Monte Verità

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Monte Verità
Vue aérienne en 1946.
Vue aérienne en 1946.
Géographie
Altitude 332 m
Massif Alpes lépontines (Alpes)
Coordonnées 46° 09′ 32″ nord, 8° 45′ 47″ est
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Tessin
District Locarno

Géolocalisation sur la carte : canton du Tessin

(Voir situation sur carte : canton du Tessin)
Monte Verità

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Monte Verità

Le Monte Verità (littéralement la « colline de la Vérité ») est une colline de 332 mètres d'altitude située sur le territoire d'Ascona, dans le canton du Tessin en Suisse, qui a été le berceau de nombreux événements culturels et communautés utopiques depuis le début du XXe siècle. Son origine comme destination populaire trouve sa source avec les randonneurs Wandervogel au cours de la période du Lebensreform[1],[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1900, Henri Oedenkoven (25 ans, fils d'un homme d'affaires d'Anvers) et sa compagne Ida Hofmann achètent à Ascona une colline connue sous le nom de Monescia et y établissent la « colonie coopérative végétarienne Monte Verità ». La colonie fut initialement établie sur les principes du socialisme primitif, mais devint par la suite le champion du végétarisme individualiste et hébergea le sanatorium Monte Verità[3].

Les colons « abhorraient la propriété privée, pratiquaient un code moral rigide, le strict végétarisme et le nudisme. Ils rejetaient les conventions en matière de mariage, de vêtements, de partis politiques et de dogmes : ils étaient toléramment intolérants »[4].

Le médecin anarchiste Raphaël Friedeberg déménagea à Ascona en 1904, attirant de nombreux autres anarchistes. La liste des artistes et autres personnes célèbres attirées par cette colline inclus Hermann Hesse[5], Carl Gustav Jung, Erich Maria Remarque, Hugo Ball, Else Lasker-Schüler, Stefan George, Isadora Duncan, Carl Eugen Quille, Paul Klee, Carlo Mense, Arnold Ehret, Rudolf Steiner, Mary Wigman, Max Picard, Ernst Toller, Henry van de Velde, Fanny zu Reventlow, Rudolf von Laban, Frieda et Else von Richthofen, Otto Gross, Erich Mühsam, Gusto Gräser, Karl Wilhelm Diefenbach, Walter Segal, Max Weber, Gustav Stresemann[6] et Gustav Nagel.

Hôtel moderniste par Emil Fahrenkamp.

De 1913 à 1918, Rudolf Laban dirigea une école d'art au Monte Verità, et en 1917, Theodor Reuss, le maître de l'Ordo Templi Orientis, y organisa une conférence couvrant de nombreux thèmes, parmi lesquels on trouve les sociétés sans nationalisme, les droits des femmes, la mystique de la franc-maçonnerie, et la danse en tant qu'art, rituel et religion[7].

De 1923 à 1926, le site du Monte Verità fut géré comme un hôtel par les artistes Werner Ackermann, Max Bethke et Hugo Wilkens, jusqu'à son acquisition en 1926 par le Baron Eduard von der Heydt[8]. L'année suivante, un nouvel hôtel de style moderniste fut construit par Emil Fahrenkamp. Eduard von der Heydt décédant en 1964, le site devient alors la propriété du canton du Tessin.

Installations[modifier | modifier le code]

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Le Monte Verità héberge actuellement la salle de conférence Centro Stefano Franscini de l'ETH de Zurich, ainsi qu'un musée composé de trois bâtiments : la Casa Anatta, un bâtiment au toit plat et en bois qui fut le quartier général des végétariens de la colonie et qui abrite aujourd'hui une exposition retraçant l'Histoire du site ; la Casa de Selma, un petit bâtiment qui fut utilisé pour héberger les adeptes du bain de soleil du Sanatorium ; et un bâtiment hébergeant la peinture panoramique The Clear World of the Blessed, d'Elisar von Kupffer. La colline est également agrémentée d'un jardin de thé et d'une maison de thé japonaise.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Une version romancée de la colonie du Monte Verità est le sujet d'une nouvelle intitulée Monte Verità par l'auteur Daphne du Maurier, publiée dans Le pommier en 1952, puis réédité sous le nom Des Oiseaux et d'Autres Histoires. La nouvelle d'A. S. Byatt Le Livre des Enfants, parue en 2009, mentionne la colonie, comme le fait le roman Night Letters de Robert Dessaix en 1996.

Le Monte Verità est le théâtre de points culminant de l'action dans le roman de la trilogie Suffrajitsu: Mrs. Pankhurst's Amazons (2015).

En 2016, le peintre Axel Sanson intitule l'un de ses tableaux La Danse suisse ou Monte Verità, en hommage à la colline[9].

Notes et références [modifier | modifier le code]

  1. Landmann (1979), p. 7
  2. Dan Dailey, « Wandervogel - Frequently Asked Questions », sur www.wandervogel.com (consulté le 19 avril 2016)
  3. Landmann (1979), p. 13-20
  4. Colin Ward, « WALTER SEGAL - Community Architect », Diggers and Dreamers: A Directory of Alternative Living (consulté le 18 septembre 2008)
  5. « Monte Verità », Monte Verità.org (consulté le 26 février 2014)
  6. Landmann (1979), p. 59-60
  7. Landmann (1979), p. 144-146
  8. « Eduart von der Heydt » (consulté le 18 septembre 2008)
  9. Catherine Malaval, Axel Sanson. Una persistente fortuna, Paris, La nouvelle école française, (ISBN 9791097320003), p. 49.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martin Green, Mountain of Truth: The Counterculture Begins: Ascona, 1900 - 1920, University Press of New England,
  • Robert Landmann, Ascona - Monte Verità, Ullstein, (ISBN 3-548-34013-X)
  • Museo Monte Verità, « Faits Saillants dans l'Histoire de Monte Verità », juin 2007.
  • MONTE Verità Ascona et le génie du lieu, Kaj Noschis, Presses polytechniques et universitaires romandes, arts & culture, no 73, 2011
  • Edgardo Franzosini, Sul Monte Verità, Il Saggiatore, Milan, 2014 (ISBN 978-884-2819-516).