Jacques Stosskopf

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Jacques Stosskopf
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Jacques Camille Louis Stosskopf, né dans le Xe arrondissement de Paris le et mort exécuté le au camp de concentration de Natzweiler-Struthof, est un ingénieur général du génie maritime français, membre de la résistance française et héros de la Seconde Guerre mondiale.

Militaire de carrière[modifier | modifier le code]

Parisien de naissance, Jacques Stosskopf est d'origine alsacienne et parle couramment l'allemand. Mobilisé en 1917 comme officier d'artillerie, il est décoré de la croix de guerre.

Admis à l'École polytechnique en 1920, il devient ingénieur du génie maritime en 1924. Il est ingénieur principal en 1930 lorsqu'il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. Promu ingénieur en chef de 2e classe, il est en affectation à Nantes en 1938. En tant que technicien de la construction navale, il est nommé en 1939 chef de la section des constructions neuves à l'arsenal de Lorient et promu ingénieur en chef de 1re classe.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Croix de guerre 1914-1918
  • chevalier de la Légion d'honneur (nomination par décret du 9 juillet 1930)
  • officier de la Légion d'honneur (promotion par décret du 23 décembre 1938)
  • commandeur la Légion d'honneur à effet du 1er août 1944 (promotion par décret du 25 octobre 1945) [1]

Héros de la Résistance[modifier | modifier le code]

La base sous-marine de Lorient en construction, en 1942.

Lors de la prise de possession des installations militaires de Lorient par la Kriegsmarine en 1940, il reste en poste et gagne la confiance de l'occupant par sa maîtrise de la langue allemande et son attitude autoritaire envers les ouvriers français de l'arsenal, dont il contrôle étroitement le travail au profit de l'ennemi.

La réputation de collaborateur zélé qui lui est imputée par les Lorientais constitue une excellente couverture pour le double jeu mené par l'ingénieur. Résistant affilié au réseau Alliance, Stosskopf suit de près la construction de la base d'U-Boot mise en service en 1941, puis, grâce à son accès privilégié aux installations secrètes allemandes, il tient de mémoire pendant quatre ans le tableau quotidien des entrées et sorties des sous-marins ennemis. Ces renseignements d'une grande importance tactique sont transmis à la marine britannique par l'intermédiaire du réseau Alliance.

Fin tragique[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative apposée en 1946 sur un des murs de la base sous-marine de Lorient en l'honneur de Jacques Stosskopf.

Dénoncé sous la torture par un agent du réseau Alliance capturé, Stosskopf est arrêté le . Son départ pour l'Allemagne est généralement interprétée par les Lorientais comme une promotion avec d'importantes responsabilités, en remerciement de sa collaboration. La réalité est tout autre : le résistant démasqué est torturé par la Gestapo, puis déporté Nacht und Nebel au camp de concentration de Natzwiller-Struthof (alors incorporé au Troisième Reich), où il est exécuté le , juste avant l'arrivée des Alliés.

Reconnaissance et honneurs posthumes[modifier | modifier le code]

Stosskopf est nommé ingénieur général du génie maritime et promu commandeur de la Légion d'honneur à titre posthume en 1945. La Marine a donné son nom en 1946 à la base sous-marine de Lorient (désaffectée en 1997).

La promotion 2010 des élèves militaires de l'ENSIETA porte son nom.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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