Else Lasker-Schüler

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Else Lasker-Schüler jeune femme. L'alliance à sa main droite, et la rose dans l'autre sont autant de signes laissant penser que cette photo a été prise peu de temps après son mariage avec Berthold Lasker

Else Lasker-Schüler (de son vrai nom Elisabeth Lasker-Schüler) (née le à Elberfeld (aujourd'hui Wuppertal) - décédée le à Jérusalem) est une poétesse et dessinatrice juive allemande. Elle est l'une des représentantes de l'avant-garde du modernisme et de l'expressionnisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Else Schüler naît le 11 février 1869 à Elberfeld, un quartier de la ville actuelle de Wuppertal. Elle est la plus jeune des six enfants de Jeanette Schüler (née Kissing) et d'Aaron Schüler, un banquier juif. Elle grandit dans le quartier de Brill à Wuppertal.

Sa mère est une figure centrale de son œuvre poétique, et son père sert de modèle au personnage principal de sa pièce de théâtre Die Wupper.

Elle est considérée comme l'enfant prodige de sa famille durant toute son enfance, puisqu'elle sait déjà lire et écrire à l'âge de quatre ans. En 1880, elle entre au Lyceum West an der Aue.

Alors qu'elle a 13 ans, son frère préféré, Paul, meurt. Sa mère meurt en 1890, puis son père en 1897. Elle qualifiera la mort de sa mère d'« expulsion du paradis ».

Mariages[modifier | modifier le code]

Après avoir abandonné ses études à l'école pour suivre des cours privés au domicile de ses parents, elle se marie en 1894 au docteur Jonathan Bertold Lasker, l'un des frères aînés du champion du monde d'échecs Emanuel Lasker, et elle déménage à Berlin. Elle y travaille dans le cadre de sa formation de dessinatrice.

Son fils Paul naît le 24 août 1899; c'est également l'année de publication de ses premiers poèmes. En 1902 suit la publication de Styx.

Le 11 avril 1903, Else Lasker-Schüler divorce de son mari Berthold Lasker, pour épouser le 30 novembre suivant l'écrivain Georg Lewin, également connu sous le pseudonyme Herwarth Walden que lui inventa Else Lasker-Schüler.

Deuxième divorce[modifier | modifier le code]

Un timbre allemand à l'effigie d'Else Lasker-Schüler (1975)

Après sa séparation d'avec Herwarth Walden en 1910, Else Lasker-Schüler divorce à nouveau. Ne disposant pas de revenu propre, elle vit alors grâce au soutien financier de ses amis, notamment de Karl Kraus. En 1912, Else Lasker-Schüler rencontre Gottfried Benn. Il en résulte une amitié intense, qui se manifesta dans son œuvre littéraire par un grand nombre de poèmes d'amour dédiés à Gottfried Benn. En 1927, la mort de son fils plonge Else Lasker-Schüler dans une profonde crise.

Émigration et exil[modifier | modifier le code]

Ange pour Jérusalem, mémorial Else-Lasker-Schüler d'Horst Meister dans la forêt d'Aminadav, Jérusalem

Bien que la poète ait été récompensée en 1932 par le prix Kleist, elle émigre le 19 avril 1933 vers Zurich, au vu de la menace que représente la montée du national-socialisme pour sa vie, et tombe malgré tout sous l'interdiction de travailler là-bas. La police communale et cantonale des étrangers ne permettaient que des séjours de courte durée, provoquant des changements de lieu de vie incessants[1]. Elle entreprend deux voyages depuis Zurich vers la Palestine en 1934 et 1937.

En 1938, elle perd la nationalité allemande et devient apatride[2]. En 1939, elle voyage pour la troisième fois en Palestine. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale l'empêche de revenir en Suisse. En outre, les autorités suisses ont refusé de lui accorder son visa de retour.

Elle tombe gravement malade en 1944. À la suite d'une attaque cardiaque le 16 janvier 1945, Else Lasker-Schüler décède le 22 janvier 1945. Elle est enterrée sur le mont des Oliviers à Jérusalem.

Werner Kraft inscrivit dans son journal intime à cette date du 16 janvier 1945, le début du poème Gebet d'Else Lasker-Schüler.

La sculpture Ange pour Jérusalem d'Horst Meister, dans la forêt d'Aminadav à côté du mémorial Kennedy, est accompagnée de ces mêmes vers.

Publications[modifier | modifier le code]

Else Lasker-Schüler a produit une importante œuvre lyrique, trois pièces de théâtres, des lettres, de nombreux dessins. De son vivant, ses poèmes ont été publiés dans plusieurs revues comme Der Sturm ou Die Fackel de Karl Kraus et dans des volumes illustrés et présentés par elle-même dont :

Poésies[modifier | modifier le code]

  • Styx (1902)
  • Der siebente Tag (1905)
  • Meine Wunder (1911)
  • Hebräische Balladen (1913)
  • Gesammelte Gedichte (1917)
  • Mein blaues Klavier (1943)

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Die Wupper (1909), drame en cinq actes

Œuvres en français[modifier | modifier le code]

  • Mon cœur, Maren Sell, 1994
  • Le Malik, une histoire d'empereur, traduit de l'allemand par Geneviève Capgras et Silke Hass, Fourbis, 1995
  • Mon piano bleu, traduit de l'allemand par Jean-Yves Masson et Annick Yaiche, Fourbis, 1995
  • Else Lasker-Schüler (trad. Raphaëlle Gitlis), Quelques feuillets du journal de Zürich, Genève, Héros-Limite,‎ 2012, 64 p. (ISBN 978-2-940358-80-9)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

en français
  • Caroline Tudyka : L'Exil d'Else Lasker-Schüler, Édition L'Harmattan, Paris, 2001

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ces procédures sont documentées de façon très précise dans l'ouvrage de Klüsener et Pfäfflin
  2. Klüsener et Pfäfflin, page 295

Liens externes[modifier | modifier le code]

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