Bertrand Lacaste

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Bertrand Lacaste
Biographie
Naissance
Accous (France)
Ordination sacerdotale
Décès
Accous
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
par l'évêque de Bayonne Léon Albert Terrier
Dernier titre ou fonction Évêque d'Oran
Évêque d'Oran

Blason
Armes : D'argent à un chrisme d'or et une couronne d'épines de sinople entrelacés ; à la bordure de gueules chargée en chef des majuscules grecques Alpha à dextre et Oméga à senestre et en pointe d'un coeur rayonnant de 6 pièces, 3 à dextre et 3 à senestre, le tout d'or. Devise : Veni Domine Jesu
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Bertrand Lacaste est un ecclésiastique français, né à Accous en 1897, et décédé dans sa maison natale en 1994. Il est évêque d'Oran de 1946 à 1972, à la charnière de l'Algérie française et de l'Algérie indépendante.

Premières années[modifier | modifier le code]

Bertrand Lacaste nait à Accous, dans la vallée d'Aspe, le . Il fait ses études au petit séminaire, puis est mobilisé en 1917. Il rejoint ensuite le grand séminaire de Bayonne et est ordonné prêtre le [1]. Un an préfet de discipline du collège Saint-Joseph d'Oloron, il est nommé en juillet 1924 vicaire du curé de Monein, puis en 1926 vicaire de la paroisse Saint-Martin à Pau. En 1931, il rejoint le groupe des missionnaires du Sacré-Cœur, étant devenu un « prédicateur d'une intense conviction », et assure parallèlement l'aumônerie diocésaine de l'Action catholique féminine et de l'ACI (Action catholique des milieux indépendants).

Nommé chanoine par son évêque en 1943, il est chargé le par le pape Pie XII du diocèse d'Oran. Il reçoit le la consécration épiscopale de l'évêque de Bayonne, Léon Terrier, de Jean Saint-Pierre, évêque auxiliaire de Carthage, et de Clément Mathieu, évêque d'Aire et Dax.

Évêque d'Oran[modifier | modifier le code]

Ville et port d'Oran, vus depuis le fort de Santa-Cruz. Au premier plan, cloître et chapelle de Santa Cruz, édifiés sous l'épiscopat de Bertrand Lacaste.

Arrivé en 1946 à Oran, le nouvel évêque trouve un diocèse ne comptant que 113 prêtres, et dont nombre de communautés rurales n'avaient plus de curé. Le Grand séminaire est fermé, une dizaine de séminaristes étudient à Alger. Il rouvre le Grand séminaire et cherche à susciter des vocations. En 1962, le diocèse comptait 218 prêtres, dont 124 âgés de moins de 50 ans.

Il dote le diocèse d'une centrale d'action catholique, pour favoriser l'action des laïcs au service de la mission de l'église, et de deux maisons pour la vie contemplative.

Visitant régulièrement son diocèse, il prend conscience de la nécessité de réformes politiques et sociales profondes, mais ne prend jamais publiquement position dès lors que le conflit éclate et se développe en Oranie. Il donne au clergé la consigne de rester au-dessus des passions partisanes[réf. nécessaire] ; pourtant le clergé et les congrégations religieuses furent presque tous considérés comme sympathisants de l'Algérie française, et même, plus tard, soupçonnés d'apporter de l'aide active à l'OAS. Il en résulte dans les premiers mois de 1962 des fouilles systématiques par les forces de l'ordre dans les établissements religieux (églises, maisons des Jésuites, des Pères de Timon David, etc.), et l'évêque lui-même sera l'objet de la goguenardise de quelques agents de la force publique : en tournée de confirmation. Le , il est arrêté par des gendarmes qui lui indiquent que pour poursuivre sa route, il devra passer par la « Ville nouvelle », tenue par le FLN, ce qu'il fait sans hésitation, et sans incident.

Arrive l'indépendance et la journée tragique du 5 juillet 1962. Pour rassurer la population, et l'opinion internationale, le préfet d'Oran décide de créer un « comité de réconciliation », comprenant treize personnalités musulmanes et treize personnalités européennes, en tête desquelles figure l'évêque d'Oran. La population chrétienne, déjà très amoindrie par l'exode massif de 1962, continue de s'étioler jusqu'en 1965, et l'église diocésaine se dessaisit au profit des autorités civiles de nombreux biens immobiliers sans usage désormais: églises, presbytères, salles paroissiales, écoles.

L'évêque participe à toutes les sessions du Concile Vatican II, dont il applique les réformes dans son diocèse. Bertrand Lacaste donne sa démission pour raison d'âge en 1972[1], âgé de 75 ans, et quitte l'Algérie le [2].

« Évêque de la dispersion »[modifier | modifier le code]

Évêque émérite d'Oran, il prend sa retraite dans son village d'Accous, mais reste, aux yeux de ses anciens diocésains, leur « évêque de la dispersion », participant au pèlerinage de Notre Dame du Salut (N.D de Santa Cruz) de Nîmes-Courbessac, ou encore au pèlerinage des Oranais à Lourdes, le .

Il s'éteint à Accous le .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pierre Puchulu, Les évêques originaires du diocèse de Bayonne depuis le concordat de 1801, Bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Bayonne, n° 133,
  2. Jacques Gandini 1992, p. 41-50

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Abadie, Bertrand Lacaste, évêque d'Oran (1897-1994), Nice, Gandini, , 191 p. (ISBN 978-2-906431-62-1, OCLC 52518546).
  • Lucien Collet, En Algérie avec Monseigneur Bertrand Lacaste : Oran, 1946-1962, Pau, Chez l'auteur, , 155 p. (OCLC 25338955)
  • Jacques Gandini (préf. monseigneur Lacaste), Églises d'Oranie : 1830-1962, Calvisson, J. Gandini, , 495 p. (ISBN 978-2-906431-01-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]