Jeune femme couchée en costume espagnol

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Jeune femme couchée en costume espagnol
Édouard Manet - Reclining Young Woman in Spanish Costume - 1961.18.33 - Yale University Art Gallery.jpg
Artiste
Date
1862
Technique
huile sur toile
Dimensions (H × L)
94 × 113 cm
Collection
N° d’inventaire
1961.18.33Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Jeune femme couchée en costume espagnol est une huile sur toile réalisée par Édouard Manet en 1862, conservée à la Yale University Art Gallery de New Haven, USA. Le modèle, une femme un peu épaisse serait la maîtresse de Nadar, ou celle de Charles Baudelaire, mais on ne connaît pas son identité exacte. Elle est vêtue d'un costume espagnol d'homme, ce qui correspond aux codes érotiques de l'époque où le costume masculin était d'usage constant dans la galanterie, car le pantalon souligne les formes du corps beaucoup mieux que les robes. Cette toile est dédicacée : À mon ami Nadar - Manet[1].


Le femme couchée[modifier | modifier le code]

On ne sait pas si cette toile a été peinte avant ou après Mlle V. en costume d'espada. La lumière est ici portée moins sur le visage que sur le pantalon de velours couleur crème et les bas clairs. On a pensé à tort qu'il s'agissait d'une sorte de pendant à Olympia à cause de sa position passive, offerte, et des accroche-cœurs de sa coiffure. En revanche, l'allusion à La Maja nue de Goya est évidente[2].

Dans une lettre adressée Nadar, Baudelaire demande de faire deux photographies des versions réduites qui étaient mises en vente, et même de les acheter si possible « Figure-toi du Richard Parkes Bonington »

D'autres critiques on également pensé à une version moderne des Odalisques de Ingres et Delacroix[3].

Il existe également une eau-forte de cette toile, gravée par Félix Bracquemond, et une aquarelle de Manet réalisée la même année et conservée à la Yale University Art Gallery[4].

Le destin du tableau[modifier | modifier le code]

Le tableau a peut-être appartenu à Baudelaire, selon Vollard (1937, p.33), puis il a été donné par Manet à Nadar auquel il est dédicacé. À la vente de la collection Nadar en 1895, le tableau de Manet ne se vend que 1200 fr à Auguste Pellerin, ce qui provoque les moqueries du journal des Goncourt « Un désastre la vente de ce pauvre Nadar [5] » En 1902, le tableau se trouve chez Eduard Arnhold, à Berlin. Il est ensuite vendu à New York à Stephen Carlton Clark, frère de Robert Sterling Clark héritier de Singer Sewing Company, et trustee du Metropolitan Museum of Art et du Museum of Modern Art, et qui possédait une large collection impressionniste.Une moitié de la collection de Clark est allée au Met, l'autre moitié à la Yale university[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Cachin, Charles S. Moffett et Juliet Wilson-Bareau, Manet 1832-1883, Paris, Réunion des musées nationaux, , 544 p. (ISBN 2-7118-0230-2)
  • Adolphe Tabarant, Manet et ses œuvres, Paris, Gallimard, , 600 p.
  • Adolphe Tabarant, Les Manet de la collection Havemeyer : La Renaissance de l'art français, Paris, , XIII éd.
  • Étienne Moreau-Nélaton, Manet raconté par lui-même, vol. 2, t. Ipages totales=, Paris, Henri Laurens,
  • Henri Loyrette et Gary Tinterow, Impressionnisme : Les origines, 1859-1869, 476 p. (ISBN 978-2711828203)Ouvrage publié en France (1994) à la suite de la rétrospective aux Galeries nationales du Grand Palais, Paris du 19 avril au 8 août, et aux États-Unis (1995 du 19 septembre 94 au 8 janvier 1995 au Metroplitan Museum of Art. Gary Tinterow est directeur du dépaterment 19e siècle du Metropolitan Museum of Art
  • Collectif RMN, Manet inventeur du moderne, Paris, , 297 p. (ISBN 978-2-07-013323-9)Document utilisé pour la rédaction de l’articlel'ouvrage comporte des contributions de : Stéphane Guégan, Laurence des Cars, Simone Kelly, Nancy Locke, Helen Burnham, Louis-Antoine Prat, et un entretien avec Philippe Sollers