Maison des vestales

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Maison des vestales
Image illustrative de l'article Maison des vestales
Dessin de reconstitution (1905)

Lieu de construction Forum Romain
Date de construction Monarchie romaine
Ordonné par Numa Pompilius
Type de bâtiment Domus
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome2b.png
Maison des vestales
Localisation de la Maison des Vestales dans la Rome antique (en rouge)

Coordonnées 41° 53′ 29″ N 12° 29′ 12″ E / 41.891361, 12.48662841° 53′ 29″ Nord 12° 29′ 12″ Est / 41.891361, 12.486628
Liste des monuments de la Rome antique

La maison des Vestales ou atrium vestae était la résidence, au Forum romain, des Vestales dans la Rome antique. Situé derrière la Regia, il formait, avec le temple de Vesta, un complexe unique nommé atrium vestae.

Emplacement[modifier | modifier le code]

Elle se situe dans la partie est du Forum Romain. L'édifice est à proximité de la Regia, résidence du pontifex maximus qui dirigeait le collège des Vestales, et à proximité du temple de Vesta.

Cette partie du forum qui s’adosse au mont Palatin et qui remonte vers la colline de la Velia, place ces trois monuments dans le secteur le mieux protégé du forum contre les inondations du Tibre ou les débordements des ruisseaux et sources venant des collines, fréquents à l’époque archaïque.

Historique[modifier | modifier le code]

L’ancien nom d’atrium vestae désignait à l’origine le lieu du culte de la déesse, un espace ouvert entouré de bâtiments, situé près du temple de Vesta. Ce n’est qu’à partir du IIe siècle av. J.-C. que la résidence des Vestales n’en a fait partie, en occupant la zone entre la Regia et la Domus Publica – où résidait le Pontifex Maximus – et les pentes du Palatin.

À cette époque, le bâtiment était beaucoup plus petit et était aligné sur les mêmes points cardinaux que la Regia. Sous ces vestiges, les premières phases de la construction ont, à plusieurs reprises, été mises en évidence, en liaison étroite avec la reconstruction de la Regia, datant du VIe siècle av. J.-C.. Les récentes fouilles d’Andrea Carandini ont en outre mis au jour les restes d’une cabane du VIIIe siècle av. J.-C., interprétée comme la maison des Vestales de la monarchie romaine. Le temple était déjà entouré d’une enceinte incorporée à la maison, dont on ignore si elle avait un plan circulaire. On sait, en revanche, que l’entrée faisait déjà, comme les reconstructions ultérieures, face à l’est.

En 12 avant J.-C., Auguste, en sa qualité de Pontifex Maximus, a donné aux Vestales la Domus Publica, la résidence du souverain pontife où même Jules César avait vécu. Le grand incendie de Rome de juillet 64 endommagea la partie orientale du forum jusqu’à la Regia, le temple de Vesta et la maison des Vestales. Néron restaura le complexe, qui fut reconstruit à un plus haut niveau sur un nouveau plan et une nouvelle orientation, en accord avec les autres constructions entourant la place du Forum. Les fouilles de Lanciani (1884) et de Boni (1907) ont été mises au jour des ruines visibles qui appartiennent, sur la base des « marques » estampillées sur les briques utilisées dans la construction, à une reconstruction datable principalement à l’ère de Trajan. Touchée à nouveau, avec le temple de Vesta, par le grand incendie de 191, il fallut attendre 193 pour que Septime Sévère entreprenne la réparation de l’aile ouest de la maison des Vestales.

Après la dissolution du collège des Vestales avec l’abolition du culte païen, et la défaite des derniers champions du paganisme à Aquileia en le 394, et l’instauration du christianisme obligatoire par Théodose Ier en 391, la maison fut abandonnée par les dernières vestales pour devenir une résidence de fonctionnaires de la cour impériale, puis ultérieurement de la cour pontificale. En témoigne la découverte sur le site d’un trésor monétaire de 397 monnaies d’or du Ve siècle, puis d’un autre de 830 monnaies anglo-saxonnes des IXe et Xe siècles.

La période d’abandon marqué de la zone du forum entre les IXe et XIIe siècles est celle de la ruine et de l’ensevelissement de la maison des Vestales. Dès le XVe siècle, on a exhumé à plusieurs reprises des bases de statues avec des inscriptions dédiées à Vesta datant d’entre la fin du IIIe siècle et 377, aujourd’hui transportées dans la cour.

Depuis le 27 janvier 2011, le complexe rénové est de nouveau ouvert aux visiteurs.

Vestiges actuels[modifier | modifier le code]

Statue de Flavia Publicia.

L’aspect actuel du complexe est liée à la dernière restauration de Julia Domna, l’épouse de Septime Sévère, après l’incendie de 191. Les vestiges actuels de la maison des Vestales montrent donc le bâtiment dans sa version sévérienne. Malgré l’appellation d’atrium vestae, le plan de la maison n’est plus celui d’une domus à atrium de la tradition architecturale romaine, mais celui d’une maison à péristyle dont le plan général est encore visible. Le centre de la maison est une cour à péristyle longue de 69 m, dont le grand axe est souligné par l’échelonnement de trois bassins rectangulaires de dimensions différentes. Le bassin du centre ultérieurement fut partiellement couvert d’une construction octogonale, d’usage inconnu. Sur chacun des quatre côtés de la cour, s’alignent des pièces et des salles, dont certaines étaient pavés de marbre coloré. Les départs d’escalier prouvent la présence d’un ou deux étages, certains communiquaient avec la via Nova.

L’interprétation de l’usage de ces pièces est généralement incertaine.

  • Sur un des côtés courts s’ouvre une vaste salle autrefois voûtée peut-être une salle de réception, flanquée de chaque côté de trois petites pièces carrées, soit 6 pièces ce qui correspond au nombre des vestales. Pietro Romanelli exclut, en raison de leur exigüité, que ce soit les chambres des prêtresses, et suggère des lieux de dépôts personnels pour chacune d’elles.
  • Dans une pièce, on a retrouvé les vestiges d’un autel, ainsi que des cendres et des restes de sacrifice.
  • Deux pièces contenaient l’une les vestiges d’un moulin, l’autre plusieurs petites cuves, interprétées comme des fours.

Des sculptures ont été trouvées dans la maison des Vestales et à proximité, dont une statue de Vesta, et une statue d’homme barbu, peut-être Numa, qui selon la tradition romaine, organisa le culte de Vesta.

Sanctuaire de Vesta[modifier | modifier le code]

Le temple était accessible à l’est de la maison, devant un édicule, à l’origine soutenu par deux colonnes ioniques dont seul un demeure à l’heure actuelle. L’inscription sur la frise montre qu’il avait été construit avec l’argent public organisé par décret du Sénat. Les marques sur les briques de la place à l’époque de Hadrien. Parce que le temple était dépourvu de statue, il se peut que la statue de Vesta ait été située à cet endroit.

Cour centrale[modifier | modifier le code]

Statues de la maison des vestales.
Statue de vestale.

De l’entrée, on pénètre dans la cour centrale de la maison, composée comme une sorte de péristyle. Une passerelle moderne permet de voir les restes de l’édifice républicain au dessous, avec un plancher au lithostrôton de carreaux de marbre irréguliers.

Au centre il y a trois bassins, deux petits carrés et un grand rectangulaire au centre, qui ont été couvertes pendant la période constantine par une structure octogonale en briques, interprétée comme une décoration de jardin, aujourd’hui retirée.

Les statues des Grandes Vestales (virgo Vestalis maxima) étaient alignées sous le portique. De nombreuses bases et statues ont été trouvées entassées surtout dans le côté ouest de la cour, apparemment en attente d’être transformées en chaux. Les plus belles sont aujourd’hui ailleurs, tandis que celles qui subsistent ont été placées sans critère précis, avec des unions arbitraires entre bases et statues, car la disposition originale est inconnue.

Les inscriptions remontent à la dernière phase de la construction des bases, contemporaines de ou postérieures à l’époque de Sévère :

  • de Numisia Maximilia, 201 AD
  • des trois Terentia Flavola, le 209, 213 et 215
  • Campia Severina, le 240 (plus exposée)
  • de Flavia Mamilia, 242 (plus exposée)
  • des deux Publicia Flavia, 247 et 257
  • de Coelia de Claudina, 286
  • deux de Terenzia Rufia, 300 et 301 (plus exposée)
  • de Coelia de Concordia, 380 (plus exposée)

Sur une autre base datant de 364 sur le côté sud, près de l’escalier menant à la Via Nova, le nom d’une vestale, où l’on ne reconnait que la première lettre C a été supprimée. Ce pourrait être celui de la vestale Claudia, mentionné par Prudence, le poète chrétien de la fin du IVe siècle. S’étant convertie au christianisme, son nom fut couvert d’infamie par les derniers adeptes du paganisme.

« Tablinum » et côté est[modifier | modifier le code]

Côté est de la maison des Vestales.

Sur le côté est, il y a une grande pièce avec un toit vouté dominé par deux rangées de trois salles plus petites, incorrectement appelée tablinum (salle de réception dans la domus romaine). Il est facile d’imaginer que chacun des six chambres était destinée à une Vestale, mais l’identification de la pièce centrale, peut-être un sanctuaire des Lares, est plus complexe.

Au niveau inférieur, on trouve des traces d’un petit sanctuaire. Il y avait peut-être une statue en marbre de Numa Pompilius, le fondateur légendaire du culte de Vesta, maintenant conservée dans l’Antiquarium du Forum.

Les traces d’une échelle apparaissant au-dessus du tablinum montrent l’existence d’un deuxième étage, peut-être destiné au personnel de service.

Côté sud[modifier | modifier le code]

Maison des Vestales, côté sud, dans l’atrium.

Le côté sud est le mieux conservé, avec de nombreuses pièces donnant sur un long couloir : une boulangerie, un moulin à la meule bien conservée, une cuisine (?) De cet endroit partait aussi l’escalier vers l’étage supérieur, où se trouvaient les pièces des vestales équipées de salles de bains chauffées.

Deux autres escaliers vers le premier étage se trouvent au bout de l’aile sud, près de l’abside, peut-être un sanctuaire, qui pourrait être celui du dieu mystérieux Aius Locutius, situé dans le vieux bois sacré du Lucus Vestales. Selon Cicéron, ce territoire était lié à une ancienne légende, selon laquelle, en 390 BC, une voix mystérieuse, mais restée inécoutée, qui aurait averti les Romains de l’assaut imminent des Gaulois.

Côté ouest[modifier | modifier le code]

Le côté ouest est occupé par une grande salle rectangulaire, en face du tablinum, généralement identifié comme un triclinium.

Côté nord[modifier | modifier le code]

Les pièces du côté nord sont celles qui sont dans dans le pire état. Les éléments disponibles ne suffisent pas à leur attribuer une fonction, même hypothétique.

Photos[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Filippo Coarelli (trad. Roger Hanoune), Guide archéologique de Rome, Hachette,‎ (1re éd. 1980), 349 p. (ISBN 978-2-01235-428-9)
  • Pietro Romanelli, Le Forum romain, trad. d’Olivier Guyon, Rome, Istituto Poligrafico dello Stato, 112 p., 1967, p. 12-13, 49-50.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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