Alpaga

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Vicugna pacos

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L'alpaga (Vicugna pacos) est un mammifère domestique de la famille des camélidés. Alors qu'on a longtemps considéré qu'il était très proche du guanaco, une étude de 2001 a montré qu'il avait un ancêtre commun plus récent avec la vigogne qu'avec le guanaco.

Comme les autres camélidés, il rumine mais n'est pas classé dans la famille des ruminants. Selon le pelage, on distingue deux types d'alpagas : les suris et les huacayas.

Dénominations[modifier | modifier le code]

On utilise également en français le terme hispanique alpaca, qui est moins courant, mais correspond à l'appellation quechua de l'animal ː allpaqa, ou paqu. La laine qu'on en tire est plus souvent encore que l'animal appelée alpaga.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Description physique :

  • Dos : plutôt arrondi
  • Poids : jusqu’à 70 à 80 kg
  • Allure : gros mouton au long cou
  • Front : très lainé et pourvu d'une sorte de houppette
  • Oreilles : pointues, en « fer de lance »
  • Tête : courte
  • Dents : à croissance continue
  • Taille : 75 cm pour les plus petits et 1 m pour les plus grands
  • Couleur : officiellement 22 couleurs naturelles
  • Diamètre de la fibre : entre 12 et 32 microns
  • Orteils : 2 orteils pourvus de 2 coussinets et de 2 ongles (ils se terminent en pointe)
  • Bouche : fourchue et fendue (facilitant la récolte d’herbe)
  • Huacayo : poil mi-long et frisé/ondulé
  • Suri : poil long et tombant comme des mèches
  • Durée de vie moyenne : 30 ans
  • Cri : l'alpaga meule, un cri proche de celui du lama et du renard.

Comportement[modifier | modifier le code]

Une des caractéristiques des camélidés est la délimitation d’endroits dédiés uniquement aux besoins des animaux (fumier). Cela représente un grand avantage du point de vue sanitaire (diffusions des parasites). De même, les petits camélidés sont des animaux très sociables. Ils ne peuvent vivre seuls : un troupeau de minimum trois animaux, quels qu’ils soient, est nécessaire à l’accompagnement de l’alpaga. Les troupeaux sont composés d’un mâle dominant, et de femelles avec leurs petits. Tous les autres mâles constituent un troupeau à part. Les rapports de force se règlent la plupart du temps par un coup de patte. L'alpaga est un animal qui crache comme le lama. Lorsqu’il s’agit de plusieurs mâles convoitant la même femelle, les rapports entre eux peuvent devenir très brutaux (morsures, coups de tête…) et aller même jusqu'à la mort pour l’un d’entre eux. L’idéal est donc de séparer les femelles des mâles, pour éviter les conflits entre mâles.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Même si les petits camélidés ne sont pas classés dans la famille des ruminants (3 estomacs au lieu de 4 chez les vrais ruminants), ils ruminent quand même. Ils se nourrissent essentiellement d’herbes et de foin. Ils peuvent manger tout type d’herbe, même celle de faible qualité. En effet, leur système digestif est beaucoup plus efficace que celui d’un autre ruminant. La consommation moyenne de nourriture est de 1,5 à 2 kg par jour, et peut atteindre 3 kg pour une femelle alpaga en gestation.

Reproduction[modifier | modifier le code]

L'alpaga n'a pas de période de reproduction déterminée ; c'est la saillie qui déclenche l'ovulation. Cependant la majorité des naissances ont lieu durant la saison chaude et aux heures chaudes de la journée, ce qui permet au petit de sécher. En effet sa mère ne le lèche pas. La saillie dure en moyenne une demi-heure. Ensuite la femelle porte 11 mois avant la mise bas. Pendant les 7 ou 8 premiers mois, le petit se développe mais ne grossit pas, d'où la difficulté de vérifier si une femelle est pleine ; ensuite il se met à grossir jusqu'au terme. La femelle donne naissance à un seul petit par an. Un bébé alpaga pèse en moyenne 7 kg et possède déjà une toison de quelques centimètres. La femelle peut être saillie de nouveau une dizaine de jours après la mise bas. Elle allaite son petit environ 6 mois. Une femelle est adulte à 6 mois, mais elle n'a pas encore fini sa croissance. Un mâle est, quant à lui, adulte entre 2 ans et demi et 3 ans.

Répartition[modifier | modifier le code]

Dans son milieu naturel, la cordillère des Andes (Argentine, Bolivie, Chili, Équateur, Pérou), l'alpaga vit jusqu'à environ 4 500 mètres d'altitude. Aujourd'hui, l’élevage de l'alpaga s'est développé sur toute la planète, notamment en Angleterre, en Suisse, en Australie, en France, ainsi qu'aux États-Unis et au Canada.

Population d'alpagas au Pérou[modifier | modifier le code]

Le Pérou est le plus grand producteur de camélidés sud-américains, la population d'alpagas est environ de 3,7 millions de spécimens et la domestication de ces espèces remonte à plus de 7 000 ans. Puno est la région la plus peuplée d'alpagas avec approximativement 1 million 460 000, suivis de Cuzco avec 546 000 et Arequipa avec une population de plus de 468 000. La production d'Alpaga au Pérou représente 80% de la production totale à niveau mondial[1].

Population d'alpagas selon le recensement de l'agriculture[2]
Année Population par unité
1961 2 523 649
1972 1 978 821
1994 2 456 642
2012 3 685 516

Classification[modifier | modifier le code]

Les relations entre les alpagas et les autres camélidés sud-américains ont été controversées durant de longues années. C'est aux XVIIIe et XIXe siècles, lorsque l'on a attribué à ces derniers des noms scientifiques, que l'on pensait que l'alpaga était un descendant du guanaco (Lama guanicoe). C'est la raison pour laquelle il a été dénommé comme Lama pacos pendant longtemps, à cette époque on ignorait les similitudes qu'il existait entre l'alpaga et la vigogne (Vicugna vicugna), aussi bien au niveau de la taille, que de la laine et de la dentition. Cependant, sa classification s'est compliquée après avoir vérifié que les quatre espèces de camélidés d'Amérique du Sud pouvaient se croiser entre elles et donner une progéniture fertile. Ce n'est qu'au XIXe siècle que, grâce au développement des techniques d'analyse de l'ADN on a pu finalement démontrer que l'alpaga et la vigogne sont étroitement liés et que son nom scientifique correct est Vicugna pacos. Cependant, on a tout de même réussi à détecter dans ses populations un pourcentage de son ADN du génome mitochondrial provenant du lama[3].

L'alpaga et l'espèce humaine[modifier | modifier le code]

Production de laine[modifier | modifier le code]

La laine d'alpaga est une fibre très haut de gamme, plus douce, plus chaude, plus résistante et plus légère que la laine de mouton. On peut le tondre tous les ans, mais sa toison peut être gardée deux voire trois ans. Elle est ainsi reconnue au niveau international comme étant une des fibres les plus fines et luxueuses au monde.

Qualité (en microns) de la laine d’alpaga parmi d’autres laines très réputées :

Espèces Diamètre moyen
de la fibre (micromètre)
Vigogne 10 à 12
Angora 11 à 15
Cashmere 15 à 19
Alpaga 16 à 25,5
Guanaco 18 à 24
Chameau 18 à 26
Lama 20 à 40
Mohair 24 à 40
Mouton 20 à 80

Production mondiale de fibres par animal :

Alpaga 4 000 tonnes par an
Cachemire 6 200 tonnes par an
Angora 8 500 tonnes par an
Mohair 25 000 tonnes par an
Mouton 500 000 tonnes par an

En France, les alpagas sont tondus généralement une fois par an. La tonte a lieu généralement au cours du mois de mai ou de juin, juste après les jours de mauvais temps et avant les grandes chaleurs. Ainsi ils ne souffrent pas de la chaleur de l’été, ni du froid en hiver. Dépourvue de lanoline, la toison ne colle pas, même si l'animal transpire beaucoup, ce qui constitue un avantage.

Pour la tonte, la laine ne doit pas être mouillée. Autrefois on opérait avec des forces. Aujourd’hui on utilise la tondeuse électrique et, en 15 à 30 minutes, l’alpaga est tondu. La tonte commence toujours par les pattes et se fait en fonction des différentes qualités de laines (la première qualité se situe sur le dos, ensuite vient le cou et enfin toutes les autres parties du corps pouvant être tondues). Selon la taille et la qualité du poil, un alpaga produit en moyenne 2,5 kg de laine.

Bien que nécessaire, la tonte est pour les animaux une grande source de stress. Il faut donc l'effectuer dans le calme et en prenant toutes les précautions requises (notamment pour les femelles en gestation). Après la tonte, une surveillance des animaux s’impose. En effet leur alimentation doit être contrôlée pour éviter que leur température ne baisse en raison de la perte de la laine.

Consommation de viande[modifier | modifier le code]

Viande d'alpaga (filet).

Il est recommandé de consommer de la viande d'alpaga et de lama afin de traiter les problèmes d'obésité et de tension artérielle, car en effet, ces dernières offrent un grand nombre de bénéfices en raison de leur teneur élevée en protéines et en fer, de plus, ce sont des viandes tendres avec un faible apport en matières grasses[4].

Selon un dernier rapport du Centre international de la recherche sur le cancer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la viande rouge et en particulier celle transformée provoquerait un certain nombre de dommages et pourrait même être cancérigène. Les viandes d'alpaga et de lama seraient donc une alternative saine à la consommation, car contrairement aux autres viandes, ces dernières ont une teneur en protéines plus élevée (23,9%), par rapport au poulet (21,4%) et au bœuf (21%). De même, la teneur en matière grasse est également réduite, car 100 grammes de ces viandes contiennent entre 30 et 40 mg de cholestérol, contre 88 mg chez le poulet et 90 mg chez le bœuf, a déclaré la nutritionniste Milagros Solá Vásquez[5] de Solidaridad Salud de Lince[6].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Les Alpagas de la Baie.jpg

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Dirección General de Políticas Agrarias / Dirección de Estudios Económicos e Información Agraria, « Sumaq Alpaca- Minagri Situación de la alpaca en el perú », Bulletin,‎ , p. 1 (boletín-situación-de-la-alpaca-en-el-perú-nov-2018.pdf)
  2. « PERÚ Instituto Nacional de Estadística e Informática », sur www.inei.gob.pe (consulté le 20 novembre 2019)
  3. Miranda Kadwell, Matilde Fernandez, Helen F. Stanley et Ricardo Baldi, « Genetic analysis reveals the wild ancestors of the llama and the alpaca », Proceedings of the Royal Society of London. Series B: Biological Sciences, vol. 268, no 1485,‎ , p. 2575–2584 (PMID 11749713, PMCID PMC1088918, DOI 10.1098/rspb.2001.1774, lire en ligne, consulté le 19 novembre 2019)
  4. (es) « Recomiendan consumir carnes de llama y alpaca contra la obesidad e hipertensión arterial », sur Nacional, (consulté le 21 novembre 2019)
  5. (es) « Recomiendan consumir carnes de llama y alpaca contra la obesidad e hipertensión arterial », sur Nacional, (consulté le 21 novembre 2019)
  6. (es) « SISOL Salud Lince », sur SISOL Salud (consulté le 21 novembre 2019)

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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