Serge Leclaire

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Serge Leclaire
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à StrasbourgVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata
à ArgentièreVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession Psychiatre, psychanalyste, psychologue et écrivainVoir et modifier les données sur Wikidata

Serge Leclaire (1924-1994), né Liebschutz, est un psychiatre et psychanalyste français. Il fut le premier disciple de Jacques Lacan, dont il se démarquera en établissant sa propre théorie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Serge Liebschutz, né le 8 août 1924 à Strasbourg, « appartient à une vieille famille alsacienne, juive libérale, qui se réfugie pendant la guerre dans le centre de la France sous le nom de Leclaire, nom qui fut gardé ensuite »[1].

Il fait ses études de médecine et de psychiatrie à Paris et soutiendra sa thèse de médecine en 1957: « Contributions à l'étude des principes d'une psychothérapie des psychoses »[1].

Un moine hindou lui aurait fait découvrir la psychanalyse en mentionnant les travaux de Françoise Dolto.

Leclaire rejoint alors l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Analysé par Jacques Lacan, il sera son premier disciple[2].

En 1953, Leclaire participe à la scission au sein de la Société psychanalytique de Paris (S.P.P.) qu'il quitte pour la Société française de psychanalyse (S.F.P.), dont il est membre associé en 1954 et dont il sera « l'actif secrétaire de 1957 à 1962, avant d'en devenir président en 1963, année de la seconde scission française ». Il fait partie, durant ces années, avec Wladimir Granoff et François Perrier, du trio surnommé « la Troïka » [1].

Entre 1961 et 1965, il est membre de l'International Psychoanalytical Association (IPA). Leclaire tentera de faire accepter par l'IPA la SFP, sans succès.

Avec François Perrier et Françoise Dolto « il prend le parti de Jacques Lacan en 1964, lors de la seconde scission » et suit Lacan à l'École freudienne de Paris, fondée la même année, tout en restant membre direct de l'I.P.A. jusqu'en 1967. « Très actif au départ, avec François Perrier et quelques autres, il se met progressivement en retrait des tâches institutionnelles pour réfléchir à la place et à la fonction de l'analyste dans la société et pour produire une œuvre profondément originale »[1].

En 1969, Leclaire est à l'origine du premier Département de psychanalyse, à l'Université de Paris VIII (Vincennes). En 1983, il est le seul clinicien à accepter de participer à l'émission Psy Show, qu'il quittera dès les premières dérives.

À la suite de sa « Proposition pour une instance ordinale des psychanalystes » (Le Monde du 15 décembre 1989), cosignée par le Pr Lucien Israël, Philippe Girard, Danièle Lévy et Jacques Sédat, « mal accueillie par ses confrères et mal comprise », il fonde le 20 janvier 1990, avec les signataires, l'Association pour une instance tierce des psychanalystes (A.P.U.I.), « dont il restera le président jusqu'à sa mort. C'est l'ultime tâche à laquelle il s'attelle, tout en publiant son dernier livre, Le Pays de l'Autre, au Seuil en 1991 »[1].

Il meurt le à Argentière (Haute-Savoie).

Il a été le psychanalyste de François Roustang.

Le rêve à la licorne[modifier | modifier le code]

Élisabeth Roudinesco mentionne, comme contribution importante de Leclaire, l'analyse du « rêve à la Licorne »[3], que Leclaire exposa lors du rapport de Jean Laplanche et Serge Leclaire présenté au Colloque de Bonneval en 1960 et publié dans Les Temps modernes dès 1961  : L'inconscient, une étude psychanalytique (parties III et V du rapport)[4].

C'est dans son premier livre Psychanalyser publié en 1968, écrit Jacques Sédat, que Serge Leclaire « témoigne de ce que peut être la clinique lacanienne à partir du signifiant, dans “Le rêve à la licorne” »[1].

Leclaire montre dans « Le rêve à la licorne » comment une chaîne de signifiants détermine un rêve. Cette analyse pourrait être en accord avec l'approche linguistique des rêves de David Foulkes, le chercheur de rêves américain, qui a dit : « however visual dreams may seem they may be planned and regulated by the human speech production system. »[réf. souhaitée]

La thérapie des psychoses[modifier | modifier le code]

Dans un article À la recherche d'une psychothérapie des psychoses paru en 1958 dans l'Évolution psychiatrique Leclaire discute le traitement des signifiants par les malades mentaux. Pour le paranoïaque, un signifiant peut avoir des signifiés multiples, pour le schizophrène plusieurs signifiants sont liés avec un seul signifié. On pourrait dire que le schizophrène a trop de signifiants et un défaut de signifiés.

Se référant au schéma L de Lacan, selon Leclaire l'axe a-a' (l'axe de l'imaginaire) manque chez le schizophrène: le schizophrène est privé de moi. Une thérapie consisterait à lui donner un moi. Sur cette base théorique Gisela Pankow a développée sa thérapeutique du greffe, parce que le schizophrène a besoin de greffes, comparables aux crampons, que pose l'architecte pour fortifier un édifice.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Psychanalyser, Seuil-points, (1968), rééd. 1975, (ISBN 2-020-00636-7)
  • Démasquer le réel, Seuil-point, (1971)
  • On tue un enfant, 1975 (allusion à l'article de Sigmund Freud On bat un enfant), Ed.: Seuil-points, 1981, (ISBN 2-020-05808-1)
  • Rompre les charmes, Inter Éditions, 1981
  • Le Pays de l'autre, Seuil, 1991
  • État des lieux de la psychanalyse, Albin Michel, 1991
  • Demeures de l'ailleurs, Arcanes, 1996
  • Écrits pour la psychanalyse, Arcanes, 1996
  • Principes d'une psychothérapie des psychoses, Fayard, 1999
  • Œdipe à Vincennes, Fayard, 1999

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Théophile Kammerer, « Serge Leclaire », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 23, p. 2267
  • L'Inconscient, Colloque de Bonneval, Paris, Desclée de Brouwer, 1966.
  • Serge Leclaire et Jean Laplanche, « L'inconscient, une étude psychanalytique », in Jean Laplanche, Problématiques IV L'inconscient et le ça, Paris, PUF, 1981, p. 261-321. (ISBN 2-130-36714-3)
  • Élisabeth Roudineso, Histoire de la psychanalyse en France, vol. 2, Paris, Le Seuil, 1986 (réédition Fayard 1994)
  • Gisela Pankow, Structure familiale et psychose, Paris, 1983, Aubier.
  • Dictionnaire international de la psychanalyse (Dir. Alain de Mijolla), Entrée « Leclaire (Liebschutz), Serge » (auteur: J. Sédat), Paris, Hachette Littératures, 2005. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Jacques Sédat « Leclaire (Liebschutz), Serge », in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de psychanalyse, cf. bibliographie.
  2. Élisabeth Roudinesco, « Leclaire Serge - (1924-1994)  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 juin 2013. Lire en ligne : « Pendant trois ans, il poursuit une cure à visée didactique sur le divan de Jacques Lacan, tout en nouant, à l’intérieur de la Société psychanalytique de Paris (S.P.P., fondée en 1926), des liens étroits avec les hommes et les femmes de la troisième génération française. Parmi les plus intimes, Jean Laplanche et Anne-Lise Stern ».
  3. Le rêve à la Licorne in : Serge Leclaire, Psychanalyser, Le Seuil, Paris, 1968 - (ISBN 9782020006361)
  4. L'inconscient, une étude psychanalytique, qui fut d'abord publié dans la revue Les Temps modernes, no 183, juillet 1961, p. 81-99, puis dans L'Inconscient, Colloque de Bonneval, Paris, Desclée de Brouwer, 1966, se trouve aussi dans Jean Laplanche, L'inconscient et le ça, Paris, PUF, 1981, p. 261-321.