Giambattista Basile

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Giambattista Basile
Description de cette image, également commentée ci-après

Giambattista Basile

Alias
Gian Alesio Abbatutis
Naissance 1566 ou 1575
Naples
Décès
Giugliano in Campania
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture italien, napolitain
Genres

Giambattista Basile (Naples, 1566 ou 1575 - Giugliano in Campania, 23 février 1632) est un poète, courtisan et écrivain italien.

Il est surtout connu pour son recueil Le Conte des contes (Lo cunto de li cunti overo Lo trattenemiento de peccerille), plus communément désigné sous le titre de Pentamerone.

Biographie et présentation du Cunto de li Cunti[modifier | modifier le code]

Né à Naples dans une famille de la classe moyenne, Giambattista Basile a été courtisan et soldat auprès de plusieurs princes italiens, dont le Doge de Venise. Selon Benedetto Croce il serait né en 1575, alors que selon d'autres sources il serait né en 1566.

Giambattista Basile a commencé à écrire des poèmes à Venise puis est ensuite retourné à Naples pour servir comme courtisan sous la protection de Don Marino II Caracciolo, prince d'Avellino à qui il a dédié son idylle L'Aretusa (1618). À sa mort, il était devenu Comte de Torrone.

Basile est surtout renommé pour avoir écrit un recueil de contes napolitains intitulé Lo cunto de li cunti overo Lo trattenemiento de peccerille (ce qui en napolitain signifie « Le conte des contes ou Le divertissement des petits enfants »). Ces contes ont été publiés en deux volumes après sa mort par sa sœur Adriana en 1634 et 1636 sous le pseudonyme de Gian Alesio Abbatutis.

Giambattista Basile a passé beaucoup de temps dans les cours nobiliaires du royaume de Naples. Les contes du Pentamerone se déroulent dans les bois et les châteaux de la Basilicate, en particulier près de la ville d'Acerenza.

Ses contes sont au nombre de 50, répartis en 5 Journées s'achevant par une églogue.

Giambattista Basile a recueilli et adapté des contes issus de la tradition orale sud de l'Italie, ce qui n'exclut pas des sources écrites (Le Piacevoli Notti de Straparola) et l'apport d'un style tantôt trivial, tantôt sophistiqué et précieux qui fait sa marque de fabrique.

Des échos de plusieurs se retrouvent dans des contes de Charles Perrault et de Jacob et Wilhelm Grimm, qui vouaient une grande admiration à ces contes napolitains (préface des Contes de Grimm de 1812). C'est par exemple le cas de Peau d'âne ("L'ourse", II, 6), de Cendrillon ("La Chatte des cendres", I, 6), du Chat botté ("Cagliuso", II, 4), des Fées ("Les deux petites pizzas", IV, 7 et "Les trois fées", III, 10), de La Belle au bois dormant ("Soleil, Lune et Thalie", V, 5) de Perrault; de Hansel et Gretel de Grimm ("Nennillo et Nennella", V, 9).

On peut supposer qu'un exemplaire du recueil (en napolitain) a été importé en France (peut-être par Jean Mabillon) au moment de la mode des contes de fées (vers 1685).

Lo cunto est connu sous le nom de Pentamerone, un titre utilisé pour la première fois dans l'édition Bulifon de 1674 en allusion au Décaméron de Boccace, qui représente la matrice du genre et qui se déroule également en Journées regroupant dix histoires chacune. Cependant la construction de la compilation de Basile est sensiblement différente, avec un récit-cadre (ouverture) qui contient lui-même un conte merveilleux qui trouve son achèvement dans la conclusion ou 50e conte, un peu à la manière des Mille et une nuits.

L'ouvrage fut plusieurs fois réédité en napolitain entre 1636 et 1728, mais traduit seulement en 1712 en bolonais et en 1747 en italien (traduction anonyme). L'oeuvre ne fut véritablement exhumée que lorsqu'elle fut traduite en allemand par Felix Liebrecht, dans une traduction préfacée par Grimm (1846), puis en anglais, par Taylor (1848) et Burton (1893). Les premières éditions/adaptations pour enfants avec illustrations suivirent (Florence, 1889; Londres, 1893; Londres, 1911; Boston-New York, W. Crane, 1885).

La traduction de Benedetto Croce (Bari, 1925) fit redécouvrir l'oeuvre et lui donna ses lettres de noblesse en Italie, en même temps qu'elle servit de base à de nouvelles traductions étrangères (en anglais, par Penzer, 1932).

Adaptation cinématographique du Cunto de li cunti[modifier | modifier le code]

  • Matteo Garrone, Tale of tales, 2015.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Editions - Traductions françaises - Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

  • Edition de référence, napolitain/italien: Lo Cunto de li cunti, ed., trad. it., a cura di Michele Rak, Garzanti, Milano, 2007 (1986).
  • Giambattista Basile (trad. Myriam Tanant), Le Conte des contes, Paris, Éditions de l'Alphée, coll. « Collection italienne »,‎ , 157 p. (ISBN 2-906447-00-5)
  • Giambattista Basile (trad. Françoise Decroisette), Le Conte des contes, Strasbourg, Circé, 1995, 2002.
  • Italo Calvino, Défis aux labyrinthes II, trad. fr. Paris, Seuil, 2003 (préface à la rééd. de la traduction de B. Croce, 1974).
  • Nancy N. Canepa, From Court to Forest. Giambattista Basile's Cunto de li Cunti ans the Birth of the Literary Fairy Tale, Wayne State University, Detroit, 1999.
  • Patricia Eichel-Lojkine, Contes en réseaux. L'émergence des contes sur la scène littéraire européenne, Genève, Droz, 2013.
  • J. Ferrari, « De la littérature populaire en Italie, II : Naples – Milan – Bologne », dans La Revue des deux mondes, t. XXI (1880), p. 505-531. – en ligne sur Gallica.
  • Suzanne Magnanini, "Postulated Routes from Naples to Paris: The Printer Antonio Bulifon and Giambattista Basile's Fairy Tales in Seventeenth Century France", Marvels and Tales, volume 21, number 1, 2007, p. 78-92.

Sur les autres projets Wikimedia :