'étoiles la plus brillante, qui atteint -1,76. Lorsque tous les satellites seront déployés, une centaine seront visibles dans le ciel à tout instant, plus brillants que Sirius.

Cette pollution perturbe beaucoup le travail des astronomes, professionnels et amateurs, ainsi que des photographes de paysages de nuit qui devront filtrer ces sources indésirables de lumière[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « LeoSat confident Jsat investment will spur other investors », sur Space News, (consulté le 5 août 2017).
  2. « Satellites : la bataille des orbites divise le secteur », Les Échos, .
  3. Stefan Barensky, « La course à l'innovation - constellations », Air & Cosmos, no 2445, .
  4. « Combien y a-t-il de satellites au-dessus de nos têtes ? », sur Ça m'intéresse, (consulté le 26 mai 2019).
  5. a b c d et e Fabrice Mottez et Lucas Gierczak, « Starlink, un cauchemar pour les astronomes », Pour la science, no 509,‎ , p. 7 (lire en ligne).
  6. Pierre Barthélémy, « Le casse-tête croissant des débris spatiaux », sur Le Monde, (consulté le 28 mai 2019).
  7. Remy Decourt, « Les centaines de satellites OneWeb ne produiront pas de débris spatiaux », sur Futura, .
  8. « Amazon va envoyer des milliers de satellites en orbite pour fournir un accès internet partout sur Terre », Le Journal du geek, 2019-04-06 consulté le=2019-05-26.
  9. (en) « OneWeb weighing 2,000 more satellites », sur SpaceNews, (consulté le 18 avril 2020).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]