Hervé Kempf

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Hervé Kempf
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Hervé Kempf lors d'une séance de signature à la Maison du Livre de Rodez (octobre 2009).

Naissance (58 ans)
Amiens
Nationalité Drapeau de la France France
Profession

Hervé Kempf, né en 1957 à Amiens, est un journaliste et écrivain français. Ancien journaliste de Courrier international, La Recherche, et du Monde (dont il était élu au conseil de gérance de la société des rédacteurs), il est l'actuel rédacteur en chef de Reporterre[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

D'abord associé à la radio pirate Radio Cocktail, à Paris, puis cofondateur de la radio Je t'aime FM, il travaille comme journaliste à Radio Alligator, à Montpellier, puis entre en 1985 à Science et Vie Micro. Le choc de la catastrophe de Tchernobyl le pousse à se consacrer aux questions écologiques. Après avoir fondé Reporterre, le magazine de l'environnement en 1989, il travaille à l'émission télévisée Sauve qui Veut (France 2) au sein de l'agence CAPA (1991-1992), puis assure la rubrique « Sciences » de Courrier international (1992-1995), et les rubriques « Technologie » et « Écologie » dans le magazine La Recherche (1995-1998), et ensuite entre au quotidien Le Monde (1998-2013) pour couvrir le domaine environnemental, notamment les sujets relatifs aux négociations climatiques et aux organismes génétiquement modifiés. Il crée en janvier 2009 la chronique hebdomadaire « Écologie » du quotidien et en assure la rédaction.

Au moment de la crise suscitée en 2003 dans ce quotidien par la parution du livre de Pierre Péan et Philippe Cohen, La Face cachée du Monde, il considère cette attaque comme un symptôme de la crise d'une presse détachée des intérêts du peuple[2]. Il est alors élu au conseil de gérance de la Société des rédacteurs du Monde entre 2003 et 2006[3], sur la base d'une position critique à l'égard de la direction de l'époque.

Dans Comment les riches détruisent la planète (publié en 2007), Hervé Kempf explique l'articulation entre l'actuelle crise sociale et la crise écologique en s'appuyant sur la théorie de la rivalité ostentatoire de l'économiste Thorstein Veblen. Selon lui, l'absence de réelle solution à la crise écologique découle de la profonde inégalité qui règne dans la période actuelle, et du comportement de la classe oligarchique. Ce livre est recommandé par Hugo Chávez lors de la séance plénière de COP15 du 16 décembre 2009[4],[5].

À la suite du succès de cet ouvrage traduit en plusieurs langues[Note 1], il approfondit sa réflexion dans Pour sauver la planète, sortez du capitalisme (2009). Estimant que le capitalisme a adopté depuis 1980 un régime nouveau par rapport à la période antérieure, il considère que l'exacerbation de l'individualisme a transformé la culture collective. Dans cette optique, la solution à la crise écologique passe par un retour du sentiment collectif, et donc par la sortie de la culture capitaliste. Ce livre rencontre lui aussi le succès[Note 2].

Il se définit en 2009 comme « objecteur de croissance »[6].

En 2011, il publie L'oligarchie ça suffit, vive la démocratie, dans lequel il décrit la dérive des sociétés démocratiques occidentales vers des régimes oligarchiques, c'est-à-dire dans lesquels un petit nombre de personnes détient les pouvoirs politique, économique et médiatique.

Fin 2012, il suit le dossier du projet d'aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame-des-Landes, qu'il a couvert pour Le Monde dès 2009[7]. Il révèle ainsi le cas de pantouflage concernant le préfet de la Loire-Atlantique de 2009, Bernard Hagelsteen, qui, après après avoir supervisé le projet d'aéroport pour l’État, a été embauché par l'entreprise Vinci, chargée de construire et d'exploiter le futur aéroport[8]. Il a ensuite montré que les chiffres prévus du trafic étaient largement exagérés[9]. Il a par ailleurs réalisé plusieurs reportages à Notre-Dame-des-Landes, publiés sur le site Reporterre[10].

En 2013, il publie Fin de l'Occident, naissance du monde. Dans cet ouvrage au ton moins polémique que les précédents, il replace l'évolution des sociétés occidentales dans un long temps historique. Reprenant le concept de « grande divergence » de l'historien américain Kenneth Pomeranz, il analyse l'époque actuelle comme celle d'une « grande convergence », durant laquelle l'ensemble des sociétés humaines convergent vers un niveau de consommation matérielle et énergétique homogène. Mais, dans un contexte de crise écologique planétaire, ce niveau de consommation ne pourra pas se situer à celui des pays occidentaux actuels. Il en conclut que le niveau de consommation matérielle et énergétique dans ces pays va et doit baisser, et analyse les scénarios (autoritaire ou démocratique) par lesquels cette évolution historique va se dérouler.

Hervé Kempf quitte le quotidien Le Monde en août 2013, ses derniers liens avec le journal sont officiellement rompus le 2 septembre 2013[11]. Le journaliste justifie son départ par le refus répété de la direction du Monde de le laisser réaliser des reportages à propos du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes[12],[13],[14].

Il se consacre désormais au site Reporterre qu'il a participé à créer[14].

Parutions et apparitions[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Les Fins du monde. 4, Les colères de la terre, VHS, Arcueil : Sciences frontières, 1992

Apparitions[modifier | modifier le code]

Il est intervenu à plusieurs reprises dans l'émission Là-bas si j'y suis sur France Inter en 2007[15], 2009[16] et 2011[17].

Hervé Kempf est représenté dans une interview de la bande dessinée Saison brune, parue en 2012

Récompenses[modifier | modifier le code]

Il reçoit le prix du Livre Environnement 2009, pour Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, décerné par la Maison de la Nature et de l'Environnement de l'Isère et la FNAC Grenoble[18].

En 2012, il reçoit le prix Reporters d'espoir, catégorie Environnement, pour une enquête sur les économies d'énergie[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Anglais, espagnol, italien, coréen, japonais, grec, portugais.
  2. Il est traduit en italien, en japonais, en espagnol et en portugais.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Les femmes et les hommes de Reporterre », sur reporterre.net (consulté le 12 juillet 2015)
  2. Hervé Kempf, « Crise de la presse, ère du soupçon, malaise social », sur Le Monde,‎
  3. Alexandra Guyard, « "Des réformateurs sages" », sur tempsreel.nouvelobs.com,‎
  4. « Copenhague : discours prononcé par Hugo Chávez Frías », sur primitivi.org,‎
  5. (es) « Discours d'Hugo Chavez (à partir de 5:30) », sur dailymotion.com,‎
  6. « EXCLUSIF : Hervé Kempf : « Je suis un objecteur de croissance » », sur reporterre.net,‎
  7. Hervé Kempf, « A Nantes, le projet de grand aéroport reste contesté », sur lemonde.fr,‎
  8. Hervé Kempf, « "Notre-fric-des-Landes" », sur lemonde.fr,‎
  9. Hervé Kempf, « La manipulation », sur lemonde.fr,‎
  10. « Un reporter à Notre Dame des Landes », sur reporterre.net,‎
  11. Hervé Kempf, « Adieu Le Monde, vive Reporterre », sur reporterre.net,‎
  12. « Le journaliste Hervé Kempf, censuré par Le Monde ? », sur lexpress.fr,‎
  13. David Medioni, « Ecologie : Kempf quitte Le Monde », sur arretsurimages.net,‎
  14. a et b Pascal Galinier, « Verts de rage », sur lemonde.fr,‎
  15. [ Interview sonore : Comment les riches détruisent la planète.] Émission Là-bas si j'y suis, 2007.
  16. [ Interview sonore : Pour sauver la planète, sortez du capitalisme.] Émission Là-bas si j'y suis, 2009.
  17. [ Interview sonore : L’oligarchie ça suffit : vive la démocratie !.] Émission Là-bas si j'y suis, 2011.
  18. « Prix du livre Environnement : Hervé Kempf fait coup double », sur sillon38.com (consulté le 24 juin 2010)
  19. « 11 journalistes reçoivent le Prix Reporters d’Espoirs 2012 », sur reportersdespoirs.org,‎

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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