Morice Benin

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Morice Benin
Description de cette image, également commentée ci-après
Morice Benin en juin 2015.
Informations générales
Nom de naissance Moïse Ben-Haïm
Naissance (71 ans)
Casablanca, Drapeau du Maroc Maroc
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Genre musical chanson française
Instruments guitare, darbouka
Années actives depuis 1962

Morice Benin, né Moïse Ben-Haïm[1] à Casablanca (Maroc) en 1947, est un chanteur, auteur-compositeur-interprète français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Moïse Ben-Haïm naît à Casablanca, après la guerre, son père — qui a émigré en France — obtient la francisation du nom de famille. Pour ses premiers albums, il utilise dès lors un prénom également francisé et son nouveau nom : Maurice Benin. En 1976, sur la première version de l'album C'était en 1976, la forme Môrice Benin apparaît. Ce n'est qu'en 1980, avec l'album Passage, que l'accent circonflexe disparaît définitivement et que le nom Morice Benin se stabilise [2].

Il écrit ses premières chansons à l'âge de quatorze ans, mais le choc « originel » remonte à Jacques Brel, découvert au Théâtre municipal de Casablanca en 1962, et qui incarnera sa ferveur à pousser la voix lui aussi, à considérer la chanson comme un art majeur. Vinrent ensuite tous ses autres « pères spirituels » : Georges Brassens, Félix Leclerc, Claude Nougaro, Gilbert Bécaud, et surtout Léo Ferré, lequel accompagnera plus tard toute une partie de sa génération.

En été 1965, il débarque à Marseille, en vacances, et n'utilisera jamais son billet de retour... Il « monte » tenter sa chance à Paris, sans un sou en poche, mais avec beaucoup d'illusions : petits boulots pour survivre et grand blues dans la capitale.

Afin de « frotter » ses premières chansons à quelques oreilles averties, Morice écume les cabarets rive gauche de l'époque : Chez Georges, L'Écluse, La Contrescarpe, Le Port Salut, où il côtoie Les Enfants Terribles, Jean Vasca, et quelques autres.

Il croise alors la route du parolier-éditeur Jacques Demarny, en 1966. Celui-ci, séduit par la fougue et l'authenticité du personnage, l'introduit chez Barclay, où il enregistre son premier 45 tours, Rage de Dents, en 1967. Jacques Demarny restera longtemps l'ami de cœur, le « parrain » dans la profession.

En 1968, Maurice (il ne s'appelait pas encore Morice...) commence à se sentir trop étriqué dans le rôle de « postulant idole ». Ses idées reçues sur le monde du spectacle et sur la société en général se laminent sous le coup de cette grande prise de conscience. Une vague se profile à l'horizon, qui augure les années 1970, riches en remises en cause, en révoltes radicales..., parfois naïves, quelquefois sommaires, souvent salutaires. Il flirte avec l'écologie (mouvement très embryonnaire à l'époque), dénonce son contrat chez Barclay, et prend acte en fuyant Paris en particulier, et le show-biz en général...

Au début des années 1970, la conviction impatiente d'une force irrésistible tourne à l'évidence : puisqu'il faut tout rebâtir, tout reprouver... il retourne à la source et va chanter là où c'est encore possible, là où on ne l'attend pas, c'est-à-dire partout ! Les MJC, foyers de jeunes travailleurs, foyers ruraux, mille-clubs, et même certains "villages-vacances" qui, regorgeant d'animateurs "passerelles", permettent d'écouter ses chansons existentielles et poético-libertaires. Les chansons de Benin portent témoignage de cette époque plutôt rebelle.

L'artiste se distingue d'abord en chantant en 1973 sur le plateau du Larzac, devant des milliers de pacifistes, pour protester contre l'extension d'un camp militaire, puis dans les manifestations écologistes contre la centrale nucléaire de Malville en 1977. Il devient un des chantres de la génération contestataire, avec Bernard Lavilliers ou Maxime Le Forestier. Vient alors, un rythme de 150 concerts par an, en France, au Québec, en Allemagne, en Belgique, en Suisse. Son disque Je vis a un succès estimable, sans doute à la suite de l'impact de « Larzac 74 », avec 100 000 exemplaires vendus sans médiatisation : un record pour un disque auto-distribué, quasiment vendu sous le manteau. Les albums Peut-être, Il faudrait toujours pénétrer, C'était en 1976 et Tu vois ce que je veux dire sont de la même veine, à l'image de Tu vois c'que j'veux dire, où Gérard Prévost, du groupe Triangle, participe.

Vivant à l'époque dans une grange de montagne aménagée, en Ariège, à Seix, entouré d'amis bergers, ses thèmes favoris sont, toujours avec un esprit critique acerbe, le bonheur du vivre autrement de la marginalité, l'écologie, la dénonciation de l'impérialisme et du show business, la relation amoureuse et les rapports femmes-hommes.

En 1976, Jacques Vassal lui consacre un paragraphe dans Français, si vous chantiez, son histoire de la chanson publiée chez Albin Michel (collection Rock & Folk), non rééditée.

Années 1980 : avec une forte pincée d'exigence et de rigueur dans l'écriture, dans l'environnement musical et dans le rapport aux autres, il assume sa spécificité et sa ligne de conduite plutôt que l'étiquette de "professionnalisme". Passage de plusieurs semaines au théâtre de la Gaîté-Montparnasse et à la fête de l'Humanité.

En 1982, il fait tour à tour l'Olympia et le Printemps de Bourges, et sort son septième disque : Apocalypse. Premières grandes émissions avec Jean-Louis Foulquier, José Artur et Claude Villers.

En 1983, il rencontre le pianiste-arrangeur Michel Goubin, qui devient pour sept ans plus qu'un accompagnateur : un alter-ego musical. D'autres musiciens rejoignent le duo : le bassiste Serge Salibur, et la violoncelliste Dominique Brunier. Disque Sémaphore. Morice chante trois semaines à la Comédie de Paris.

Début 84, nouveau disque : Aimer sans issue, salué "coup de cœur" par les disquaires, puis enregistrements publics au festival SIGMA de Bordeaux. Tournées au Québec, en Allemagne et au Maroc.

En 1985, il obtient le Prix de l'Académie Charles Cros pour son disque sur la poésie de René Guy Cadou : Chants de Solitude. En 1986, il publie le livre Le Chant du Fleuve et le disque Escale.

1987 : il s'installe à Grenoble et y crée la comédie musicale Dessine-moi un enfant. En janvier 88, pour trois concerts au TLP Dejazet à Paris, il est remarqué par Nicole Londeix du Sentier des Halles, qui lui propose de passer huit semaines en mai-juin dans son théâtre. Nouveau disque : Respirer.

1989 : nouvel Olympia. Tournées au Maroc, en Suisse, en Belgique. Morice crée une collection de cassettes thématiques : Pour prendre le large (21 prévues au total), sur les sujets essentiels de la vie et met en musique des auteurs connus et inconnus (K. Gibran, R.M. Rilke, J. Delteil, etc.) Rencontre d'un nouveau musicien, avec lequel il joue encore en 2018 : Dominique Dumont.

En 1990, il monte un deuxième spectacle pour les enfants : Couleurs, issu d'ateliers qu'il anime dans les écoles. Expériences riches et ressourçantes qu'il va développer trois années consécutives. Sa complicité devient plus étroite avec l'écrivain Luc-Marie Dauchez et le guitariste Dominique Dumont. Début des stages d'été, stages d'écriture en Ardèche, avec Dominique Dumont. Prix de la SACEM pour l'ensemble de son œuvre. Parution d'un deuxième disque sur les poèmes de René Guy Cadou: La Cinquième saison. En 1991 : Essentiels, nouveau disque. Concerts au TLP Dejazet et au Sentier des halles.

1992 et 1993 : Morice continue les spectacles bien sûr, mais se consacre de plus en plus à son travail avec les enfants (ateliers d'écriture de textes et chansons) et collabore avec des ethnologues et des "animateurs de terrain" dans des sites "sensibles". Tout cela donne des enregistrements et des spectacles étonnants, conçus avec des enfants : Je fais tout ça pour toi ; La vallée grande de l'intérieur ; La mémoire du lac ; Moi, je rêve ; Aujourd'hui le soleil ; Couleur.

En 1994, après une résidence à Boissy-Saint-Léger (94), il crée avec des enfants de maternelle un spectacle sur les quatre éléments : Ici Terre, avec le soutien du Conseil départemental du Val-de-Marne et de la collaboration d'Alain Mollot, metteur en scène.

Exilé du show-business depuis plus de 20 ans, il se passe de promotion et remplit pourtant les salles grâce à ses seules chansons, exaltant les sentiments et les engagements.

En 1995, il participe à plusieurs grands festivals et collabore avec le pianiste-compositeur Eric Dartel du CNSM de Lyon. Festival d'Avignon et tournées en Grèce et en Slovaquie avec l'ami et guitariste Dominique Dumont.

En 1996, paraît son quatorzième enregistrement : Funambule Amoureux et sa troisième compilation : Je chante pour demain. Avec Dominique et Jeff Siccard, Morice joue à l'Européen à Paris pour renouer avec la capitale, puis au Petit Champlain à Québec, avec Dominique, où se confirment les atomes crochus avec ses "cousins" d'Amérique...

C'est aussi le début d'une collaboration avec l'écrivain-poète et psycho-sociologue Jacques Salomé, dont il met en musique certains poèmes, et qui l'invite à chanter dans nombre de ses séminaires. De 1996 à 1998, il y aura ainsi plusieurs spectacles à la suite des séminaires organisés pour Jacques Salomé. Cela aboutira à un CD : La vie à tous (1997), enregistré en Ardèche, avec Dominique Dumont comme directeur artistique et Dominique Brunier au violoncelle. Création avec le chanteur kabyle Djamel Allam à Beaucourt (90).

Le Centre d'éveil artistique d'Avignon le missionne, avec trois autres artistes de disciplines différentes sur un travail autour de la mémoire, de l'idée de naissance et d'enfantement... sujet qui le passionne tout particulièrement.

Il monte - avec le guitariste, complice et ami Dominique Dumont, avec la violoncelliste Dominique Brunier, le pianiste Norbert Paul - un nouveau spectacle : Vie-Vent, pour la salle Claude Nougaro, l’aérospatiale de Toulouse, livrant toutes ses chansons du crû 97.

Depuis 1990, Morice continue d'animer des stages d'écriture et de mise en chansons de textes écrits pendant le stage, surtout l'été, avec Dominique Dumont, expérience de fécondité d'écriture, de chant, d'alliage musical... et qui, à chaque stage, se termine par une petite "création mondiale" de chaque chanson par les stagiaires, à la fin de la semaine. La plupart de ces stages ont eu lieu en Ardèche (07). Parution du livre Demain la source (2001), illustré par l'ami peintre et graphiste, Claude Larosa qui crée aussi les jaquettes, le visuel, les affiches de Morice...

En 2003, il se lance dans la création d'un spectacle en hommage à Léo Ferré La Mémoire et la Mer pour, dit-il, "restituer un peu de l'émotion et de la force que cet albatros de chanteur nous a léguées pour longtemps..." Ce spectacle est sorti en CD.

Espérantophile, il a adapté en espéranto son album Vie vent : In-spir' (eo).

En 2015, nouvelle thématique, Morice s'insurge contre les mutilations sexuelles, dont il a lui-même souffert, dans une chanson historique : Anathème, publiée sur youtube[3].

En 2017, Morice continue de chanter un peu partout en France et à l'étranger, dans des grandes et petites salles, et aussi "chez l'habitant"... Il est accompagné par Dominique Dumont et quelquefois par d'autres musiciens, comme Patrick Leroux, qui a créé les arrangements du CD La Mémoire et la Mer. Jean-Luc Michel est aussi présent par son jeu au piano et au clavier, et avec son studio où ont lieu les enregistrements, à Lyon. Son fils, Hugo Benin, intervient également. C'est lui qui coordonne musicalement les CD Infiniment (2014) et L'inespéré, entre les lignes… (2017). Morice Benin, resté très fidèle à certains instruments qu'il a connus dans son enfance au Maroc, utilise souvent le darbouka ou le oud, instruments issus de la culture arabo-andalouse, pour accompagner les textes de ses chansons.

Depuis 1997 existe aussi une association, Chansigne, qui édite un bulletin trimestriel.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

  • 1972 : Peut-être
  • 1973 : Il faudrait toujours pénétrer les gens…
  • 1974 : Je vis
  • 1975 : Peut-être[4]
  • 1976 : C'était en …
  • 1978 : Tu vois c'que j'veux dire[5]
  • 1980 : Passage
  • 1981 : Apocalypse
  • 1982 : Sémaphore
  • 1983 : Aimer sans issue
  • 1984 : Chants de solitude - René Guy Cadou (Prix de l'Académie Charles Cros 1985)
  • 1985 : Chemin d'Alliance
  • 1987 : Escale
  • 1988 : Respirer
  • 1990 : La Cinquième Saison - Morice Benin chante René Guy Cadou
  • 1991 : Essentiel
  • 1996 : Funambule amoureux
  • 1999 : La vie à tous - textes de Jacques Salomé
  • 2000 : Vie Vent
  • 2001 : Breizh ardente
  • 2001 : In'spir (en espéranto)
  • 2002 : Après le déluge
  • 2003 : La Mémoire et la Mer - Morice Benin chante Léo Ferré
  • 2005 : Être
  • 2007-2008 : Pour prendre le large[6]
    • Naître
    • Agir
    • Offrir
    • S'épanouir
    • Aimer
    • Éprouver
    • Atteindre (1re version)
    • Partir (hors collection[7])
  • 2009 : Atteindre (2e version)
  • 2009 : L'Élan
  • 2009 : Arpenteurs - Morice Benin chante Joseph Rouzel
  • 2012 : Des astres annoncés
  • 2014 : Infiniment
  • 2017 : L'Inespéré, entre les lignes…
  • 2018 : L'air de rien (Paroles Luc-Marie Dauchez)

Albums en public[modifier | modifier le code]

  • 1984 : En public

Compilations[modifier | modifier le code]

Certains titres sont réenregistrés à cette occasion.

  • 1988 : Vol.1 : De je vis… en escale
  • 1991 : Vol.2 : Des pays…à ...respirer
  • 1995 : Vol.3 : Je chante…pour demain
  • 1998 : Comme un fleuve - Morice Benin chante René Guy Cadou (compilation des deux albums "Cadou"[8])
  • 1998 : Vol.4 : Ose…la petite vie
  • 2003 : Vol.5 : Chanter… souffle d'homme

EP, 45 tours et divers[modifier | modifier le code]

  • 1969 : Rage de dents - 45 tours EP
  • 1972 : Maurice Benin Chante - mini 33 tours 17 cm 4 titres
  • 1987 : Résister - 45 tours

Morice Benin écrit également pour et avec les enfants. Depuis 1990, il anime régulièrement des Ateliers-création avec des enfants qui ont donné naissance à plusieurs CD :

  • 1987 : Dessine moi un enfant - comédie musicale
  • 1991 : Couleurs
  • 1995 : Ici Terre
  • 1998 : Différents
  • 2001 : Je vais vous dire un secret
  • 2008 : Florilège

En mars 2010, sortie du premier enregistrement vidéo de Morice Benin en concert, sur DVD (Chemin Buissonnier). Le disque regroupe des titres de la tournée de 2006, qui suivait la sortie de l'album Être : Simple, Fils de la vie, Breizh ardente, Désir dépaysé, Mère au foyer, Dieu du portable, On avance, Là-bas vers le Caucase, La nuit obscure, Les pays n’existent pas, Une fois, Que reste-t-il ?, Être fidèle, Souffle d’homme, T’es unique.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  •  ???? : Le mal de terre
  •  ???? : L'univers des miroirs
  •  ???? : Chant du fleuve
  • 1979 : Chemin de solitude
  •  ???? : Dans notre pays
  • 1983 : Prémices à l'éveil de l'ours
  • 2001 : Demain la source
  • 2003 : L'homme qui se prenait pour un chanteur
  • 2010 : Sous le signe d'Hélène Cadou, collectif, éditions du Traict

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la chanson Fils de la vie sur l'album Être (2005)
  2. Voir les pochettes des albums sur le site Pressibus
  3. Michel-Hervé BERTAUX-NAVOISEAU, « Morice Benin, Anathème (contre les mutilations sexuelles : excision et circoncision ) », (consulté le 26 décembre 2017)
  4. Version réenregistrée de l'album de 1972 + inédits.
  5. Disque entièrement réenregistré en 1979, avec un titre en moins.
  6. Collection CD issue d'une première collection de 18 cassettes. Textes de Khalil Gibran, Hélène Cadou, Claude Bugeon, Morice Benin, Raïner-Maria Rilke, Jean Bies, Jean Vasca, Jean-Pierre Nicol, Pierre Reverdy, André Verdet, René Guy Cadou, Anne Testard, Henri Miller, Philippe Forcioli, Arnaud Lannoux, Luc-Marie Dauchez, Alain Manach, Joseph Rouzel, Bruno Ruiz, René Daumal, Joseph Deleil...
  7. Inédits réservés aux abonnés à l'ensemble de la collection.
  8. Certains titres sont réenregistrés.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]