Approche lacanienne de la psychose

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La psychose est importante dans la pensée de Jacques Lacan qui y consacre sa thèse de médecine en 1932[1].

Cause[modifier | modifier le code]

La cause de la psychose, selon Jacques Lacan, est la forclusion, un mécanisme de défense qui lui est spécifique[2], et qui en serait l'origine. Il développe en parallèle le concept de Noms-du-père, terme désignant le père symbolique par différence avec le père réel. Il y a forclusion du nom du père, cause de la psychose, lorsque la mère, qui exerce un rôle privilégié dans la transmission à son enfant du symbole de la fonction paternelle, manque à transmettre cette symbolisation. Cela entraîne le développement d’un fonctionnement psychotique, marqué par ce défaut de symbolisation du père :

« Ce qui a été forclos dans le symbolique apparaît dans le réel. »

— Jacques Lacan, D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose[3]

La psychose s'installe donc par défaut de symbolisation du père. La représentation, littéralement arrachée hors du conscient, forclose selon la terminologie de Lacan, ne laisse aucune trace inconsciente, et entraîne le délire. Ce mécanisme est précoce car il s'installe chez l'enfant avant l'âge où il commence à parler[4]. Pour Lacan, le langage est important car la psychose se manifeste dans les propos des intéressés : ils n'arrivent pas à faire la distinction entre la réalité et les manifestations de leur inconscient. Dans ses derniers séminaires, Lacan a cependant minimisé l'importance jusque-là centrale du Nom-du-père[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Lacan, De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité : thèse de la Faculté de Paris, Paris, Le François éditeur,
  2. Par différence avec le refoulement, mécanisme de défense propre à la névrose
  3. Jacques Lacan, « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », dans Ecrits, Paris, Seuil, , p. 577
  4. Lacan, à la suite de Sándor Ferenczi, nomme l’enfant n'ayant pas encore acquis le langage l’infans.
  5. (en) Russell Grigg, Lacan, Language and Philosophy, New York, State University of New York Press, , 224 p. (ISBN 9780791473450), p. 38

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Lacan, De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité, Paris, Seuil, coll. « Points essais »,
  • Jacques Lacan, D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose ; Écrits, Seuil,
  • Jacques Lacan, Séminaire sur les psychoses, Paris, Seuil, coll. « Séminaires de Jacques Lacan »

Articles connexes[modifier | modifier le code]