Myriam Revault d'Allonnes

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Myriam Revault d'Allonnes
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Myriam Revault d'Allonnes est une philosophe et universitaire française, professeur émérite des universités à l'École pratique des hautes études.

Biographie[modifier | modifier le code]

Agrégée de philosophie, elle est titulaire d'un doctorat de philosophie de l'université Paris 1 et d'une habilitation universitaire[1].

Myriam Revault d’Allonnes est une philosophe française, professeur émérite des universités à l’École pratique des hautes études (EPHE)[2]. Elle est également chercheur associé au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po). Elle a enseigné la théorie politique à l’École doctorale de Sciences Po Paris et a été directrice de programme au Collège international de philosophie de 1986 à 1992[3]. Elle a dirigé de 2006 à 2013 la collection de philosophie pour enfants « Chouette ! Penser » aux éditions Gallimard-jeunesse. Elle collabore régulièrement à la revue Esprit.

Elle est membre de la commission du Livre blanc sur la politique étrangère et européenne de la France (2008) et du Jury de la Conférence de consensus sur la prévention de la récidive (2012).

Elle préside depuis 2015 la commission philosophie-psychanalyse-sciences religieuses du Centre national du livre (CNL).

Elle est la mère du journaliste David Revault d’Allonnes.

Thèmes de recherche[modifier | modifier le code]

Spécialiste de philosophie éthique et politique, ses recherches ont d’abord porté sur la Terreur de la Révolution française, sur le « mal du politique » et le « caractère intraitable » des passions dont est faite l’assise originaire du lien social. Elle s’est interrogée sur la notion de « banalité du mal » et sur la question du « sens de l’humain » entendu comme capacité d’échanger des expériences, capacité dont l’expérience concentrationnaire nous a notamment donné à voir la défection la plus radicale.

Travaillant autour de la pensée de Hannah Arendt, elle a également poursuivi, sur la question du politique, des recherches proches, dans leur inspiration et leur perspective, de celles de Maurice Merleau-Ponty, de Claude Lefort, de Paul Ricœur et de Cornelius Castoriadis. Abordant ainsi des problèmes liés aux perspectives actuelles, elle a analysé les remaniements conceptuels (notamment autour de la question de la temporalité) auxquels doivent être soumises les expériences contemporaines, d’où ses récents travaux sur les notions d’« autorité », de « crise » et de « représentation ». Sa réflexion sur la démocratie accorde une place décisive aux affects politiques et aux dispositions subjectives que les individus entretiennent à l’égard du mode d’existence démocratique.

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • D'une mort à l'autre : précipices de la Révolution, Paris, Seuil, coll. « Esprit », , 233 p. (ISBN 2-02-010719-8).
  • La persévérance des égarés, Christian Bourgois, 1991.
  • Ce que l’homme fait à l’homme. Essai sur le mal politique, Seuil, 1995 (Champs-Flammarion, 1999 et 2010).
  • Le dépérissement de la politique. Généalogie d’un lieu commun, Aubier-Flammarion, 1999 (Champs-Flammarion, 2001).
  • Merleau-Ponty. La chair du politique, Michalon, 2001.
  • Fragile humanité, Aubier-Flammarion, 2002.
  • Doit-on moraliser la politique ?, Bayard, coll. « Le temps d’une question », 2002.
  • Pourquoi les hommes font-ils la guerre ?, Gallimard-Jeunesse, 2006.
  • Le pouvoir des commencements. Essai sur l’autorité, Seuil, 2006 (« Points Essais » 2012).
  • L’homme compassionnel, Seuil, 2008.
  • Pourquoi nous n’aimons pas la démocratie, Seuil, 2010.
  • La crise sans fin. Essai sur l’expérience moderne du temps, Seuil, 2012 (« Points Essais », 2016).
  • Raconter des histoires, raconter l’histoire, Gallimard-Jeunesse, coll. « Chouette ! Penser », 2013.
  • L’obstination (avec Adèle Van Reeth), Plon, 2014.
  • Le miroir et la scène. Ce que peut la représentation politique, Seuil, 2016.
  • La politique expliquée à nos enfants, Seuil, 2017.
  • La faiblesse du vrai. Ce que la post-vérité fait à notre monde commun, Seuil, 2018.
  • L'Esprit du macronisme, ou l'art de dévoyer les concepts, Seuil, 2021.

Direction d'ouvrages[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Juger. Sur la philosophie politique de Kant. Traduction annotée, suivie de l'essai interprétatif « Le courage de juger », des Lectures on Kant’s Political Philosophy de Hannah Arendt, Seuil, Paris, 1991 (« Points Essais », 2003).
  • L’idéologie et l’utopie (avec Joël Roman) ; Traduction, précédée d’un avant-propos, de l’édition française des Lectures on Ideology and Utopia de Paul Ricœur, Seuil, 1997 (« Points-essais », 2005).

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Voir ensemble, autour de Jean-Toussaint Desanti (dir. Marie-José Mondzain), Gallimard, 2003.
  • L’interminable écriture de l’extermination (dir. Alain Finkielkraut), Stock, 2010.
  • La vie privée des convictions, Politique, affectivité, intimité (dir. Anne Muxel), Les Presses de Sciences Po, 2012.
  • Temps et politique. Les recompositions de l’identité (dir. Anne Muxel), Les Presses de Sciences Po, 2015.
  • Mensonges et vérités (dir. Michel Wieviorka), Les entretiens d’Auxerre, Éditions Sciences humaines, 2016.
  • Une certaine idée de l’Europe, Flammarion, coll. « Champs actuel », .
  • La démocratie dans l’adversité (dir. Chantal Delsol), Éditions du Cerf, .

Articles[modifier | modifier le code]

  • « La nuit de la guerre », in Bloc Notes de la psychanalyse, no 18, 2003.
  • « Sommes-nous vraiment déthéologisés ? Carl Schmitt, Hans Blumenberg et la sécularisation des temps modernes », Les Études philosophiques, .
  • « Pulsions de mort et intraitable socialité » in La pulsion de mort, dir. Michel Plon et Henri Rey-Flaud, Eres, 2004.
  • « De l’autorité à l’institution : la durée publique », Esprit, août-.
  • « Le temps et l’autorité. A propos de Kojève », Esprit, mars-.
  • « Cet Eros par quoi nous sommes dans l’être », Esprit, La pensée Ricœur, mars-.
  • « Le zèle compassionnel de Nicolas Sarkozy », Esprit, Qu’est-ce que le sarkozysme ? .
  • « L‘impensable banalité du mal », Cités, no 36, .
  • « Qu’est-ce qu’une philosophie de l’actualité ? », Esprit, Refaire les Lumières, août-.
  • « La vie refigurée, autour des Disparus de Daniel Mendelsohn », Esprit, Les guerres du XXe siècle, .
  • « Hannah Arendt, penseur de la crise », Études, .
  • « La vie refigurée : les implications éthiques du récit », Archives de philosophie, octobre-.
  • « De l’utilité de la tragédie pour la vie », Esprit, Paul Ricœur, la pensée sans nostalgie, .
  • « Les paradoxes de la représentation politique », Études, .
  • « Les droits humains aujourd’hui : un horizon d’universalité politique », Revue Communications, n° 104, .

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Myriam Revault d’Allonnes | Dictionnaire prosopographique de l'EPHE », sur prosopo.ephe.fr (consulté le 15 avril 2019)
  2. « Myriam Revault d’Allonnes | École pratique des hautes études », sur www.ephe.fr (consulté le 27 décembre 2017)
  3. « Myriam REVAULT D'ALLONNES | CIPh Paris », sur www.ciph.org (consulté le 27 décembre 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]