Lien social (psychanalyse)

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Pour Jacques Lacan, le lien social se caractérise par la possibilité pour le sujet d'occuper diverses positions dans le discours. Occuper tour à tour la position d'agent "du discours de l'hystérique", "du discours du maître", "du discours de l'universitaire", "du discours de l'analyste". Dans son enseignement[1], Lacan envisage toutefois que le monde occidental dominé par l'idéologie capitaliste soit pris dans un nouveau discours qu'il nomme "discours du capitaliste", subversion "du discours du maître".

Les quatre discours[modifier | modifier le code]

La chaîne logique que représente la division subjective ($), le signifiant maître (S1), le signifiant savoir (S2), l'objet a peut se disposer sur quatre positions (vérité, agent, autre, produit) et ainsi déterminer la modalité de discours qui caractérise le sujet.

Le discours du maître[modifier | modifier le code]

Du fait de sa division subjective (en place de vérité), le maître (l'agent) adresse sa maîtrise à l'autre (dont Hegel remarquait déjà que le propre de l'esclave, c'est de savoir) caractérisé par son savoir. Un manque-à-jouir (objet a) est produit.

Le discours de l'hystérique[modifier | modifier le code]

L'hystérique (comme agent du discours de l'hystérique) adresse au maître (en position d'autre) sa division subjective. La vérité, cause de cette division, c'est que l'hystérique est dirigé par l'objet a. L'effet produit sur l'autre sera qu'il retournera à l'hystérique un savoir (S2) nécessairement impropre à satisfaire sa nature désirante et à combler sa division.

Le discours de l'analyste[modifier | modifier le code]

Lorsque Freud reçut d'une patiente hystérique l'ordre de se taire, il entra en position d'agent du discours de l'analyse. Son silence, son "manque-à-répondre" (objet a) est adressé au sujet en tant qu'il est divisé, qu'il est une énigme pour lui-même. Cela aura pour effet que l'analysant produit des signifiants S1 qu'il renvoie au silence de l'analyste.

Le discours universitaire[modifier | modifier le code]

Au nom du maître (S1 en position de vérité du discours universitaire), l'universitaire, le professeur adresse un savoir S2 à l'autre. Cet autre est pris comme un manque, un vide à combler (objet a), l'effet étant que ce manque nourrit la nature désirante de l'autre qui retourne au savoir.

Le discours du capitaliste[modifier | modifier le code]

Le sujet en position d'agent : l'individu[modifier | modifier le code]

Le discours du capitaliste est centré sur la personne. Le consommateur est le moteur, l'agent de ce discours. Il est sans cesse invité à souscrire à l'idéologie dominante dévoilée : le signifiant maître S1 du Marché. La particularité de ce discours est l'ontologie particulière du sujet. Celui-ci est conçu en tant qu'il serait non-divisé (entièrement définissable par un discours scientifique désubjectivisé/désubjectivisant). La lumière est faite sur son désir, qui ne serait que désir de consommation. Les objets qu'il consomme ont pour but de le parfaire, de le compléter. C'est bien la division subjective (que Lacan note $) qui est visée.

Le "Divin Marché" en position de vérité[modifier | modifier le code]

Perversion du nouveau maître[modifier | modifier le code]

La science et les techno-sciences[modifier | modifier le code]

La lathouse, objet a capitaliste[modifier | modifier le code]

Sectes et discours capitaliste[modifier | modifier le code]

"Une nouvelle économie psychique" : l'hypothèse d'un sujet capitaliste[modifier | modifier le code]

La science[modifier | modifier le code]

Discours scientifique[modifier | modifier le code]

On peut considérer que le discours scientifique trouve son essor avec Galillée, Newton et Descartes, même si la démarche grecque le préfigure. Il s'agit d'une approche du réel par la mathématisation, par la mise en chiffres et en lettres des phénomènes qui nous parviennent de la nature. D'un point de vue psychanalytique, ce discours se soutient d'une exclusion du sujet désirant, et vise une symbolisation ultime du Réel (la grande théorie de l'unification, par exemple).

Discours de la science[modifier | modifier le code]

Il existe un discours voisin du discours scientifique, dont les effets sont véritablement ravageants pour le sujet: il s’agit du "discours de la science". Cet avatar du discours scientifique se trouve lié au développement des sociétés industrielles, et particulièrement à l’organisation économique capitaliste en Occident. La situation actuelle est que le discours de la science, qui se spécifie de mettre à l’écart toute question subjective, a peu à peu envahi l’ensemble des discours sociaux qui règlent le "vivre ensemble" des sociétés modernes. Ce n’est pas la science ni les scientifiques qui sont à remettre en cause, mais cette prolifération d’un type de discours qui vise à éliminer dans les relations sociales la part de subjectivité. Il semble que la société organisée par ce discours de la science, que l’on peut résumer des deux adjectifs, capitaliste et marchande, ait gravement déstabilisé les modes de transmission entre humains, que ce soit dans l’ordre de la filiation, de l’éducation ou de l’apprentissage.

Comme l'indique le psychanalyste Joseph Rouzel, ce déferlement des modes de discours de la science, de sa logique, ce qu'on appelle le scientisme, forme totalitaire du positivisme pragmatique, a des conséquences jusque dans les recoins de la vie intime de chacun. Il touche au statut de la vérité. La vérité, n'est pas la mesure, l'exactitude, la preuve. La vérité ne se prouve pas : elle se dit, elle se produit de l’énonciation d’une parole[réf. nécessaire].

Pour Lacan, la psychanalyse consiste en un poumon artificiel face à l'atmosphère irrespirable du discours de la science.[réf. souhaitée]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • LACAN, Jacques, Du discours psychanalytique, Conférence à l'université de Milan, 1972, in Lacan in Italia-Lacan en Italie, éd. La Salamandra, 1977.
  • LACAN, Jacques, Séminaire XVII, L’envers de la psychanalyse [1969-1970], éd. du Seuil, Paris, 1991.
  • LACAN, Jacques, Séminaire XX, Encore [1972-1973], éd. du Seuil, Paris, 1975.
  • LACAN, Jacques, Télévision, éd. du Seuil, coll. « Le champ freudien », Paris, 1973.
  • MILNER, Jean-Claude, L’Œuvre claire : Lacan, la science et la philosophie, Le Seuil, collection « L’Ordre philosophique », 1995

Pour approfondir sur le discours du capitaliste[modifier | modifier le code]

  • ASKOFARE, Sidi, LAPEYRE, Michel, SAURET, Marie-Jean, L’inquiétant et le capitalisme, communication à P.E.R.U, Psychanalyse Et Recherches Universités, Mars 2000.
  • DUFOUR, Dany-Robert, On achève bien les hommes, De quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu, Denoël, Paris, 2005.
  • DUFOUR, Dany-Robert, Le Divin Marché, la révolution culturelle libérale, Denoël, Paris, 2007.
  • FLOC’H, Isabelle, PELLE, Arlette, L’inconscient est-il politiquement incorrect ?, éd. Erès, coll. « actualité de la psychanalyse », Toulouse, 2008.
  • FREUD, Sigmund, Malaise dans la civilisation [1929], Presses Universitaires de France, 1971.
  • LACAN, Jacques, Du discours psychanalytique, Conférence à l'université de Milan, 1972, in Lacan in Italia-Lacan en Italie, éd. La Salamandra, 1977.
  • LACAN, Jacques, Télévision, éd. du Seuil, coll. « Le champ freudien », Paris, 1973.
  • LAVAL, Christian-Arthur, L'homme économique, essai sur les racines du néolibéralisme, éd. Gallimard, 2007.
  • LEBRUN, Jean-Pierre, Un monde sans limite : Essai pour une clinique psychanalytique du social, éd. Erès, coll. « Point hors ligne », Toulouse, 2002.
  • LEBRUN, Jean-Pierre (sous la direction de), Les désarrois nouveaux : Prolongements théorico-cliniques au monde sans limite, éd. Erès, coll. « Point hors ligne », Toulouse, 2004.
  • LEGENDRE Pierre, La fabrique de l'homme occidental suivi de L’homme en meurtrier, éditions Mille et une nuits, Paris, 1996.
  • MELMAN, Charles, LEBRUN, Jean-Pierre, L'homme sans gravité. Jouir à tout prix, éd. Denoël, 2002.
  • PAVON CUELLAR, David, Marxisme lacanien, Psychophores, Paris, 2009.
  • ROTH Dominique Jacques "Economie et psychanalyse. Le progrès en question", L'Harmattan 2011. " Critique du discours STM. Essai sur la servitude formelle", Ed. Eres, 2012.
  • SAURET, Marie-Jean, Psychanalyse et politique, huit questions de la psychanalyse au politique, Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2005.
  • SAURET Marie-Jean, Malaise dans le capitalisme", Editions P.U.M., 2009
  • SAURET Marie-Jean L'effet révolutionnaire du symptôme", Erès, collection Humus, 2008.
  • TERRAL, François, Sur le lien social capitaliste, éd. Erès, coll. « l’en-je lacanien », n°1 2003/1, Ramonville Saint-Agne, 2003, pp. 139-150.
  • ŽIŽEK Slavoj, Plaidoyer en faveur de l'intolérance, éd. Flammarion, Coll. « Climats », Paris, 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Jacques Lacan, Du discours psychanalytique, Conférence à l'université de Milan, 1972, in Lacan in Italia-Lacan en Italie, éd. La Salamandra, 1977.