Eunape

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Eunape
Eunapius, Vitae sophistarum, Florence, BML, Plut. 86.7.jpg
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Chrysanthius (en), ProhérésiosVoir et modifier les données sur Wikidata

Eunapios, en grec ancien : Εὐνάπιος (v. 349 - après 414), est un rhéteur grec auteur de Vies de philosophes et de sophistes et d'une Histoire des Césars dont il ne reste que des fragments.

Biographie[modifier | modifier le code]

La biographie est difficile a constituer, les informations proviennent principalement de l'œuvre, aucun témoignage extérieur ne complète les connaissances sur la vie d'Eunape. Ce dernier pour certaines vies de philosophes (Porphyre notamment) déclarait que certaines biographies ne peuvent être constituées qu'à partir des écrits de la personne[1].

Eunape est né à Sardes en Lydie, Asie mineure vers 349[2]. La date de naissance est difficile à déduire en fonction du contexte et du vocable pour désigner les âges de la vie[1], on peut la déduire à partir du fait que Prohérésios est exclu de l'enseignement entre 362 et 364 sous l'empereur Julien car Chrétien, Eunape le rencontra après l'abrogation de la loi scolaire[3]. La date est importante, l'arrivée avant ou après les lois de Julien permettent de le situer dans le contexte du renouveau intellectuel païen[4]. C'est le parent par alliance de Chrysanthe de Sardes, son professeur durant sa jeunesse, ami du médecin Oribase de Pergame[5]. À l'âge de seize ans, il part étudier à Athènes, chez Prohérésios, sophiste chrétien d'origine arménienne ; il y est initié aux Mystères d'Éleusis et est introduit parmi les Eumolpides[6]. En 368/369, vers l'âge de 20 ans, il voulut poursuivre ses études en Égypte. Mais ses parents le rappelle pour Lydie pour enseigner dans l'école de sophistique, puis suit les cours de son parent Chrysanthe de Sardes, qui l'initie à la philosophie de Jamblique, et exerce la médecine et respecte un silence dit mystérique[7]. Contemporain et zélé partisan de l'empereur Julien, il se montra ardent adversaire des chrétiens, voire fanatiquement antichrétien aux dires de Photios, qui utilise un discours très partial.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Il écrivit vers 395 ou 396[8] une Vies des Sophistes - recueil de 23 biographies de philosophes anatoliens du IVe siècle - où l'on trouve des détails intéressants sur plusieurs philosophes éclectiques, sur des médecins et des rhéteurs de son temps, qu'il a côtoyé avec l'enseignement oral[9]. Dans ces biographies, Eunapios ne fait pas œuvre de philosophe, il préfère insister sur les actions et le genre de vie. Il examine les philosophes (Plotin, Porphyre de Tyr, Jamblique, Édésios de Cappadoce, Sopatros d'Apamée, disciple de Jamblique ; Eustathe de Cappadoce, Sosipatra d'Ephèse, Maxime d'Éphèse, Julien, Priscos de Threspotie) et les sophistes récents (Julien de Cappadoce, Éphanios de Syrie, Diophantos d'Arabie, Sopolis, Himérios de Bithynie, Parnasios, Libanios d'Antioche, Acace de Césarée, Nymphidianos de Smyrne), les « iatrosophistes » (des médecins : Zénon de Chypre, Magnos de Nisibe, Pribase de Pergame, Ionicos de Sardes, Théon). Il renvoie souvent à l'Histoire Universelle et inversement[10]. Il souhaite « une histoire continue et circonscrite avec exactitude de la vie des hommes les meilleurs en philosophie et en rhétorique »[11]. Eunape eu plusieurs critères de sélection des philosophes, des hommes du IVe siècle, contemporain du maître Chrysanthe. Tous sont des orientaux, la plupart furent des professeurs dans les cités intellectuelles de l'empire et tous ont écrit des livres et font partie de la couche supérieure de la société[12]. La transmission est à portée morale[13] et permet d'être une source essentielle pour la sociologie antique malgré la chronologie imprécise[14].

Cet ouvrage, publié pour la première fois en 1569 à Anvers par Hadrianus Junius, puis en 1596 à Heidelberg, par Jérôme Commelin, grec-latin, a été édité de nouveau avec des améliorations par Boissonade, Amsterdam, 1822, 2 volumes in-8. et réimprimés à la suite de Philostrate dans la Bibliothèque grecque des Didot, 1849

Eunape avait aussi écrit une Histoire des Césars en 14 livres qui continue l'œuvre de Dexippe (depuis Claude II en 270, jusqu'à Honorius et Arcadius, en 407). Selon Photios, dans le codex 77 de sa Bibliothèque, Eunape est impie dans ses croyances, adopte un ton anti-chrétien, anti-Constantin, glorifie l'empereur Julien. Cette histoire serait en deux éditions, la seconde étant beaucoup plus élaguée contre le christianisme mais selon Photios, les coupures rendent le texte moins intelligible[15]. Cette seconde édition, sans fragments, a beaucoup divisée sur sa contenance, on hésita sur le fait qu'un compilateur byzantin l'a expurgée[16], que Eunape voulait compléter son texte[17]. Il est probable que la première partie de l'Histoire s'arrête en 395/396 (référence l'invasion des Goths et la destruction des temples païens par Théodose) et qu'une seconde partie devait en parler[18]. Une centaine de fragments sont connus par la Souda et les Excerpta de Constantin VII Porphyrogenete[19] ainsi que Zosime qu'il l'utilise pour la plus grande partie de son Histoire Nouvelle. Les fragments sont édités dans la Fragmenta Historicorum Graecorum.

Il ne reste de cet ouvrage que des fragments : les Mémoires Historiques[20],[21].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions en grec[modifier | modifier le code]

  • Karl Müller, Fragmenta Historicum Graecum, tome IV, Paris, F.Didot, 1870.
  • A. Baldini, Ricerche sulla storia di Eunapo di Sardi, Bologne, 1984.

Traductions en français[modifier | modifier le code]

  • Vies des philosophes et des sophistes (vers 395), trad. Stéphane de Rouville (1878), [1]
  • Vies de philosophes et de sophistes, trad. Olivier D'Jeranian, Éditions Manucius, 2009, 187 p.
  • Eunape de Sardes (trad. Richard Goulet), Vies de philosophes et de sophistes, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Collection des Universités de France », (ISBN 978-2251005928)
    En deux tomes, le premier étant l'introduction et la prosopographie, le second étant le texte avec la traduction.

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Eunape » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (lire sur Wikisource)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b C.U.F., Tome 1, p. 5.
  2. C.U.F., Tome 1, p. 24.
  3. C.U.F., Tome 1, p. 9-12.
  4. C.U.F., Tome 1, p. 22-23.
  5. C.U.F., Tome 1, p. 25.
  6. C.U.F., Tome 1, p. 27.
  7. C.U.F., Tome 1, p. 28.
  8. C.U.F., Tome 1, p. 35.
  9. C.U.F., Tome 1, p. 98-99.
  10. C.U.F., Tome 1, p. 103, 105.
  11. C.U.F., Tome 1, p. 104.
  12. C.U.F., Tome 1, p. 127-129.
  13. C.U.F., Tome 1, p. 106.
  14. C.U.F., Tome 1, p. 125.
  15. C.U.F., Tome 1, p. 37-40.
  16. C.U.F., Tome 1, p. 50.
  17. C.U.F., Tome 1, p. 54, 59.
  18. C.U.F., Tome 1, p. 86.
  19. C.U.F., Tome 1, p. 47.
  20. Richard Goulet: Eunape de Sardes. In: Richard Goulet (éd.): Dictionnaire des philosophes antiques, vol 3, Paris 2000, pp 310–324, ici: 320
  21. Roger C. Blockley: The Ending of Eunapius’ History. In: Antichthon 14, 1980, pp 170–176, ici: 175. On doit à Victor Cousin des recherches sur Eunape (dans ses Nouveaux Fragments).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]