Basilique Notre-Dame d'Afrique

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Basilique Notre-Dame d'Afrique
Image illustrative de l’article Basilique Notre-Dame d'Afrique
La basilique Notre-Dame d'Afrique en 2013
Présentation
Nom local Lalla Meryem
Culte Catholicisme
Type Basilique mineure
Début de la construction 1858
Fin des travaux 1872
Architecte Jean-Eugène Fromageau
Style dominant Romano-byzantin
Site web notre-dame-afrique.org
Géographie
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Ville Bologhine, Alger
Coordonnées 36° 48′ 04″ nord, 3° 02′ 33″ est

Géolocalisation sur la carte : Algérie

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Basilique Notre-Dame d'Afrique

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Basilique Notre-Dame d'Afrique

Notre-Dame d'Afrique est une basilique catholique située à Bologhine, quartier/commune d'Alger, en Algérie.

Situation[modifier | modifier le code]

La basilique est construite sur un promontoire dominant la mer de 124 m, au nord d'Alger[1]. Elle est accessible par un téléphérique qui porte son nom depuis Bologhine (ex-Saint Eugène), où se trouve le cimetière Saint-Eugène. Elle est considérée comme « la sœur jumelle de l’église marseillaise Notre-Dame-de-la-Garde[2]. »

La basilique est surnommée « Madame l’Afrique » ou « Lalla Myriem »[1] par les habitants du voisinage[N 1]. Pour le journaliste Lyes Menacer, elle constitue un « symbole du brassage culturel et de la cohabitation religieuse depuis 160 ans[2]. »

Histoire[modifier | modifier le code]

Statue de Mgr Lavigerie à Notre-Dame d'Afrique.

La chapelle et le pèlerinage[modifier | modifier le code]

Une statuette en bronze de la Vierge Marie, copie d'une œuvre originale créée par Bouchardon en 1750, fut offerte en mai 1840 à Mgr Dupuch, premier évêque d'Alger. Elle fut placée au monastère de la Trappe de Staouëli à Bouchaoui[3].

À la suite de la définition du dogme de l'Immaculée Conception par le pape Pie IX le [4], son successeur, Mgr Pavy, décide d'édifier une grande église de pèlerinage à Notre-Dame. Il déplace la statue dans une chapelle, inaugurée le [1]. La fête de Notre-Dame d'Afrique se tient le 30 avril[5].

La construction de l’église[modifier | modifier le code]

Mgr Pavy, d’origine lyonnaise, entendait édifier « un autre Fourvière, auprès d’Alger ! »[6] Il engage, le [1], la construction de l’église. Elle est confiée à Jean-Eugène Fromageau, qui était architecte en chef des édifices diocésains de l'Algérie[7]. Elle fut achevée en 1872. Mgr Pavy, décédé en 1866, est inhumé dans le chœur.

L'édifice fut consacré le , par Monseigneur Lavigerie, archevêque d’Alger. Il y transféra la statue de Marie le . Elle accueille le un « concile provincial d’Afrique », rassemblant les évêques et abbés d’Algérie, première réunion de ce type pour les temps modernes[8].

Toutes deux fondées sur l’impulsion du cardinal Lavigerie, la Société des missionnaires d'Afrique (Pères blancs) (1868) et les Sœurs missionnaires de Notre-Dame d'Afrique ou Sœurs Blanches (1869) se voient confier la garde du sanctuaire[1].

Le pape Pie IX accorde à l’église le titre de basilique ; elle est consacrée le [1].

La restauration[modifier | modifier le code]

L'église est fortement touchée par les séismes de mai 2003, qui font par ailleurs 3 000 morts, notamment dans la ville de Boumerdès. Des travaux de restauration sont engagés en 2007 sous l'impulsion de Bernard Lefebvre, recteur de la basilique. L'inauguration a lieu le [2]. Les travaux ont fait l'objet d'un financement partagé entre l'Union Européenne et l'État français à hauteur de 1 million d'euros, de collectivités locales françaises (la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le département des Bouches-du-Rhône et la ville de Marseille) à hauteur de 440 000 euros chacune et la wilaya d'Alger à hauteur de 600 000 euros[9].

Le classement en bien culturel[modifier | modifier le code]

La basilique de Notre-Dame d'Afrique est classée sur la liste des biens culturels algériens comme monument historique depuis le 12 septembre 2012[10].

Architecture et décoration[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Notre-Dame d'Afrique en 1916.

Comme la cathédrale du Sacré-Cœur d'Oran, la basilique est de style romano-byzantin. Le plan est dû à Jean-Eugène Fromageau ; il offre la particularité d'être orienté avec le chœur au sud-ouest (au lieu de l'est habituellement).

Deux chapelles, ornées de reliquaires, entourent le maître-autel. La première, consacrée à saint Augustin abrite notamment six ex-votos de Charles de Foucauld[11]. Celle dédiée à la mère de saint Augustin, sainte Monique rend hommage aux dix-neuf religieuses et prêtres tués dans les années 1990 en Algérie.

Décoration[modifier | modifier le code]

Vue de l'intérieur de l'église.

La décoration de la basilique comprend au centre du dôme, sous la statue de la Vierge, une céramique due à Mohamed Boumehdi (1924-2006), un artiste algérien musulman[5]. La statue elle-même est couronnée d'or avec une parure de velours bleu brodée en fils d'argent recouverts d'or, réalisée par M. Sekkal, maître brodeur de Tlemcen[5]. Elle a été réalisée en 1840 par le sculpteur Charles Gallien Choiselat[5] (1816-1858), bronzier à Paris.

Une grande fresque, au fond du chœur représente Marie en gloire, vénérée par le cardinal Lavigerie, entourée de personnages évoquant le passé chrétien de l’Afrique du Nord : les saints Cyprien et Augustin, les saintes Perpétue et Félicité, Monseigneur Lavigerie, les martyrs de l’Ouganda (1886), le Père Siméon Lourdel (1853-1890), Charles de Foucauld et le cardinal Duval[12].

Une phrase, extraite d’une prière, est inscrite en français, en arabe et en berbère sur le mur de l'abside derrière l'autel[2] :

« Notre Dame d'Afrique priez pour nous et pour les musulmans. »

L'orgue[modifier | modifier le code]

L’instrument actuellement installé dans la basilique a été réalisé en tant que grand orgue de concert par la manufacture Cavaillé-Coll et signé par Charles Mutin, facteur français, pour la résidence de M. et Mme A. Weddell, qui résidaient villa Georges à Alger, au 47, rue du Télemly (actuellement rue Krim Belkacem). C’est un orgue de 26 jeux et plus de 1 500 tuyaux. Il a été inauguré le par le musicien Camille Saint-Saëns, ami et voisin des propriétaires. L’orgue fut donné en 1930 par Mme Weddell et installé dans la basilique. Il a été restauré entre 2000 et 2002[13].


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Plusieurs romans portent le titre de « Madame l’Afrique » : Monique Enckell, Le Seuil, Paris, 2011 ; Eugène Ébodé, Apic éditions, Ben Aknoun Alger, 2011.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Augustin-Fernand Leynaud, archevêque d’Alger, La basilique de Notre-Dame d'Afrique - Histoire du pèlerinage, L. Crescenzo, Alger, 1948.
  2. a b c et d Lyes Menacer, « Notre-Dame d’Afrique veille toujours sur les marins et l’Algérie », dans La Tribune, Alger, 17 décembre 2010.
  3. P. Henri Maurier, « Notre-Dame d'Afrique » dans Voix d'Afrique, revue des Pères blancs, Paris, no 45, 1999.
  4. Bulle Ineffabilis Deus.
  5. a b c et d Raphaël Deillon, « Notre-Dame d’Afrique », lu le sur le site de la Société des missions africaines.
  6. Louis-Antoine-Augustin Pavy, Appel de Monseigneur l'évêque d'Alger en faveur de la chapelle de Notre-Dame d’Afrique, Bastide, Alger, 1862.
  7. Bulletin officiel de l'Algérie et des colonies, Paris, no 17, février 1859.
  8. Jean-Claude Ceillier, Histoire des Missionnaires d'Afrique (Pères Blancs), Karthala, Paris, 2008.
  9. « ALGÉRIE. "Rien ne pourrait remplacer Notre-Dame d'Afrique" », sur Courrier international, (consulté le 3 février 2019)
  10. Arrêté du 12 septembre 2012, Ministère de la Culture, JO no 36 du 18 juillet 2013, page 16. Portant classement de la « basilique de Notre-Dame d'Afrique ».
  11. P. Bernard Lefèbvre, recteur de Notre-Dame d’Afrique, Notice historique sur la basilique et le pèlerinage de Notre-Dame d'Afrique, Alger, s.d.
  12. P. Laily, La basilique Notre-Dame d’Afrique, Lyon, 1989.
  13. K. Smaïl, « L’orgue à pleins tubes », El Watan, Alger, 17 juin 2012.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis-Antoine-Augustin Pavy, Appel de Monseigneur l'évêque d'Alger en faveur de la chapelle de Notre-Dame d’Afrique, Bastide, Alger, 1862.
  • Louis-Antoine-Augustin Pavy, évêque d'Alger, Évêché d'Alger : chapelle de Notre-Dame d'Afrique : but et situation de l'œuvre, Vve M. Olive, 1863.
  • R.P. Michel, Notice sur le pèlerinage de Notre-Dame d’Afrique à Alger, 1885 ; 2e édition revue, corrigée et augmentée avec une préface de Monseigneur Leynaud, archevêque d’Alger, Papeterie – Imprimerie E. Gaudet, Alger, 1924 ; 3e édition, 1939.
  • Augustin-Fernand Leynaud, archevêque d’Alger, La basilique de Notre-Dame d'Afrique : histoire du pèlerinage, L. Crescenzo, Alger, 1948.
  • P. Laily, La basilique Notre-Dame d’Afrique, Lyon, 1989.
  • Jean-Claude Ceillier, Histoire des missionnaires d'Afrique (Pères Blancs), Karthala, Paris, 2008.
  • P. Bernard Lefèbvre, recteur de Notre-Dame d’Afrique, Notice historique sur la basilique et le pèlerinage de Notre-Dame d'Afrique, Alger, s.d.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]