Hieronymus Brunschwig

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Liber de arte distillandi de simplicibus. Frontispice
Liber de arte distilliandi de simplicibus. Filtration
Liber de arte distilliandi de simplicibus. Circulation
Liber de arte distilliandi de simplicibus. Rosenhut
Liber de arte distilliandi de simplicibus. Alembic

Hieronymus Brunschwig (vers 1450 à Strasbourg – vers 1512 à Strasbourg) était un chirurgien (wund artzot), alchimiste et botaniste (herbarius[1]) alsacien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Quelques notes dans son Buch der cirurgia (1497) sont interprétées comme indices que Brunschwig ait étudié à Bologne, à Padoue et à Paris et qu’il ait participé au Guerre de Bourgogne, mais tout ça n’est pas du tout fondé[2],[3]. Il s’installait à Strasbourg à la fin du XVe siècle en pratiquant la chirurgie et en même temps faisant des recherches d’alchimie et de botanique. Les fruits de ces recherches furent imprimés par l’éditeur Johann Grüninger à Straßbourg. C’est surtout le Liber de arte distillandi de simplicibus (1500) qui a établi son renommée.

Liber de arte distillandi de simplicibus – Kleines Destillierbuch[modifier | modifier le code]

C’est dans l‘incunable Liber de arte distillandi de simplicibus (1500) qu’on trouve la première description imprimée des techniques de distillation des substances d’origine végétale et animale. En plus Brunschwig décrivait les plantes indigènes de visu personnel. Il était précurseur de Otto Brunfels, de Jérôme Bock et de Leonhart Fuchs (Väter der Botanik)[4].

Liber de arte distillandi de simplicibus était composé de trois livres :

  1. Une description détaillée des appareils et des méthodes de distillation, en partie influencée par le livre De consideratione quintae essentiae de Jean de Roquetaillade[5],[6],[7]. Les alchimistes du 15e siècle se servaient du nom « distillation » non seulement pour le procédée qu’on appelle aujourd’hui distillation mais aussi pour les procédées de « filtration » et de « circulation », qu’ils interprétaient comme « de – stillatio / gouttes tombant en bas ». Pour pratiquer la distillation de façon qu’on la pratique aujourd’hui, Brunschwig se servait du « Rosenhut » ou de l’alambic. Le « Rosenhut » (frontispice à gauche en haut) était fabriqué en cuivre, en cuivre étamé, en plomb ou en poterie vernie, c’est-à-dire en matériaux robustes. L’alambic (frontispice à droite en bas) était fabriqué en verre vénitien ou en verre de Bohême[8],[9].
  2. Une énumération monographique de substances végétales et animales par ordre alphabétique, 305 monographies tous ensemble. Les chapitres du second livre étaient enrichies de notes botaniques sur les plantes indigènes, de discussions sur leurs noms, de conseils à l’égard de leur récolte, et enfin d’une énumération des indications des produits de la distillation. Les indications étaient tirées en partie des sources traditionnelles gréco-latines (Dioscoride…), en partie des sources contemporaines populaires. Le Büchlein von den ausgebrannten Wässern, attribué au médecin viennois Michael Puff, fut complètement incorporé au Liber de arte distillandi de simplicibus.[10] Beaucoup des indications énumérées par Brunschwig sont tirées de manuscrits contemporains du XVe siècle[11],[12],[13],[14].
  3. Une liste de maladies par ordre de « tête aux pieds » servante comme table de matière pour les indications, énumérées au deuxième livre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • 1497: Das buch der Cirurgia. Hantwirckung der wund artzny.
Rééditions: Strasbourg 1513 - Rostock 1518 en dialecte bas allemand - Augsbourg 1534 - Munich 1911, 1968 - Milan 1923.
Traductions: 1) En langue anglaise par Peter Treveris à Londres. 1525. 2) En langue néerlandaise par Jan Berents à Utrecht. 1535.
  • 1500 (08.05.): Liber de arte distillandi de simplicibus. Das buch der rechten kunst zu distilieren die eintzigen ding. (= Kleines Destillierbuch.)
Rééditions en forme du Medicinarius à partir de 1505 (voire en bas). En plus le Liber de arte distillandi de simplicibus fut publié en commun avec le Gart der Gesundheit (Mayence 1485) dans le Kräuterbuch von allem Erdgewächs d’Eucharius Roesslin d. Jüngere (Francfort-sur-le-Main 1533, 1535, 1536, 1538, 1540, 1542 et 1546).
Traductions: 1) En langue néerlandaise par Thomas van der Noot à Bruxelles. 1517. 2) En langue anglaise par Lawrence Andrew à Londres. 1527[15]. 3) En langue tchèque par Johann Günther à Olomouc. 1559.
  • 1500 (19.08.): Liber pestilentialis de venenis epidemie. Das buch der vergift der pestilentz das genent ist der gemein sterbent der Trüsen Blatren.
  • 1505: Medicinarius. Das buch der Gesuntheit. Liber de arte distillandi Simplicia et Composita. Das nüv buch der rechten kunst zu distillieren. Ouch von Marsilio ficino vnd anderer hochberömpter Artzte natürliche vnd gute künst zu behalten den gesunden leib vnd zuvertryben die kranckheit mit erlengerung des lebens.
Contenant
  • le Liber de arte distillandi de simplicibus. (de 1500),
  • le livre De vita libri tres de Marsile Ficin (traduit en Allemand par Johann Adelphi de Strasbourg),
  • des glossaires de drogues et
  • un discours De Quinta essentia pour lequel Brunschwig s’est inspiré du livre De consideratione quintae essentiae de Jean de Roquetaillade.
Rééditions: Strasbourg 1508, 1515, 1521, 1528, 1531, 1537 ; Francfort-sur-le-Main 1551, 1554, 1555, 1560, 1610, 1614.
  • 1512: Liber de arte distillandi de compositis. Das buch der waren kunst zu distillieren die Composita vnd simplicia / vnd das Buch thesaurus pauperum / Ein schatz der armen genant Micarium / die brodsamlin gefallen von den büchern der Artzny / vnd durch Experiment von mir Jheronimo brunschwick vff geclubt vnd geoffenbart zu trost denen die es begeren. (= Großes Destillierbuch.)
Contenant
  • un livre sur « quinta essentia » et autres remèdes alchimistes - longues passages tirés du livre De consideratione quintae essentiae de Jean de Roquetaillade[16],
  • une énumeration des simples et des composita (médicaments composés de plusieurs simples) classées selon maladies,
  • une énumeration des simples et des composita en ordre topographique « de la tête aux pieds »,
  • une énumeration des simples et des composita pour servir au traitement chirurgical et
  • un « thesaurus pauperum » - une pharmacopée en 45 chapitres énumérant les médicaments à bon marché pour les pauvres.
Le « thesaurus pauperum » fut réédité séparément:
1) Sous le titre Hausapotheke ou Hausarzneibüchlein. 39 éditions. (1537-1658).
2) Sous le titre Apotheke für den gemeinen Mann en combinaison avec le Büchlein von den ausgebrannten Wässern (attribué au médecin viennois Michael Puff). 30 éditions. (1529-1619).
Rééditions du Liber de arte distillandi de compositis entier : Strasbourg 1519, 1532; Francfort-sur-le-Main 1538, 1551, 1552, 1597; Leipzig 1972[17].

Études sur Hieronymus Brunschwig[modifier | modifier le code]

  • Hermann Fischer. Mittelalterliche Pflanzenkunde. München 1929, p. 109-113: Das kleine Destillierbuch des Hieronymus Brunschwig.
  • (s. dir.), Bertrand Gille : Histoire des techniques, Gallimard, coll. « La Pléiade », 1978 (ISBN 978-2-07-010881-7)
  • Jacques Heran, « Histoire de la médecine à Strasbourg : les grands anniversaires : Il y a 500 ans, parution du « Brunschwig ». Il y a 100 ans, les obsèques œcuméniques de l'éléphant. Il y a 100 ans, la thèse de Blind », Journal de médecine de Strasbourg, 1997
  • Ferdinand Wilhelm Emil Roth. Hieronymus Brunschwyg und Walther Ryff, zwei deutsche Botaniker des 16. Jahrhunderts. In: Zeitschrift für Naturwissenschaften 75 (1902), S. 102-123. Digitalisat
  • Henry E. Sigerist. Hieronymus Brunschwig and his work. Anhang zu: The book of Cirurgia by Hieronymus Brunschwig. R. Lier, Milano 1923.
  • Marie-Claude Weislinger, Le 'Feldtbuch der Wundartzney' de Hans von Gersdorff (1517) et les débuts de la chirurgie de guerre et traumatologique moderne : Commentaires : première traduction française : confrontation aux conceptions de Hieronymus Brunschwig et d'Ambroise Paré, Université Strasbourg 1, 1983, 2 vol., 200, 321 f. (thèse de Médecine)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Otto Brunfels. Contrafayt Kreüterbuch…, Strasbourg 1532, Vorred, Cap. 32.Digitalisat
  2. H. E. Sigerist 1923, p. V.
  3. Jan Frederiksen. Hieronymus Brunschwig. In : Die deutsche Literatur des Mittelalters. Verfasserlexikon. De Gruyter, Berlin / NY, vol I, col. 1073.
  4. Hermann Fischer. Mittelalterliche Pflanzenkunde. Verlag der Münchner Drucke, München 1929, p. 113.
  5. Udo Benzenhöfer. Johannes‘ de Rupescissa. Liber de consideratione quintae essentiae omnium rerum deutsch. Studien zur Alchemia medica des 15. bis 17. Jahrhunderts mit kritischer Édition des Textes. Steiner, Stuttgart 1989, p. 58-63.
  6. Jean de Roquetaillade. De consideratione quintae essentiae (traduction allemande). Allemagne de l’ouest / Alsace, 4e quart du 15e siècle, fol. 1r-31r.Cpg 233 Digitalisat
  7. Jean de Roquetaillade. De consideratione quintae essentiae. Impression, Basel 1561. Digitalisat
  8. Astrid Müller-Grzenda. Pflanzenwässer und gebrannter Wein als Arzneimittel zu Beginn der Neuzeit. Herstellungsverfahren, Hersteller und Handel, Beschaffenheit und Bedeutung für die Materia medica. Stuttgart 1996, p. 64-69.
  9. Lawrence M. Principe. Arbeitsmethoden. In: Claus Priesner und Karin Figala. Alchemie. Lexikon einer hermetischen Wissenschaft. Beck, München 1998, p. 51-57.
  10. Michael Puff. Büchlein von den ausgebrannten Wässern. Johannes Blaubirer, Augsbourg 1481 Digitalisat
  11. Manuscrit Nuremberg 1474 (Heidelberg Cpg 545, fol. 97v-120v) Digitalisat
  12. Manuscrit Alsace, 1er quart du 15e siècle (Francfort-sur-le-Main, ms.germ. Qu. 17, fol. 340v-350v) Digitalisat.
  13. Manuscrit Alsace / Bâle 2e quart du 15e siècle (Heidelberg Cpg 638, fol. 23v-26v) Digitalisat
  14. Manuscrit Alsace 1459-1469 (Heidelberg Cpg 226, fol. 102r-105r) Digitalisat.
  15. The vertuose boke of Distillacyon 1527. Digitalisat
  16. Udo Benzenhöfer. Johannes’ de Rupescissa « Liber de consideratione quintae essentiae omnium rerum » deutsch. F. Steiner, Stuttgart 1989, p. 58-63.
  17. Josef Benzing. Bibliographie der Schriften Hieronymus Brunschwygs. In: Philobiblon. Eine Vierteljahreszeitschrift für Buch- und Graphiksammler. 12 (1968), p. 115-123.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]