Henri Teissier

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Henri Teissier
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Henri Teissier
Biographie
Nom de naissance Henri Antoine Marie Teissier
Naissance
Lyon 6e
Ordination sacerdotale
Décès (à 91 ans)
Lyon 3e
Évêque de l'Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Léon-Étienne Duval
Dernier titre ou fonction Archevêque émérite d'Alger
Archevêque d'Alger
Évêque coadjuteur d'Alger
Évêque d'Oran

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Henri Teissier est un prélat catholique franco-algérien né le à Lyon, et mort dans la même ville le .

Il est évêque d'Oran de 1972 à 1980, puis évêque coadjuteur d'Alger, et archevêque d'Alger de 1988 à 2008.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Teissier est issu d'une famille installée à Philippeville en Algérie depuis 1849[1]. Il grandit dans diverses villes de France, où son père, officier, est affecté. Il fait ses études chez les jésuites. La famille rejoint Alger en 1947. Il est ordonné prêtre pour le diocèse d'Alger, le , après des études au séminaire des Carmes à Paris. Il apprend l'arabe à l'Institut dominicain d'études orientales, où il assiste à la montée des nationalismes arabes. Il est de retour à Alger en 1958. Il fait partie de la vingtaine de prêtres (dont le cardinal Duval) qui obtiennent la nationalité algérienne en 1965. Mais l'Église catholique est exsangue et ne représente plus que 20 000 fidèles demeurés sur place, avec quelques coopérants ou étudiants africains.

Le à 43 ans, il est nommé par le pape Paul VI évêque d'Oran. Il reçoit la consécration épiscopale le . En 1976, les écoles catholiques sont nationalisées, la charia devient la référence du droit et l'arabe devient l'unique langue d'enseignement[2]. Le , il est nommé archevêque coadjuteur du cardinal Duval à Alger. En 1988, le cardinal Duval se retire et Henri Teissier devient archevêque d'Alger.

Profondément attaché à l'Algérie, Mgr Teissier traverse avec l'Église la terrible crise terroriste qu'a connue le pays dans les années 1990. Dix-neuf religieux sont assassinés entre 1994 et 1996 dont Mgr Pierre Claverie, évêque d'Oran, et les moines de Tibhirine. Malgré les épreuves et les menaces, Henri Teissier est toujours resté en Algérie avec comme unique ambition « de découvrir et de susciter des frères ». Il défend constamment les autorités algériennes[3], même pendant la guerre de 1993-2000 qui fit plus de 200 000 morts. Il le fait pour ne pas exposer davantage les chrétiens durement éprouvés.

En 2005, lors d'une conférence-débat sur les religions monothéistes avec Tahar Absi[4] professeur à l'Université d'Alger intitulée « Paix et tolérance », Mgr Teissier disait que le terme salam (« paix » en arabe) constitue l'un des fondements du christianisme[5]. « Jésus se plaisait à enseigner à ses disciples qu'à chaque fois que le seuil d'une maison était franchi, il fallait impérativement prononcer le mot paix » et que « l'islam, le christianisme et le judaïsme sont certes trois religions différentes qui ont toutefois une source et une finalité commune : le bonheur de l'humanité.» Mgr Teissier a noté la nouvelle position développée par l'Église « qui consiste à considérer les autres religions sous l'angle de la recherche des éléments qui favorisent l'amour entre les humains et qui renforcent chez eux le sentiment d'appartenir à une même famille ». Il a aussi rappelé que « L'existence en Algérie d'une communauté chrétienne est la preuve que nous vivons dans une atmosphère de tolérance et que nous partageons les mêmes joies et les mêmes épreuves que les autres peuples de la planète. » [6]

Le , le pape Benoît XVI accepte la démission de Mgr Teissier[7]. Il est remplacé par le père Ghaleb Bader du Patriarcat latin de Jérusalem.

Mgr Henri Tessier meurt[8] des suites d’un accident vasculaire cérébral à l'hôpital Édouard-Herriot à Lyon le , à l’âge de 91 ans[9]. Le , il est inhumé en la basilique Notre-Dame d'Afrique d'Alger[10].

Écrits[modifier | modifier le code]

Les quatre évêchés catholiques de l’Algérie

Mgr Henri Tessier fut archevêque d'Alger[11]. Son sens pastoral a beaucoup marqué les esprits, en particulier lorsqu'il a traversé avec courage et fidélité la « décennie noire » qui frappa l'Église d'Algérie[12]'[13].

Commentaire selon saint Matthieu (Mt 10, 1-7).

La mission de tout apôtre

« Au commencement et au terme de la Mission, il y a Jésus Christ, il y a l'amour de Dieu pour l'homme versé dans nos cœurs par l'Esprit Saint. L'Évangile peut être considéré simplement comme un code de morale qui réjouit les consciences droites. Il pourrait ainsi susciter l'enthousiasme et l'engagement d'un admirateur zélé. Mais ce ne serait pas encore un « missionnaire ».

La Mission commence quand, par l'Esprit de Dieu, et dans la communauté des disciples, un homme, fût-il pécheur, découvre Jésus Christ vivant aujourd'hui et apprend à le rencontrer comme son Sauveur et comme celui que Dieu a envoyé pour le salut de tous. La Mission commence quand ce disciple, animé par l'Esprit dont il entend l'appel dans sa vie personnelle et dans les gestes de la communauté, s'engage sur la route de l'homme à cause de Jésus, ce mystérieux compagnon de chemin. La Mission commence avec la prière du Christ à son Père « pour que son règne vienne » (cf. Mt 6, 10), avec l'engagement du Christ « qui donne sa vie pour rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés » (cf. Jn 11, 52), avec l'expérience faite personnellement et en communauté que Dieu est amour. »

— Mgr Henri Tessier. La Mission de l'Église, Paris, DDB, 1985, p. 230-231.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Teissier est issu d'une famille installée à Skikda (anciennement Philippeville) en Algérie depuis 1849.
  2. Décret du 16 avril 1976, cité in Philippe Delisle et Marc Spindler, Les relations Églises-État en situation postcoloniale, Karthala éditions, Paris, 2003, (ISBN 2845864167)
  3. Jean-Baptiste Rivoire, Le Crime de Tibhirine, La Découverte, Paris 2011, p. 39-40
  4. Tahar Absi : Une Algérie du dialogue.
  5. En 2005, lors d’une Conférence-débat sur les religions monothéistes avec Tahar Absi professeur à l’Université d’Alger intitulée “Paix et tolérance”, Mgr Teissier disait que le terme « salam » (paix en arabe) constitue l’un des fondements du christianisme. « Jésus se plaisait à enseigner à ses disciples qu’à chaque fois que le seuil d’une maison était franchi, il fallait impérativement prononcer le mot paix » et que « l’islam, le christianisme et le judaïsme sont certes trois religions différentes qui ont toutefois une source et une finalité commune : le bonheur de l’humanité ».
  6. « Paix et tolérance », sur Djazairess (consulté le ).
  7. Le Pape Benoît XVI accepte la démission de Mgr Henri Teissier.
  8. Décès de Mgr Henri Teissier, archevêque émérite d’Alger.
  9. Anne-Bénédicte Hoffner, « Mort de Mgr Henri Teissier, une vie au service de l’Algérie », sur La Croix, (consulté le )
  10. Monseigneur Henri Teissier, évêque émérite d’Alger, une vie au service de l’Algérie.
  11. Église d’Algérie.
  12. Église Catholique d'Algérie.
  13. Martyrs d’Algérie : Mgr Henri Teissier, le vingtième bienheureux.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Église en Islam, Centurion, 1984
  • La Mission de L'Église, Desclée de Brouwer, 1985
  • Histoire des chrétiens d'Afrique du Nord, (collectif), Desclée de Brouwer, 1995, (ISBN 978-2-7189-0531-0)
  • Lettres d'Algérie, Bayard-Centurion, , 135 p. (ISBN 978-2-2274-3667-1)
  • Chrétiens en Algérie : Un partage d’espérance, Desclée de Brouwer, , 231 p. (ISBN 978-2-2200-5138-3)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martine de Sauto, Henri Teissier, un évêque en Algérie : De l'Algérie française à la crise islamiste, Bayard Culture, , 267 p. (ISBN 978-2-2274-7151-1) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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