Mal-logement

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Rassemblement public sur la Place de la République à Paris (21 février 2008)
Interview d'Augustin Legrand pendant le rassemblement populaire place de la République à Paris, le 21 février 2008

Définition[modifier | modifier le code]

Le mal-logement est un néologisme francophone[réf. nécessaire] défectueux[1] , adopté cependant par la Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés, pour définir la situation d'insalubrité ou de grande précarité d'une partie des usagers (habitant dans au maximum 9 m2) ou aspirants au logement (habitant à plusieurs dans des chambres des foyers)[2]. Cette construction verbale a été dans un premier temps employée par certaines associations militantes, avant d'être reprise progressivement par quelques médias[3] dans les années 2000.

Il désigne des conditions de vie très difficiles (privation de confort ou surpeuplement), ou même précaires (logement insalubre, caravanes…) de personnes de tout âge.

Chiffres en France[modifier | modifier le code]

Selon le rapport 2012 de la Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés, près de 3 700 000 de personnes sont « mal logées », plus de 5 millions de personnes sont fragilisées par la crise du logement et 10 millions de personnes sont aujourd'hui touchées, de près ou de loin par la crise du logement[4],[5].

Selon cette fondation, le nombre de sans-abris a augmenté de 50 % depuis 2011 pour atteindre le chiffre de 141 500 personnes, dont 30 000 enfants début 2012[6].

Dans son 21ème rapport sur l'état du mal-logement en France, sorti en janvier 2016, la Fondation Abbé-Pierre estime désormais à 3,8millions de personnes le nombre de mal-logés et à 12,1 millions le nombre de personnes fragilisées par rapport au logement[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'invention du terme mal-logement reflète une mauvaise maîtrise des mécanismes de la langue française, qu'il s'agisse de syntaxe, de sémantique ou d'orthographe. Sur le plan orthographique, le trait d'union est injustifié : en français, le manque d'adresse est maladresse et non "mal-adresse" ; le contraire de la bienveillance est la malveillance et non la "mal-veillance" ; un objet putride est malodorant et non "mal-odorant" ; etc. Pour ne pas contredire les règles orthographiques du français, il faudrait donc écrire ce néologisme mallogement. Or, cette orthographe met en lumière la malformation (et non la "mal-formation") de ce terme, et son inadéquation à la langue française. En effet, le français rejette - sous le nom d'haplologie - la lexicalisation de groupes de mots présentant un tel redoublement entre la terminaison de l'un et le début de l'autre. Pour éviter cette haplologie, le français forgera le mot tragicomique au lieu de "tragico-comique" ; ou transformera le nom propre Clermont-Montferrand en Clermont-Ferrand. Si l'on contourne cet écueil en considérant qu'il n'y a pas effectivement de lexicalisation de la notion de "mal logement", c'est-à-dire qu'elle ne donne pas naissance à un mot mal formé mais reste simplement employée en tant que groupe de deux mots, alors c'est la syntaxe de cet assemblage de mots qui est défectueuse. En effet, un adverbe (en l'occurrence l'adverbe "mal") ne peut pas qualifier un substantif. Un adverbe ne peut qualifier qu'un verbe. "Logé", venu, appris, veillant et odorant sont des verbes conjugués ; c'est pourquoi "mal logé", malvenu, malappris, malveillant et malodorant sont correctement formés. Logement n'est pas un verbe et ne peut donc pas être qualifié par l'adverbe mal ; c'est pourquoi mallogement et "mal-logement" (sic) sont incorrects. Sur le plan terminologique, la locution "mal logement" est donc malencontreuse, et ses lexicalisations mal-logement ou mallogement plus défectueuses encore. La recherche d'un terme adapté reste ouverte. À supposer qu'un néologime soit nécessaire, et que le couple adjectif+substantif ne fournisse pas d'abondantes solutions : mauvais logement, piètre logement, logement indigne, logement misérable, habitat désolé (comme on parle d'une terre désolée), etc. Claude Hagège in "Linguistique typologique" (2009) p 244.
  2. Le terme a été hâtivement lexicalisé par son apparition dans l'édition 2006 du dictionnaire Le Robert
  3. En France, notamment Le Monde, Libé, L'Humanité.
  4. LES CHIFFRES DU MAL-LOGEMENT EN 2012 Fondation Abbé-Pierre
  5. LA SYNTHÈSE DU RAPPORT 2012 SUR L’ÉTAT DU MAL-LOGEMENT EN FRANCE Fondation Abbé-Pierre
  6. Soixante ans après l'appel de l'abbé Pierre, le mal-logement perdure, Le Monde, 30 janvier 2014
  7. « L'état du mal-logement en France, 21ème rapport annuel », sur fondation-abbe-pierre.fr, (consulté le 14 février 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]