Joseph Bail

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Joseph Bail
Joseph Bail by Studio Benque.png
Portrait photo par Benque (avant 1896).
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
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Père
Fratrie

Joseph Bail, né à Limonest (Rhône), le , mort à Neuilly-sur-Seine le [1], est un peintre naturaliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joseph Bail est le frère du peintre Franck Bail. Leur père, Jean-Antoine Bail, pratique la tradition réaliste des sujets de genre. Joseph Bail reçoit sa première formation auprès de lui, avant de passer par l'atelier de Jean-Léon Gérôme et par celui de Carolus-Duran. Adolescent, il réalise ses premières natures mortes en 1878 (Poissons de mer et Huîtres). Un an plus tard, il présente des œuvres au Salon de la Société des artistes français.

Quelques années après, il en devient l'un des plus jeunes médaillés d'honneur pour son tableau Bibelots du musée de Cluny au Salon de 1886, puis pour son célèbre Le Marmiton (1887). Passionné par le monde de la gastronomie, il peint tout autant la nourriture que ceux qui ont contribué à la préparer. Il décline les marmitons de différentes manières dans La Cigarette ou Le Repos (1892), ainsi que dans La Besogne faite où le jeune commis, affalé sur une chaise, fume négligemment une cigarette (1893). Il poursuit dans la même veine avec Les Cuisiniers (1894), Reflets de soleil (1895) ou encore Bataille de chiens (1896).

Il reçoit la médaille d'or de l'exposition universelle de 1900 pour trois œuvres majeures : Le Goûter, Bulles de savon et La Servante[2].

Exécutant des œuvres dans le goût hollandais ou flamand, il s'attache à reproduire des scènes d'intérieur. Il se révèle particulièrement habile à rendre l'éclat d'un cuivre, à jouer avec la lumière d'un rayon de soleil qui entre furtivement dans la pièce. Il se distingue par la suite avec des compositions mettant en scène des servantes (variation féminine du thème des marmitons). À la suite d'une visite aux hospices de Beaune effectuée en 1902, il va peu à peu s'intéresser à la vie des religieuses hospitalières. De cette visite vont naître Le Bénédicité (1903), Un Coin de lingerie (1907) ou encore La Cuisine (1910).

Travaillant dans ses ateliers parisiens de la rue Legendre et de Bois-le-Roi, rue de la Mairie, il présente l'une de ses dernières œuvres en 1921, La Citronnade, et meurt quelques semaines plus tard à Neuilly-sur-Seine, le 28 novembre 1921.

Son œuvre caractéristique reflète moins l'influence de ses maîtres académiques que l'étude des peintures de Chardin qu'il avait vues au musée du Louvre, et les travaux de contemporains réalistes tels qu'Antoine Vollon et Théodule Ribot. Peintre intimiste, il apporte soin et réflexion à la disposition des éléments du décor et il fait preuve de beaucoup de raffinement et d'exactitude dans le choix des couleurs.

Farniente, huile sur toile, musée des beaux-arts de Mulhouse.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Joseph Bail est l'un des meilleurs peintres de cette veine traditionaliste qui se poursuit au milieu des débats sur les couleurs, la peinture de la vie moderne et, bientôt, la déformation de la perspective et l'abandon du sujet. Il poursuit, si l'on peut dire, comme Monet les effets changeants de la lumière, mais sur les chaudrons de cuivre dont la surface polie la réfléchit, dans les offices et les cuisines, dans des natures mortes. Sa peinture renvoie aux scènes intimes de l'École hollandaise... Une peinture pour une société qui, comme elle, va être totalement bouleversée. » - Anne Foster[7]

Élèves[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • L'Art, 1894 (T. II). p. 124-127
  • Jean Valmy-Baysse, Joseph Bail : sa vie, son œuvre, F. Juven, Paris, 1910
  • (en) Gabriel P. Weisberg, « Painters from Lyon : The Bails and the continuation of a popular realist tradition », dans Arts Magazine no 55, avril 1981
  • Gérald Schurr et Pierre Cabanne, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain - 1820-1920, Les Éditions de l'Amateur, 2008

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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