Auberge de Marie Henry

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Auberge de Marie Henry
au Pouldu
Maison-musée du Pouldu
L'hôtel-café Buvette de la plage vers 1920
L'hôtel-café Buvette de la plage vers 1920
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Clohars-Carnoët
Adresse 10 rue des Grands Sables
29360 Clohars-Carnoët
Coordonnées 47° 46′ 02″ nord, 3° 32′ 46″ ouest
Informations générales
Date d’inauguration 1989
Informations visiteurs
Site web Site du Musée du Pouldu

L'auberge de Marie Henry dite aussi buvette de la plage ou maison-musée du Pouldu[1] est la reconstitution de l'auberge tenue par Marie Henry à quelques pas de là où s'installent Gauguin et ses amis en 1889.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1881, Henry Moret fait son premier séjour au Pouldu. Après avoir exposé du à octobre, au Café Volpini à Paris, avec ses amis, Gauguin rentre en Bretagne fin mai et, après avoir passé les premières semaines à la Pension Gloanec, ils décident de s'installer fin juin pour la période des vacances au Pouldu.

Au début de septembre, Gauguin rentre à Pont-Aven. Moret s'installe au Bas-Pouldu en septembre et y séjournera jusqu'à la fin de 1892.

C'est le que Paul Gauguin, lassé de la foule de la Pension Gloanec, vient prendre pension à la Buvette de la Plage au Pouldu sur la commune de Clohars-Carnoët, dans le Finistère, accompagné de Paul Sérusier et de Meyer de Haan. Henry Moret vient rejoindre l'équipe en 1890 et y passera la plus grande partie de l'année. Maufra vient le 9 novembre 1890 et passe la majorité de l'année 1891 au Pouldu. Gauguin quitte le Pouldu et part pour Tahiti en avril 1891. De la fin juillet au début d'août 1892, Jan Verkade est au Pouldu en compagnie de Filiger, puis fin août arrive Wladyslaw Slewinski.


La patronne de l'auberge s'appelle Marie Henry (1859-1945). Yannick Doyen dira d'elle : « Une jolie brune un peu pulpeuse, à la chair rose, native de ce coin de Bretagne réputé pour la beauté de ses femmes et pour leur piété ». Charles Filiger ne tarde pas à les rejoindre, à la mi-novembre. André Gide y passe une soirée à la fin du mois d'octobre qu'il décrit dans son livre Si le grain ne meurt. À la mi-novembre, Paul Gauguin et de Haan décorent de peintures la salle à manger de l'auberge. Gauguin peint l'Oie au-dessus de la porte[2], et La Fileuse[3]; De Haan peint Les Teilleuses de lin [4]. Ils rivalisent pour plaire à la belle de dix ans leur cadette. C'est finalement de Haan, « un être menu, rachitique, contrefait, souffreteux, presqu'infirme »[5] qui deviendra son amant. Marie Henry détestait Gauguin, elle gardera ses 25 tableaux en paiement de sa créance de 300 francs.

Meyer de Haan, Marie Henry allaitant son enfant, 1889, huile sur toile, 60x73cm

Gauguin devient jaloux de son ami de Haan qui est devenu l'amant de Marie Henry. Elle est déjà fille-mère d'une petite Marie-Léa, surnommée Mimi dont elle taira le nom du père. Elle tombe enceinte de Meyer. C'est cette même année qu'il l'a peinte en Mère à l'enfant ou Maternité , tableau qu'elle conservera près d'elle toute sa vie. André Cariou dit qu'« Elle était fille-mère en terre bretonne très catholique. Intelligente et audacieuse, elle tient seule son commerce, fait construire sa maison »[6]. De Haan ne verra jamais l'enfant qui est née en juin 1891 et qui fut prénommée Ida. Il quitte le Pouldu, laissant à Marie une dizaine de tableaux.

Marie Henry a mis sa buvette en location et emporte toutes les œuvres qu'elle peut, tableaux et sculptures laissés par les artistes en paiement de leur séjour à l'auberge. Filiger qui reçoit de l'argent de La Rochefoucauld peut rester au Pouldu jusqu'en 1900. En 1894, Gauguin est de retour à l'auberge. Il perd le procès intenté contre Marie Henry qui ne voulait pas lui rendre ses tableaux pour le motif que : « en matière de meubles, possession vaut titre », il perd également le procès contre ses agresseurs de Concarneau. Il rentre à Paris. De Haan meurt en 1895.

Vers 1924, Marie Henry et son compagnon Henri Motheré quittent Kerfany pour se rapprocher de sa fille Léa et de son mari à Toulon. Elle met en vente à l'Hôtel Drouot, une partie de sa collection, conservant le reste pour ses filles et ne se séparant pas de Maternité de De Haan. C'est cette même année que l'on découvre à la Buvette de la Plage les fresques des deux peintres sous sept couches de papier peint dont Maurice Gournier fit une photographie.

Complètement remaniée dans les années 1930, la Buvette de la Plage devient le Café de la Plage. Marie Henry meurt à Pierrefeu-du-Var en 1945[1]. Ida deviendra institutrice, épousera un confrère et deviendra mère de 5 enfants. Elle conservera les tableaux de son père jusqu'en 1959.

Reconstitution[modifier | modifier le code]

La Maison-Musée du Pouldu et la Buvette de la Plage aujourd'hui

La Maison-Musée du Pouldu est la reconstitution historique de la Buvette de la Plage entreprise en 1989 dans une maison voisine, construite sur le même plan et à quelques mètres de l'originale. Les pièces sont réalisées à l'identique avec du mobilier d'époque.

Au rez-de-chaussée se trouvent la cuisine, la buvette et la salle à manger dans laquelle furent reproduites les œuvres peintes dans celle d'origine. À l'étage, la chambre de Gauguin, côté cour, celle de Marie Henry et de Meyer de Haan, la salle de bain et, sur le côté rue, la chambre de Paul Sérusier. Le sous-sol est aménagé en espace polyvalent.

Citations[modifier | modifier le code]

  • " Les arts du maître et de ses disciples firent rapidement d'une vulgaire auberge un temple d'Apollon " (Armand Seguin)

Collections[modifier | modifier le code]

Pensionnaires[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://maisonmuseedupouldu.blogspot.fr/
  2. Aujourd'hui au Musée de Quimper depuis mars 1999
  3. Aujourd'hui au Musée Van Gogh à Amsterdam
  4. Aujourd'hui dans une collection privée
  5. description donné par la petite fille de Marie Henry dans Le Figaro du 13 juillet 2010.
  6. André Cariou, directeur du Musée de Quimper

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Chassé, Gauguin et la groupe de Pont-Aven, 1921
  • Collectif, Le maître caché, Meijer de Haan , monographie, catalogue officiel de l'exposition au Musée Juif d'Amsterdam 11 octobre 2009 - 24 janvier 2010 (Français-Anglais) et Musée d'Orsay du 9 mars 2009 à juin 2010. 160.p. 100. Ill.
  • Émile Bernard, Souvenirs inédits sur l'artiste Paul Gauguin et ses compagnons lors de leurs séjours à Pont-Aven et au Pouldu . Préface de René Maurice., Impr du Nouvelliste du Morbihan, 1941. 24 p.
  • Émile Bernard, Note sur l'École dite de Pont-Aven , Mercure de France, décembre 1903 (réédition dans Émile Bernard: Écrits sur l'Art , Paris, 1994.
  • Denise Delouche, Peintres de Bretagne, découverte d'une province S. I., Librairie C.Klicksieck, 1977 in-4°, broché, couv.ill. Histoire de la découverte de la Bretagne par les peintres de 1800 à 1860 environ. Illustrations dans le texte.

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • 1890 premières cartes postales (photographies de A. Waron de Saint-Brieuc

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]