Heracleum sphondylium

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Heracleum sphondylium, la Berce sphondyle, Berce commune ou " grande berce ", est une plante herbacée bisannuelle de la famille des apiacées des prairies d'Eurasie.

Elle est aussi communément appelée patte d'ours par la forme de ces feuilles, mais aussi par une multitude de noms vernaculaires dont frênelle dans l'Ouest de la France[1],[2].

Elle affectionne les sols riches et humides. Elle est commune dans les lisières, les fossés, les lieux embroussaillés, aux abords des haies, aux rebords des prés et des fourrières, ainsi qu'en moyenne montagne humide.
Elle mesure habituellement entre 50 et 150 cm[3], et atteint rarement 2 m de hauteur. Elle est nettement moins grande que la dangereuse (risque de brûlures graves à son contact par très forte photosensibilisation) et invasive Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) qui peut atteindre 4 m de haut, elle est également moins phototoxique mais conserve les mêmes risques pour les personnes présentant un terrain favorable.

Description[modifier | modifier le code]

Organes reproducteurs

Graine

Répartition, habitat, écologie[modifier | modifier le code]

C'est une plante eurasiatique avec une vaste aire de répartition, elle est très commune dans une grande partie de l'Europe, et dans toute la France hormis en région méditerranéenne. Elle est répandue de l'étage collinéen à l'étage subalpin et monte jusqu'à 2 200 m en montagne.

C'est une espèce héliophile et de demi-ombre, qui préfère les sols riches en éléments nutritifs et en bases (humus: mull carbonaté à mull mésotrophe, avec optimum sur mull eutrophe), avec un pH basique, neutre, à légèrement acide (elle évite les sols pauvres à acidité marquée). Elle se développe surtout sur les sols frais à humide, profonds, mais aussi sur les sols mésophiles (ni secs ni humides), et évite les sols noyés d'eau et surtout les sols trop secs.

On la rencontre ainsi dans les prairies riches, les hautes herbes le long des cours d'eau et des zones humides (c'est notamment une plante caractéristique des mégaphorbiaies), sur les bordures des chemins, des champs et des haies, dans les fossés, les friches et les décombres. On la trouve dans les sous-bois clairs de certaines forêts humides (aulnaies-frênaies et peupleraies). Elle est aussi typique des lisières (ourlets forestiers) fraîches des forêts de type chênaies-charmaies, hêtraies-chênaies, hêtraies et hêtraies-sapinières[3].

Liste des sous-espèces et variétés[modifier | modifier le code]

Selon NCBI (27 févr. 2012)[5] :

  • Heracleum sphondylium subsp. montanum
  • Heracleum sphondylium subsp. orsinii
  • Heracleum sphondylium subsp. pyrenaicum
  • Heracleum sphondylium subsp. sibiricum
  • Heracleum sphondylium subsp. sphondylium
  • Heracleum sphondylium subsp. ternatum
  • Heracleum sphondylium subsp. transsilvanicum
  • Heracleum sphondylium subsp. verticillatum
  • Heracleum sphondylium var. angustifolium (CRANTZ) C.C. GMEL.
  • Heracleum sphondylium var. stenophyllum (GAUDIN) MORITZI

Usages alimentaires[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle on utilisait les jeunes pousses et les jeunes feuilles pour accompagner les viandes en mélange avec d'autres herbes. On peut aussi les utiliser en potage ou cuite comme des épinards. La plante était utilisée en Russie pour confectionner le bortsch (potage traditionnel). Au printemps la plante est riche en vitamine C. Elle est riche en glucides, en protéines. Elle est aromatique et riche en éléments minéraux. Les graines sont très aromatiques et utilisées comme aromates. Macérées dans l'alcool, elles donnent une liqueur digestive et calmante. En Russie, on fait sécher les tiges coupées en rondelles que l'on utilise comme friandise.

Fourrage ou nourriture cunicole[modifier | modifier le code]

Dans la montagne vosgienne, cette grande berce sauvage était dénommée par divers dérivés romans du terme latin "pastinaca", à l'origine du panais en français[6]. Il s'agit d'une "herbe aux lapins", autrefois très recherchée par les éleveurs possédant des clapiers[7]. La plupart des lexicologues ont traduit le terme dialectal par "panais", sans se rendre compte que cette "herbe aux lapins" n'en était pas[8].

Usages médicinaux[modifier | modifier le code]

La plante est réputée hypotensive, diurétique et diminuant le taux d'urée. Elle était jadis utilisée contre l'épilepsie.

La teinture est utilisée pour soigner les troubles sexuels chez l'homme et la femme. Elle est utile dans les syndromes prémenstruels et les hémorragies dysfonctionnelles. Elle est aussi utilisée dans les troubles de la ménopause.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Dottin, Glossaire des parlers du Bas-Maine (Département de la Mayenne), Paris, H. Welter, Éditeur, (réimpr. Slatkin Reprint, 1978), p. 209
  2. G. Dottin et J. Langouët, Glossaire du parler de Pléchâtel (Canton de Bain, Ille-et-Vilaine), Genève, Slatkin Reprint, , p. 66
  3. a et b Flore forestière française. Tome 1, plaines et collines, Institut pour le Développement Forestier, p 1181
  4. données d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004
  5. NCBI, consulté le 27 févr. 2012
  6. La plante sauvage se nomme patenay dans le vallée de la Fave, petné ou pètné(y) dans la haute vallée de la Meurthe, ce mot étant de genre masculin. Les locuteurs dialectaux pouvaient le qualifier avec l'adjectif grand (lorsqu'il montait en fleur), ou suivant le lieu de récolte : du talus, forestier, des haies, des bords de chemin...
  7. Il existe des restrictions d'emploi à ce fourrage nutritif qui aide les lapins à "se faire les dents" grâce à la (micro)silice incorporée aux tiges, tout en leur apportant une bonne digestion et un bien-être, il ne faut point qu'il soit compressé sans air et qu'il "chauffe", sinon l'ingestion devient toxique pour l'animal qui en est friand
  8. Les paysans connaissaient autrefois la plante cultivée, le panais, de même que cette même plante redevenue sauvage, le panais sauvage. Ils les désignaient par un qualificatif additionnel s'il était nécessaire. En réalité, l'explication la plus simple pour ces dénominations est qu'ils considéraient le panais et la grande berce comme appartenant à la même famille. Lorsqu'ils cueillaient du "patenay" ou "petné" pour les lapins dans les talus ombrés et sur les rebords de haies, il n'était pas besoin de préciser.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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