Lesseux

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Lesseux
Lesseux
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Vosges
Arrondissement Saint-Dié-des-Vosges
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Saint-Dié-des-Vosges
Maire
Mandat
Raoul Partage
2020-2026
Code postal 88490
Code commune 88268
Démographie
Population
municipale
146 hab. (2018 en diminution de 18,44 % par rapport à 2013)
Densité 50 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 17′ 09″ nord, 7° 05′ 01″ est
Altitude Min. 382 m
Max. 660 m
Superficie 2,94 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Saint-Dié-des-Vosges
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Saint-Dié-des-Vosges-2
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Lesseux est une commune française située dans le département des Vosges, en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Lesseux est située en Déodatie dans le bassin versant de la Fave. C'est une des 188 communes[1] du parc naturel régional des Ballons des Vosges.

Elle fait partie de la Communauté d'agglomération de Saint-Dié-des-Vosges. Le village occupe une vallée en cul-de-sac, orientée est-ouest, s'ouvrant perpendiculairement sur la vallée de la Fave. Les Poilus durant la Grande Guerre l’avaient surnommé d’un jolie nom : « Le Val de la Demie-Lune » en raison de sa forme caractéristique.

Le ruisseau de Lesseux est aussi dénommé Goutte Morelle (lieu où il prend sa source).

Communes limitrophes de Lesseux
Lusse Lusse
Frapelle Lesseux Lusse
Combrimont Wisembach

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Lesseux est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Dié-des-Vosges, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 47 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (56,6 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (56,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (56,6 %), prairies (31,6 %), zones agricoles hétérogènes (11,8 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Un ancien camp romain aurait été établi sur la crête entre Combrimont et Lesseux (en lien avec le Camp de la Bure occupé par les Leuques). Le point de vue sur la Vallée de la Fave est en effet intéressant pour contrôler le passage dans la vallée débouchant sur celle de le Meurthe.

Le village s'est construit sur des terrains défrichés par les moines de Saint-Dié à l'instar des autres villages de la vallée.

La commune est en effet toujours rattachée l’Église Saint-Jacques[1] et à la Grande Paroisse de Bertrimoutier (appelée ainsi car elle dépend directement du pape, qui compte aujourd’hui sept Communes). Ce lien avec Bertrimoutier est très ancien et à l’origine du village. Le nom de Bertrimoutier provient d’un prieuré puis d’un monastère (moutier) fondé par un moine nommé Bertherus en 1171 dépendant des chanoines du monastère de Saint-Dié. L’origine du village de Bertrimoutier remonte à la venue dans les Vosges de St Déodat qui construisit un monastère dans le « Val de Galilée » territoire possession du clergé et des chanoines de Saint-Dié. Cette paroisse fut le siège des 18 colonies agricoles établies par les moines de Saint Déodat dès le VIIe siècle. Selon Ruyr, «une forme de prieuré ou monastère » apparaît, créé et régi par un moine disciple de Saint Déodat (Dié) nommé BERTERIUS duquel, l’église et le village ont reçu le nom de Bertrimoutier. Le village était ainsi rattaché vers le Xéme siècle au Château du Spitzemberg résidence du Duc de Lorraine. [9]

Le village est probablement lié du moins par son nom à la forteresse féodale de Lusse construite au XIIIe siècle par Thiébaut de Jussey vassal du Duc de Lorraine afin d’améliorer le contrôle du passage dans la vallée de la Fave. Ce château qui est en ruine à la fin XVIe siècle, à la suite de la Guerre de Trente Ans, devient la propriété de la famille de Bazelaire chargé par Le Duc de Lorraine de la reconstruction de Saint-Dié. A cette occasion, la famille originaire de Bâle et Montmédy prend le titre « de Lesseux ».

La commune de Lesseux, créée en 1790, conserve après la Révolution Française des biens communs avec celle de Lusse. Vers 1830 ces biens indivis (forêt communales) ont été partagés entre les deux villages (parcelles de bois situées au dessus des Trois Maisons (lieux-dits « Raingoutte » qui font partie des forêts communales de Lesseux).  

À la fin du XIXe siècle, après 1870, le village était quasiment frontalier de l'Allemagne (par les Chaumes de Lusse). Le village vivait de l'agriculture, de l'élevage et du bois. Il y avait d'importantes cultures de pomme de terre qui fournissaient des féculeries situées dans la vallée, notamment à Frapelle (pour la fabrication de fécule de pomme de terre destinée à fabriquer de la colle et utilisée dans le textile). Les Vosges étaient d’ailleurs l’un des premiers départements dans la culture des pommes de terre.

Lesseux fut le siège de combats importants durant la Première Guerre mondiale (côte 607), il était sur la ligne de front (entre 1914 et 1918). Les troupes se sont stabilisées sur les deux hauteurs du village (les Allemands au nord-est (côte 607) et les Français (Le Chapis) au sud-ouest). On retrouve de nombreux vestiges signe d’intenses combats sur les deux flancs de la vallée (il n’est pas rare de trouver des balles, des éclats d’obus, des chiques de shrapnels au sol dans le village, les anciens du village, enfants lors des événements, relataient qu’ils entendaient les soldats crier d’effrois et de douleur appelant leur mère durant les combats sur les deux coteaux). Les anciennes fermes ont d’ailleurs été en grande partie détruites à la suite des combats. On reconnaît les fermes reconstruites après la guerre (les linteaux sont droits parfois avec une poutre en acier, elles n’ont plus la forme voûtée en grès rose). La commune a été décorée de la croix de guerre 1914-1918 le [10].

L'école communale, à classe unique, comptait jusqu'à une trentaine d'élèves en 1900. L’école gérait une petite pépinière scolaire qui se situait en face de l’ancienne Mairie, ceci jusqu’entre les deux Guerres. Les élèves effectuaient les semies et allaient repiquer les arbres dans les forêts communales (sur le Communal). L’école fut fermée en 1980 (avec 6 élèves la dernière année). Un regroupement scolaire avec Provenchères-sur-Fave dura de 1981 à 2001. Durant quelques années une annexe de classe maternelle de ce regroupement fut installée dans l’ancienne école communales. Aujourd'hui le village fait partie du Syndicat Intercommunal des Écoles de Lusse.

Le paysage a été profondément modifié à la suite de la tempête Lothar 1999. Les crêtes boisées d’épicéas à la fin de XXe siècle sont aujourd’hui partiellement dénudées et ont retrouvé en partie durant quelques années leur visage de la fin du XIXe siècle où les champs dominaient.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Budget et fiscalité 2015[modifier | modifier le code]

En 2015, le budget de la commune était constitué ainsi[11] :

  • total des produits de fonctionnement : 107 000 , soit 583  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 101 000 , soit 554  par habitant ;
  • total des ressources d’investissement : 12 000 , soit 64  par habitant ;
  • total des emplois d’investissement : 7 000 , soit 36  par habitant.
  • endettement : 25 000 , soit 136  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d’habitation : 20,74 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 7,77 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 14,03 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 38,75 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 19,83 %.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1790 1798 Jean-Baptiste Durain    
1800 1803 Jean-Baptiste Benoit    
1803 1815 Jacques Lemaire    
1816 1830 Jean-Baptiste Humbert    
1831 1832 Jean-Joseph Petitdidier    
1832 1833 Jean-Baptiste Kemlin    
1834 1839 Jean-Joseph Marchal    
1840 1845 Jean Baptiste Humbert    
1845 1858 Jean-Nicolas Bareth    
1859 1862 Jean-Baptiste Humbert    
1862 1865 Émile Nicolas Jeandel    
1865 1867 Jean-François Michel    
1867 1869 Jean-Nicolas Colin    
1869 1872 Émile Nicolas Jeandel    
1872 1876 Jean Baptiste Mangel    
1877 1885 Jean-Baptiste Mainbourg    
1885 1888 Jean-Baptiste Colin    
1888 1900 Émile Siblot    
1900 1934 Gustave Martin   Menuisier (petit fils par alliance de Jean-Nicolas Bareth)
1934 1947 Léon Humbert    
1947 1953 Seffre    
1953 1955 Justin Schwint    
1955 1970 Paul Jallon    
1970 mars 1989 Robert Seffre (1932-2019)    
mars 1989 mars 2008 Robert Lallemand   Artisan (arrière-arrière-arrière-petit-fils de Jean-Nicolas Bareth, arrière-petit-fils de Gustave Martin, petit neveu de Léon Humbert)
mars 2008 avril 2014 Philippe Tridon   Médecin urgentiste
avril 2014 En cours Raoul Partage    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[13].

En 2018, la commune comptait 146 habitants[Note 3], en diminution de 18,44 % par rapport à 2013 (Vosges : −2,43 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
181180169208218241223222218
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
206204193195185175192184161
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
16910713912313012612513095
1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012 2017 2018
111123108110142147177151146
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le village dispose comme les villages voisins de nombreux calvaires et fermes bien rénovées typiques de l'habitat rural vosgien (parements en grès rose, linteaux de porte avec inscription en latin).
  • Il dispose également d’une ancienne distillerie municipale avec alambic (utilisée pour la fabrication de « la goutte  » eau de vie locale).
  • Le village dispose de beaux points de vue sur la vallée de la Fave et le massif de l’Ormont. On retrouve de nombreux vestiges de la Première Guerre mondiale.
  • Un ancien camp romain aurait été implanté sur la crête sud entre Lesseux et Combrimont[17].
  • Monuments aux morts de Bertrimoutier[18].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

[2] site perso d’un habitant avec anciennes cartes postales de Lesseux

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Liste des 188 communes adhérentes au parc naturel régional des ballons des Vosges, 3e Charte 2012 - 2024
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Saint-Dié-des-Vosges », sur insee.fr (consulté le ).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. Guy Lecomte, « Châteaux-forts, abbayes, monuments antiques et personnages historiques de Lorraine et d'Alsace: CHÂTEAU DE SPITZEMBERG », sur Châteaux-forts, abbayes, monuments antiques et personnages historiques de Lorraine et d'Alsace, (consulté le ).
  10. Communes décorées de la Croix de guerre 1914-1918
  11. Les comptes de la commune « Copie archivée » (version du 23 mars 2015 sur l'Internet Archive).
  12. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  16. Cité par Claude Gérard, La maison rurale en Lorraine, CREER, Nonette, 1990, p. 136
  17. Les routes romaines d'après A. Fournier : Route de Saint-Dié à Sainte-Marguerite et Sainte-Marie-aux-Mines
  18. Monuments commémoratifs intercommunaux de Bertrimoutier : Aux Morts des 7 communes de la Grande Paroisse - Bertrimoutier, Combrimont, Frapelle, Lesseux, Neuvillers-sur-Fave, Pair-et-Grandrupt, Raves