Jockey Club de Paris

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Le Jockey Club de Paris est un des clubs français les plus huppés et les plus élitistes, sis au 2, rue Rabelais à Paris. Il patronne une course hippique, le Prix du Jockey Club, décerné pour la première fois en 1836 à Chantilly.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Jockey Club a été créé en juin 1834 par la Société d'encouragement pour l'amélioration des races de chevaux[1], qui organisa, dès mai 1834, les premières courses à Chantilly. Il porta alors le nom de Cercle d'encouragement avant de prendre son nom actuel. Le club connut plusieurs adresses : 2 rue du Helder, 2 rue Drouot, 30 rue de Gramont, 1 rue Scribe à partir de 1863 avant de s'installer en 1925 à son adresse actuelle.

Très vite le Jockey Club octroie une sorte de brevet de bon ton et surtout d'exclusivisme: « un beau nom, une existence brillante, le goût des chevaux et de la dépense assurent l'admission au Jockey », écrit en 1864 Charles Yriarte, le premier historien du cercle. À l'époque s'y retrouvent tous les principaux noms de la noblesse française ainsi que des représentants des noblesses étrangères[2].

Marcel Proust cite le Jockey Club à de nombreuses reprises comme le cercle le plus fermé du monde, le sanctuaire de l'élite ou encore le monde de l'entre-soi[3].

Parmi ses 1 150 membres actuels, on compte des membres de la noblesse et de la haute et ancienne bourgeoisie, connue depuis plusieurs générations. « Ni les hommes d'affaires ni les intellectuels n'y ont leur place, s'ils se contentent d'être l'un ou l'autre. (...) Aujourd'hui encore, tous les membres du cercle ont des manières de vivre identiques. Le snobisme de l'argent discret est de règle et posséder un château relève de la tradition familiale. »[2] Malgré la présence de membres d'ascendance noble, le Jockey Club se défend d'être une annexe de l'ANF[4].

Sur le Jockey Club, Cyril Grange écrit ceci : « Il n'est pas sûr aujourd'hui que l'échelle de valeurs qui mettrait au sommet de la hiérarchie le Jockey-Club et en dernière position l'association la moins aristocratique remporterait tous les suffrages mondains. »[5]

Eric Mension-Rigau écrit quant à lui que le Jockey Club est un des derniers bastions où prévaut la distinction de la naissance et qu'il symbolise la résistance de la noblesse à sa dissolution dans la masse et à son assimilation aux riches. Ce club est selon lui le plus élitistes de tous les cercles, loin devant ses deux principaux concurrents, l'Interallié et l'Automobile Club, dont les portes finissent toujours par s'ouvrir à celui qui a beaucoup d'argent. Il cite notamment une femme issue de la noblesse: « Le Jockey Club est un cercle où n'importe qui ne peut pas être élu. Des critères sont respectés. À l'Interallié on peut tous y aller, si on a deux parrains et de quoi payer. C'est très ouvert, ce qui n'est pas le cas du Jockey Club, où il faut être acceptable avant même d'avoir des parrains. »[2]

Philippe du Puy de Clinchamps dans son ouvrage Un juge d'armes au Jockey-club distingue les familles selon leur origine noble ou bourgeoise.

La direction du club est exercée par un comité, composé d'un président, de quatre vice-présidents et de vingt-cinq membres, et par un sous-comité. Le comité est réélu tous les ans.

Admission[modifier | modifier le code]

Pour être admis, les candidats doivent être présentés par deux parrains membres de l'Association[6], soumettre leur candidature au vote des membres et atteindre une majorité des cinq-sixièmes. Les droits d'admission sont de 575 € avec une cotisation annuelle de 1 175 €[7].

Présidents[modifier | modifier le code]

Quelques cercles étrangers affiliés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Société fondée le 11 novembre 1833 à l'issue 'un rapport d'Adolphe Thiers qui a la volonté de rétablir la balance commerciale française dans ce domaine, la France important ses meilleurs chevaux de Prusse et d'Angleterre. Cette société sélectionnera par la compétition sportive les meilleurs Pur Sang et jument pour créer la race française et améliorer les races secondaires. Source : Nicole de Blomac, L'Arabe, premier cheval de sang, Crépin-Leblond, 1978,, p. 194-200
  2. a, b et c Eric Mension-Rigau, Singulière noblesse, p. 314-320
  3. Par exemple : « L'idée d'un art populaire comme d'un art patriotique, si même elle n'avait pas été dangereuse, me semblait ridicule. S'il s'agissait de le rendre accessible au peuple, on sacrifiait les raffinements de la forme « bons pour des oisifs » ; or, j'avais assez fréquenté de gens du monde pour savoir que ce sont eux les véritables illettrés, et non les ouvriers électriciens. À cet égard, un art, populaire par la forme, eût été destiné plutôt aux membres du Jockey qu'à ceux de la Confédération générale du travail ; quant aux sujets, les romans populaires enivrent autant les gens du peuple que les enfants ces livres qui sont écrits pour eux. On cherche à se dépayser en lisant, et les ouvriers sont aussi curieux des princes que les princes des ouvriers. », Marcel Proust, Le Temps retrouvé, 1927, p. 38 [édition folio]
  4. « Non l'argent n'ouvre pas toutes les portes », L'express,‎ (lire en ligne)
  5. Cyril Grange, Les gens du Bottin Mondain 1903-1987 Y être, c'est en être, 1996, page 346.
  6. Ballottage au Jockey Club, Le Figaro.fr, 29 avril 2010
  7. Le Figaro Magazine N°20 449 du vendredi 30 avril 2010.
  8. Fils naturel du comte Casimir de Montrond (1869-1843), Henry Seymour Conway (1805-1859) confondu à tort avec Charles de La Battut dit Milord l'Arsouille (1806-1835)
  9. Anne-Edouard Denormandie (1796-1855), agent de change, cofondateur du Jockey-Club

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Les Ghettos du Gotha, Seuil, 2007
  • Gilles de Chaudenay, Physiologie du Jockey-Club, Del Duca, 1958
  • Gibert (A.) et Massa (Ph. de), Historique du Jockey-Club français, Jouaust, 1893
  • Non, l'argent n'ouvre pas toutes les portes
  • Voir Duc de Brissac, Le château d'en face, Paris, Grasset, 1986.
  • Charondas, Un juge d'armes au Jockey-club

Liens externes[modifier | modifier le code]