Histoire de Sienne

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L'Italie en 1494
Emblème de la ville : la Lupa senese

L'histoire de Sienne peut commencer par une légende si on se limite aux origines de son emblème, une louve culturellement issue de la louve romaine.

Mythologie[modifier | modifier le code]

La Louve siennoise[1] et les deux fils de Rémus, pavement en mosaïque de marbre de la Cathédrale de Sienne.

Selon la légende, Sienne fut fondée par Senius et Aschius, fils de Rémus, lui-même frère de Romulus (fondateur de Rome). Ils fuirent la ville pour échapper à la fureur de leur oncle Romulus, sur deux chevaux donnés par Apollon et Diane, l'un blanc et l'autre noir. Ils s'arrêtèrent dans la vallée du Tressa et fondèrent une ville qu'ils baptisèrent du nom de l'aîné, Sienne (en latin Sena Julia). Le blanc et le noir devinrent alors les couleurs de la ville.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : République de Sienne.

Sienne fut historiquement une ancienne colonie romaine fondée par Auguste et nommée Colonia Julia Sanea. Au Ve siècle, elle devint siège épiscopal. La ville se développe dès le VIIe siècle à l'époque des rois lombards. Devenue cité libre et indépendante au XIIe siècle, elle fut la rivale de Florence, d'autant plus que gibeline, c'est-à-dire partisane de l'empereur, elle s'opposait à la politique guelfe – favorable au pape – de sa voisine qu'elle tint longtemps en respect avant de lui infliger une cinglante défaite en 1260, à la bataille de Montaperti. Elle est battue néanmoins en 1269 à la bataille de ColleColle di Val d'Elsa) et, en 1270, Charles d'Anjou, allié de Florence, la contraint d'entrer dans la ligue guelfe.

La décadence après la banqueroute des Buonsignori et la peste de 1348 marquèrent la fin de la grandeur siennoise et Jean Galéas Visconti domina la ville et ses factions à la fin du Trecento.

En 1487 Pandolfo Petrucci, dont la figure politique fut controversée[2], en dirigeant la ville pragmatiquement, lui fit vivre des moments historiques en rivalisant difficilement avec des voisins aussi puissants sur le plan militaire qu'économique.

Elle passa sous le contrôle des Français par Charles VIII en 1493 et leur resta fidèle.

La ville résista ensuite, défendue par Blaise de Montluc, aux troupes impériales de Charles Quint, mais elle dut néanmoins se rendre en 1555.

Elle fut intégrée au grand-duché de Toscane, offerte par Philippe II d'Espagne à Cosme Ier de Médicis. Elle sera dès lors reléguée au rang d'une simple ville, Florence étant la capitale de la région.

Urbanisme du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'enceinte de la ville du douzième siècle pouvait abriter jusqu'à 25 000 personnes[3] . Dès le XIIe siècle, les nobles propriétaires de castellari, palais urbains munis d'une tour carrée, contrôlaient un réseau de rues privées qui les reliaient à leurs alliés mais aussi aux marchés et à des portes de sortie sur la campagne qui leur permettaient de fuir vers leurs fiefs. Au lendemain des batailles du XIIIe siècle, les factions victorieuses s'appliquaient à piller les vaincus et à incendier leurs palais. Ces lieux, tel Carthage dans l'Antiquité, étaient réputés maudits et on interdisait, en guise de punition, de reconstruire par-dessus. Ces lieux laissés à l'abandon devenaient ainsi des cloaques alors que la municipalité développait de grands soins à décorer et embellir la ville. Dans certains cas, les maisons n'étaient pas détruites mais confisquées par la municipalité, qui les rasait pour élargir les rues ou les places ; c'est ainsi que fut construite la Via Supra Posteria, aujourd'hui la Costa larga : tracée dès 1290, la municipalité attendit que Gabrielle Speranza, dont le palais se trouvait malencontreusement sur le chemin, soit déclarée traître et qu'un autre patricien meure, mais il a fallu attendre 1360 pour que cette voie soit ouverte.

Passage de la ville médiévale à la commune[modifier | modifier le code]

le pavement de briques de la place du Campo

L'édification de la Piazza del Campo (avec son Palazzo Pubblico et sa tour érigée en 1350) où se déroula ensuite le Palio de la ville marqua le passage de la propriété privée, qui organisait la ville, à une gestion républicaine (la gestion communale - de la ville - s'accompagna de celle de la région environnante). Le Conseil des Neuf (autoproclamés puis cooptés) gèra l'Office des finances de la Commune, la Biccherna, édictant tous les décrets : ainsi une réglementation exigeante fut décidée pour l'édification des palais privés et des maisons bordant la place du Campo : limitation des balcons et des portiques, interdiction (décrets de 1297) de terrasses fermées par des balustrades donnant sur la place pour n'avoir que des fenêtres bifores, à doubles arcades, visibles de la place par unification architecturale. La place fut pavée (statuts de 1346 concernant les matériaux et le motif) et reste une des premières dans l'histoire de l'Italie pour sa constance.

La gestion des fontaines passa également du privé au communal et des fontaines publiques gratuites furent installées dans la ville dont la fameuse vasque du Campo en 1357, remodelée en Fonte Gaia vers 1410 par Jacopo della Quercia.

Essors culturel, religieux et économique[modifier | modifier le code]

Peinture

L'école siennoise, si elle entérina les acquis de la peinture byzantine, renouvela néanmoins la peinture du XIVe au XVIe siècle et participa en agissant parallèlement à l'école florentine à l'essor de la peinture italienne de la Renaissance. Parmi les peintres notoires de cette école, on peut noter les primitifs italiens, Guido da Siena et Duccio di Buoninsegna, Simone Martini, Pietro et Ambrogio Lorenzetti, Domenico, Taddeo di Bartolo, Il Sassetta et Matteo di Giovanni.

Domenico Beccafumi (vers 1486-1551) domina l'école siennoise du cinquecento en abordant le maniérisme prudemment.

Elle perdit son essor dès l'éclosion du maniérisme malgré les talents isolés de Ventura Salimbeni (1567-1613) et de Francesco Vanni (1563 ou 1565-1610) puis au baroque avec Rutilio Manetti (1571-1639).

Architecture

L'architecture, en mêlant apports étrangers (gothique français) et goût siennois, lui donna un caractère propre aux XIIIe et XIVe siècles avec les Pisano, Nicola puis son fils Giovanni, Arnolfo di Cambio. La Renaissance vit naître des architectes locaux qui remplacèrent ceux venus de Florence comme Francesco di Giorgio Martini, Baldassarre Peruzzi, Guidoccio Cozzarelli, Antonio Federighi. En ce qui concerne la sculpture, ce furent Tino di Camaino, et Jacopo della Quercia.

Religion

En ce qui concerne son impact religieux, Sienne s'est illustrée par la mystique sainte Catherine de Sienne (1347 - 1380), par le prêcheur saint Bernardin de Sienne (1380-1444), puis par l'humanisme d'Enea Silvio Piccolomini, devenu pape sous le nom de Pie II (1458-1464), et qui érigea son évêché en archevêché.

Financier

La Monte dei Paschi di Siena, fondée en 1472, initialement mont de piété, est restée, jusqu'à aujourd'hui, la banque la plus ancienne en activité.

Agostino Chigi (1465-1520), s'illustra à Sienne comme banquier et un des plus grands mécènes de la Renaissance et ses descendants iront exercer leurs activités bancaires jusqu'à Rome.

Sciences

Dans le domaine des sciences, la ville vit naître au XVIIe siècle l'Accademia dei Fisiocritici qui est l'Accademia delle Scienze di Siena.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La louve siennoise se distingue de la louve romaine par l'orientation de sa tête.
  2. Machiavel, dans Le Prince, le considère comme un tyran.
  3. Redon Odile. L'espace d'une cité. Sienne et le pays siennois (XIIIe-XIVe siècles) Rome : École Française de Rome, 1996, 324 p. (Publications de l'École française de Rome, 208).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]