Juifs berbères

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Juifs berbères - Udayen Imazighen
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Juifs Berbères de l'Atlas c. 1900

Populations significatives par région
Drapeau d’Israël Israël ?
Drapeau de la France France ?
Drapeau du Maroc Maroc ?
Drapeau de l'Algérie Algérie ?
Drapeau de la Belgique Belgique ?
Drapeau de l'Espagne Espagne ?
Drapeau du Canada Canada ?
Population totale <1 million env.
Autres
Régions d’origine Afrique du Nord
Langues •Liturgique: Hébreu mizrahi
•Traditionnel: Judéo-berbère
•Modern:Hébreux, Langues berbères ou langues européennes
Religions Judaïsme
Ethnies liées Berbères
Séfarade

Les Juifs berbères forment les communautés juives des montagnes de l'Atlas au Maroc, ils parlent berbère.

Entre 1950 et 1970 la plus grande partie des communautés a émigré en Israël avec l'aide d'organisations sionistes [1]

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Les premiers Juifs à s’établir en Afrique du Nord arrivent à l’époque romaine et par la suite, une communauté juive a toujours existé en Afrique romaine[2].

On retrouve d'ailleurs de nombreuses traces de la présence juive sur les sites de Volubilis ou Lixus.

Au cours des siècles, le religion hébraïque a été relativement bien acceptée et certaines tribus berbères ont même été converties à la religion juive.

Cette thèse est défendue notamment par des historiens français de la période du Protectorat.

Selon l'historien français Eugène Albertini la « judaïsation » de certaines tribus berbères et leur expansion de la Tripolitaine aux oasis du Sahara ont eu lieu à la fin du Ier siècle[3].

Pour Marcel Simon, les premiers contacts entre les berbères du Maroc et le judaïsme se sont déroulés à la suite de la Première Guerre judéo-romaine de 66-70 [4].

Se fondant notamment sur les écrits de Ibn Khaldoun, des historiens sont d'avis que par la suite, beaucoup de tribus judaïsées ont été christianisées puis islamisées, le plus souvent par la force[Informations douteuses] [?].

On peut donc dire que les Juifs d'Afrique du nord sont issus d’ancêtres juifs communs ainsi que de Berbères convertis[5] et que bon nombre de Marocains ont comme ancêtres des berbères qui s'étaient convertis au judaisme.

La chef berbère Dihya[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, selon certains historiens, la chef militaire berbère Dihya était une Juive berbère bien que la tradition orale la présente plutôt comme ayant tenu une politique répressive contre les Juifs. D'autres sources la présentent comme chrétienne.

Elle aurait été élevée dans l'Aurès (territoire Chaoui) à l’extrême Est de l'Atlas dans l'actuelle Algérie et aurait combattu, sans succès, l'invasion arabe menée par Hassan ibn Numan.

Période musulmane[modifier | modifier le code]

Les populations berbères préislamiques étaient donc essentiellement juives, chrétiennes et païennes.

Les Juifs ont connu des périodes de paix et des périodes plus troubles au cours des siècles.

La croissance du peuplement juif en pays berbères montagnards a sans doute été accentuée lors des persécutions Almohades, dynastie connue pour son intolérance lors de ses premières années de règne.

De la même façon, les attaques contre les communautés juives à Fès ou Taza à la fin du XVe siècle ont poussé de nouvelles vagues de juifs à s’établir dans les montagnes notamment les familles séfarades Peretz ou Elbaz. Certaines de ces familles ont même atteint le Sahara et des villes comme Figuig , Bechar, Errachidia et elles ont été jusqu'au Mzab pour échapper aux persécutions.

Les Juifs berbères dans l'espace nord-africain[modifier | modifier le code]

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Le terme « Juif berbère » peut porter à confusion.

Le Maghreb est une terre berbère et malgré l'islamisation et l'arabisation d'une partie de la population, les Juifs sont restés en contact avec la culture berbère autochtone, et ce, par l'intermédiaire de leurs voisins musulmans et arabophones eux même porteurs d'une culture maghrébine assez berbérisée dans l'ensemble.

Dans les zones urbaines, à l'instar des Musulmans, les communautés juives ont été influencées par la civilisation arabo-musulmane notamment suite à des contacts avec Al-Andalus, et par l'intermédiaire de la langue arabe, devenue la langue vernaculaire des centres urbains.

Dans la littérature, on appelle « Juifs berbères », les communautés juives qui ont vécu en zone rurale, parmi les tribus berbères, très souvent dans les régions montagneuses. Les textes concernent surtout les communautés marocaines berbères qui étaient relativement populeuses mais des communautés juives berbères existent -ou ont existé aussi- en Algérie, en Tunisie et en Libye.

Parmi celles du Maroc, on notait également une certaine diversité.

Outre les communautés juives complètement berbérophones, on trouvait également des communautés arabophones qui utilisaient entre elles un dialecte judéo-arabe de type citadin très proche du dialecte de Fès avec toutefois une forte influence berbère. Ce fait linguistique atteste l'importance de l'influence culturelle et démographique de la communauté juive de Fès sur l'ensemble du Maroc. Ces communautés utilisent toutefois la langue berbère de manière secondaire pour communiquer avec leur voisins musulmans.

Les communautés juives berbères habitaient des vastes zones qui s'étendaient du Moyen-Atlas au Haut-Atlas jusqu'au confins de l'Anti-Atlas, à travers le Souss, le sud-est marocain et la vallée du Draa.

Leur présence est attestée depuis la période almohade, et même avant et ce, selon la répartition géographique suivante[réf. nécessaire] :

- Dans le Moyen-Atlas : Demnate (où la moitié de la population était juive et berbérophone), Ait Bou Ouilli, Boulemane et environs de Beni Mellal.

- Dans la vallée du Souss : Iligh, Tiznit , Ouafran, Ait Melloul et environs de Taroudant ; Wijjan et Assaka.

- Dans le Haut-Atlas : Tifnut , Ouarzazate (particulèrement Imini), Ifrane, Oufran, au sud-est à Asfalou, Taourirt, Touarzit et à Tinghir (voir notamment le film Tinghir Les Échos du Mellah).

- Dans l'Anti-Atlas et le sud-est marocain : dans la vallée du Draa, Tafilalet et villages des environs de Marrakech tels que Ait Bougemez, villages des environs des Ait Atta ; Tagounite , Ayt Sbi (Beni Sbih).

Les Juifs des zones rurales et berbères ont également contribué à la démographie de villes de proximité telles que Séfrou, Mogador et Marrakech.

Arrivée des juifs séfarades et assimilation[modifier | modifier le code]

Avec l'expulsion par les rois catholiques des juifs et musulmans d'Espagne, de nombreux juifs d'Espagne qu'on appelle de manière générale séfarades se sont tournés vers les terres musulmanes plus tolérantes, notamment l'Empire Ottoman et l'Afrique du Nord.

Au Maroc, ces juifs, dits Megorachim, se sont trouvés face à des populations juives autochtones dites Tochavim, d'abord dans les villes puis dans les montagnes. Les deux communautés vont au fil des décennies plus ou moins bien s'entendre et les juifs séfarades vont finir par imposer leurs rites.

L'exode vers Israël[modifier | modifier le code]

Camp de transit (Israël, 1950).

La Guerre israélo-arabe de 1948-1949 a été à l'origine de vives tensions entre les Musulmans et les Juifs au Maroc et c'est dans ce contexte que des mouvements sionistes sont intervenus pour faire émigrer les Juifs du Maroc en Israël. Les mouvements ont essentiellement ciblé dans un premier temps les communautés pauvres rurales et citadines en leur offrant des aller simples gratuits vers Israël. Une fois sur place, ces émigrés formeront dans les premières décennies d’Israël, les petits bras de l’élite ashkénaze, la main d'œuvre à bon marché et ils seront l'objet d'une discrimination qui mènera notamment à l'émergence du mouvement des Black Panthers. Cette disparité entre Sépharades et Ashkénazes s'est beaucoup amoindrie de nos jours.

Les Juifs berbères aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, les communautés juives berbères ont quasiment totalement disparu du Maroc mis à part peut-être quelques centaines de personnes qui habitent entre Casablanca et Rabat. Certaines parlent peut-être encore berbère.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Berber jews » (voir la liste des auteurs).

  1. Moshe Shokeid, The Dual Heritage: Immigrants from the Atlas Mountains in an Israeli Village
  2. Hildegard Temporini, Wolfgang Haase, Rise and Decline of the Roman World, Walter de Gruyter, 1983, p. 512.
  3. Eugène Albertini, L'Empire romain, 1929, p. 165
  4. Marcel Simon, « Le judaïsme berbère dans l'Afrique ancienne », in Revue d'histoire et de philosophie religieuse, XXVI, 1946, p. 69
  5. H. Z. Hirschberg, The Problem of the Judaized Berbers. Cambridge University Press: The Journal of African History, Vol. 4, No. 3 (1963), p. 313-339. URL: http://www.jstor.org/stable/180026