Michel Forst

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Michel Forst
Illustration.
Fonctions
Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l'homme
En fonction depuis
Prédécesseur Margaret Sekaggya (Ouganda)

Hina Jilani (Pakistan)

Président du Comité de coordination des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme des Nations unies
Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en Haïti
Secrétaire général de la Commission nationale consultative des droits de l'homme
Secrétaire général de la Cimade
Directeur de cabinet de Pierre Sané, Sous-Directeur général du secteur des sciences sociales et humaines à l'UNESCO
Directeur général de la Ligue contre le cancer
Directeur général d'Amnesty International - France
Biographie
Nationalité Français

Michel Forst est une personnalité internationale engagée dans la défense des droits de l'homme. Il est actuellement le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l'homme.

Biographie et carrière[modifier | modifier le code]

Après des études de lettres, de théologie et de santé publique en France, il enseigne pendant quelques années avant de prendre la direction d’établissements sociaux dans le domaine de l’enfance, des personnes âgées et de l’extrême pauvreté[1],[2]. Soucieux d'apporter des soins appropriés aux personnes dépendantes, il est à l'avant garde de la préfiguration des premiers EHPAD.

Amnesty International France[modifier | modifier le code]

En 1989, il devient directeur général d’Amnesty international-France où il reste près de dix ans[3]. Sous sa direction, Amnesty International-France s'est très largement développée. L'accroissement conséquent de son budget et de son personnel (multiplié par 2,5) permettent à l'organisation de densifier ses compagnes de mobilisation, d'adopter une approche stratégique pour libérer les prisonniers politiques et de mieux influencer les décideurs publics.

Michel Forst multiplie les initiatives sur le terrain, y compris des actions risquées en se rendant dans des régimes autoritaires, comme à Kinshasa, où il est enlevé, en décembre 1996, avec une journaliste, avant d'être libéré.

Premier sommet mondial des défenseurs des droits de l'homme[modifier | modifier le code]

C’est à cette période qu’il confirme son engagement international en faveur des Droits de l'homme. En 1998 il fédère une cinquantaine d'ONG des droits de l'Homme, action humanitaire et développement au sein d'un collectif "Article Premier" qui obtient le label "Grande Cause Nationale". Il organise à Paris en décembre 1998, le premier Sommet mondial des défenseurs des droits de l’homme, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Ces États Généraux des défenseurs ont réuni 350 femmes et hommes qui, parfois au péril de leur vie, œuvraient pour protéger et promouvoir les droits universels contenus dans la Déclaration de 1948. L’implication de Kofi Annan, alors Secrétaire général des Nations unies, a permis à cet événement de prendre une ampleur considérable. Jacques Chirac et Lionel Jospin, alors président de la République et Premier ministre, ont pris la parole lors de à la séance de clôture et rappelé l’engagement de la France pour les défenseurs des droits de l'homme.

Lors du dernier jour du Sommet des défenseurs, l'Assemblée Générale des Nations unies a adopté, en date du 9 décembre 1998, par consensus, la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus par la Déclaration universelle des droits de l'homme et le droit international des droits de l'homme.

En 1998, les défenseurs des droits de l’homme ont reçu le Prix des droits de l'homme des Nations unies.

Des ONG à l'UNESCO[modifier | modifier le code]

Michel Forst poursuit sa carrière au sein des ONG, en rejoignant en 1999, la Ligue contre le cancer[4], dont il devient le directeur général, poste qu’il occupe jusqu’en 2001, lorsqu'il rejoint l’UNESCO à la demande de Pierre Sané.

Il est l'un des membres fondateurs de l’organisation Front Line Defenders[5], basée à Dublin.

A l'UNESCO, il est le directeur de cabinet de Pierre Sané, Sous-Directeur général du secteur des sciences sociales et humaines.

En 2003, Michel Forst devient secrétaire général de la Cimade[6], association d’aide aux migrants, réfugiés et demandeurs d’asile.

Michel Forst est membre du conseil d'administration du Service international pour les droits de l'homme[7].

Commission nationale consultative des droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Michel Forst a été membre de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) en tant que représentant d’Amnesty international-France. Après une période d'interruption, il redevient membre de la CNCDH en tant que représentant de la Cimade.

En 2005, Joël Thoraval, alors président de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, le sollicite pour en devenir le secrétaire général[8],[9]. Il sera à l'origine de la refondation de la CNCDH, avec l'appui de Jean-Marc Sauvé et le soutien de Louise Arbour, alors Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

Avec le directeur de l'Institut danois pour les droits de l'homme, Morten Kjaerum, il sera à l'origine de la création du réseau européen des Institutions nationales des droits de de l'homme[10] et de la structuration du Comité international de coordination des Institutions nationales des droits de l'homme[11], devenu l'Alliance globale des Institutions nationales des droits de l'homme (GANHRI), sous les auspices du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme.

En 2016, Magali Lafourcade lui succède[12] au poste de Secrétaire général de la CNCDH.

Miche Forst est le Secrétaire général de l'Association francophone des Commissions nationales des droits de l'homme[13] (AFCNDH), pour laquelle il a noué un partenariat étroit avec l'Organisation internationale de la francophonie. Il est également le fondateur de l'Institut français des droits et libertés[14] (IFDL), point focal en France de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne.

Engagement auprès des Nations unies[modifier | modifier le code]

Procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme[modifier | modifier le code]

En 2008, Michel Forst est nommé expert indépendant sur la situation des droits de l’Homme en Haïti, succédant à Louis Joinet[15]. Il démissionnera de ses fonctions en 2013 avant la fin de son mandat[16].

En 2012, il est élu président du Comité de coordination des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme des Nations unies. Il veille à préserver le travail des titulaires de mandat au titre des procédures spéciales de toute ingérence.

Mandat de Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme[modifier | modifier le code]

En juin 2014, Michel Forst succède à Margaret Sekkagya (Ougandaise) et Hina Jilani (Pakistanaise), comme rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme[17], mandat créé par la Commission des droits de l’homme des Nations unies en 2000 afin de veiller à la mise en oeuvre de la Déclaration de 1998 sur les défenseurs des droits de l’homme de 1998.

Expert indépendant, il a pour mission principale d’informer sur les risques et menaces auxquels sont confrontés les défenseurs, d'intervenir directement auprès des gouvernements lorsque ces défenseurs sont en danger, mais également de formuler des recommandations pour mieux les protéger[18]. Pour ce faire, il visite des pays[19], présente régulièrement des rapports devant l'Assemblée Générale et le Conseil des Droits de l'Homme des Nations unies et examine certains cas individuels dont la situation est inquiétante. Ainsi, en octobre 2015, Michel Forst a adressé une lettre d'allégation au gouvernement des États-Unis questionnant le traitement judiciaire du dossier d’Edward Snowden[pertinence contestée]. Ce travail est mené en étroite collaboration avec les États, les instances internationales ainsi que les organisations de la société civile[20].

Depuis le début de son mandat sur les défenseurs, Michel Forst a réalisé des rapports thématiques, analysant la situation des défenseurs mobilisés sur certains droits ou ayant un profil spécifique. Il a notamment présenté devant l'Assemblée Générale des Nations unies et le Conseil des Droits de l'Homme des rapports sur la situation des défenseurs de l'environnement, sur les défenseurs des droits des migrants ainsi que sur les défenseurs travaillant pour la responsabilité des entreprises. Il a également présenté un rapport sur les bonnes pratiques en matière de protection des défenseurs.

Michel Forst a également présenté devant le Conseil des Droits de l'Homme des Nations unies plusieurs rapports "pays" sur la situation des défenseurs dans les pays qu'il a visités à titre officiel. C'est notamment le cas de l'Australie, de l'Azerbaïdjan, du Burundi, de la Hongrie, du Mexique et bientôt du Honduras. Lors de sa visite officielle au Mexique en janvier 2016, à l'occasion d'une émission sur CNN, Michel Forst rencontre la journaliste Carmen Aristegui[pertinence contestée], qu'il a eu l'occasion de soutenir dans son travail de journaliste.

Afin de diffuser les informations utiles à la protection des défenseurs et de faciliter les saisines individuelles, Michel Forst lance en octobre 2015 un site internet qui a vocation à faire connaître le travail et le rôle des défenseurs des droits de l'homme, tout comme son action en tant que rapporteur spécial.

Michel Forst a multiplié depuis 2015 les visites académiques (Allemagne, Cambodge, Colombie, Costa Rica, Espagne, Guatemala, Hong Kong, Italie, Israël et les territoires occupés de la Palestine, Liban, Madagascar, Nicaragua, Pérou, Russie, Salvador, Thaïlande, Venezuela). Il également développé sa présence sur les réseaux sociaux, notamment grâce à un compte Twitter et à un compte Facebook[pertinence contestée], et il a produit des versions grand public de ses rapports.

Michel Forst s'exprime régulièrement dans les médias français et internationaux au sujet des mécanismes de protection des droits de l'homme des Nations unies[21], ou de questions ayant trait à son mandat de Rapporteur spécial[22] : le projet de loi renseignement en France[23], les défenseurs de l'environnement[24] ou encore les défenseurs des droits des migrants[25]. Ses rapports et communiqués de presse sont également régulièrement cités dans les médias[26],[27],[28],[29],[30].

Sommet mondial des défenseurs des droits de l'homme 2018 et Prix Nobel de la paix[modifier | modifier le code]

En 2018, dans le cadre du vingtième anniversaire de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l'homme, Michel Forst pilote la tenue d'un deuxième sommet sur les défenseurs des droits de l'homme, à Paris[31], du 29 au 31 octobre 2018.

Organisé à l'Espace Niemeyer et au Palais de Chaillot par huit organisations de défense des droits de l'homme, ce sommet mondial rassemblera, autour de Michel Forst, 150 défenseurs des droits de l'homme venus du monde entier. Michelle Bachelet, Haute commissaire aux droits de l'homme prononcera son premier discours sur les défenseurs des droits de l'homme. Jean-Yves Le Drian, Ministre français des affaires étrangères prononcera un discours lors de la clôture du sommet.

Pour marquer l'anniversaire de la Déclaration, Michel Forst soutient également la nomination des défenseurs des droits humains pour le Prix Nobel de la paix 2018[32]. Dans une tribune publiée dans le journal britannique The Independent aux côtés de Susi Bascon, Michel Forst rappelle l'urgence de promouvoir le rôle des défenseurs des droits humains dans un contexte où "la liberté et la démocratie sont sur la défensive" et souligne la portée de la remise d'un tel prix à l'ensemble de la communauté des défenseurs[32][source insuffisante]. Il publie également une tribune à ce sujet dans le journal Libération[33][source insuffisante].

Distinctions[modifier | modifier le code]

2015 : chevalier de la Légion d'Honneur[34].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Entretien avec Michel Forst- De l’ACAT à la découverte des atrocités au Zaïre avec Amnesty »
  2. « Depuis 1945... »
  3. « Présentation de Michel Forst »
  4. « Contribution de Michel Forst en tant que directeur général de la Ligue contre le cancer »
  5. « Michel Forst appointed as UN Special Rapporteur on Human Rights Defenders »
  6. « De la rétention à la détention- échanges avec Michel Forst, secrétaire général de la Cimade »
  7. (en) « New Special Rapporteur on Human Rights Defenders sets out his vision »
  8. « Arrêté du 21 mars 2005 portant nomination du secrétaire général de la Commission nationale consultative des droits de l'homme »
  9. « Arrêté du 21 juillet 2009 portant nomination du secrétaire général de la Commission nationale consultative des droits de l'homme »
  10. (en) « European Network of National Human Rights Institutions | ENNHRI », sur ennhri.org (consulté le 27 octobre 2018)
  11. (en-US) « GANHRI - NHRI - Home », sur nhri.ohchr.org (consulté le 27 octobre 2018)
  12. « Arrêté du 26 juillet 2016 portant nomination de la secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l'homme »
  13. « Association Francophone des Commissions Nationales des Droits de l'Homme », sur Association Francophone des Commissions Nationales des Droits de l'Homme (consulté le 27 octobre 2018)
  14. (en-US) « (no title) », sur ifdlfrance.wordpress.com (consulté le 27 octobre 2018)
  15. http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/SP/CountriesMandates/HT/Pages/IEHaiti.aspx
  16. « Haïti: départ de l'expert de l'ONU pour les droits de l'homme », sur rfi.fr, (consulté le 20 mai 2015).
  17. « Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme », sur www.ohchr.org (consulté le 29 novembre 2015)
  18. « Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme » (consulté le 20 mai 2015).
  19. Par exemple le Burundi en novembre 2014, « Burundi: il faut relâcher sa pression sur les défenseurs des droits de l'homme, souligne Michel Forst », (consulté le 20 mai 2015).
  20. (en) « Methods of work- UN Special Rapporteur on human rights defenders »
  21. « "Sans les États-Unis, le Conseil des droits de l'Homme continuera de fonctionner" - France 24 », France 24,‎ (lire en ligne, consulté le 8 octobre 2018)
  22. « INTERVIEW - EU sets bad example on human rights with NGO crackdown - U.N. expert », sur af.reteurs.com,
  23. avec Ben Emmerson et Niels Muiznieks, « Renseignement : Le projet de loi porte gravement atteinte aux libertés », sur lemonde.fr,
  24. (en) Michel Forst, « Police and hired assassins are killing land rights defenders. Let's end this violence | Michel Forst », sur the Guardian, (consulté le 8 octobre 2018)
  25. (es) « Un relator de la ONU denuncia que incautar barcos de rescate como el Open Arms garantiza muertes "intolerables" », sur eldiario.es,
  26. « Le projet de loi antiterroriste "menace" les libertés, s'inquiètent des experts de l'Onu », sur 27 septembre 2017
  27. « Loi antiterroriste et droits de l'homme : inquiète, l'ONU met en garde la France », sur nouvelobs.com,
  28. « Burundi: l'ONU s'alarme de la répression contre les ONG », sur rfi.fr,
  29. « Pérou : à Cajamarca, l'oppression se porte bien », TV5MONDE,‎ (lire en ligne, consulté le 8 octobre 2018)
  30. « Situation inhumaine des migrants à Calais : des experts de l'ONU épinglent la France », sur la-croix.com,
  31. « Michel Forst, l'obstiné », sur amnesty.fr,
  32. a et b « The Nobel prize committee has to stop overlooking the human rights defenders who risk their lives every day »
  33. « Prix Nobel de la paix 2018 : les défenseurs des droits humains en première ligne », sur liberation.fr,
  34. « Décret du 31 décembre 2014 portant promotion et nomination »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]