Chrétiens arabes

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Chrétiens levantins
Populations significatives par région
Drapeau du Liban Liban 1 640 000 - 3 500 000[1]
Drapeau de la Syrie Syrie 900 000 - 163 000[1]
Drapeau de l'Égypte Égypte 20 000 - 25 000
Drapeau de la Jordanie Jordanie 140 000 - 152 000[1]
Drapeau d’Israël Israël 135 000[1]
Drapeau de la Palestine Autorité palestinienne 90 000[1]
Drapeau de l'Irak Irak 14 000[1]
Drapeau de la Turquie Turquie 29 000
Autres
Régions d’origine Levant
Langues

Araméen Arabe

Grec
Religions Christianisme
Ethnies liées

Chaldéens

Syriaques orientaux

Les chrétiens arabes sont pour la plupart les descendants des populations autochtones présentes au Moyen-Orient et en Egypte avant la conquête arabo-musulmane du VIIe siècle. Ils y coexistent depuis des siècles avec les musulmans arabes et les juifs arabes.

Aujourd'hui, la moitié d'entre eux vit dans des pays arabes, l'autre dans des pays d'émigration sud-américains et occidentaux. Les plus grandes communautés résident au Liban et au Brésil.

Ils sont membres d'une Église orientale, catholique ou orthodoxe.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bien avant les percées de l'islam au VIIe siècle, le Levant faisait partie de l'Empire byzantin chrétien et, même ensuite, quelques communautés chrétiennes ne se sont pas converties à la religion musulmane durant la conquête islamique et ont donc préservé jusqu'à ce jour une identité qui leur est propre.

Ces populations autochtones sont pour la plupart d'origine araméenne (actuellement qualifiés plus fréquemment d'assyriens). Ce peuple, présent dans la région depuis l'antiquité est à l'origine des syriaques occidentaux, déclinaison levantine du peuple Assyrien. Certaines Églises levantines ont conservé leur identité syriaque pendant les différentes dominations greco-romaine puis islamique, et ce parfois jusqu'à nos jours. (C'est le cas de Église syriaque orthodoxe, syriaque catholique, et dans une certaine mesure Maronite)

Les maronites revendiquent quant à eux une identité certes assyrienne, mais aussi phénicienne et mardaïte.

D'autres chrétiens levantins, ethniquement d'origine assyrienne (grec pour certains, le débat subsiste), comme les chrétiens grecs-orthodoxes, ont quant à eux perdu leur identité en s'hellénisant durant la période romaine[réf. nécessaire] ; ils se sont montrés par la suite traditionnellement plus favorable à l'arabisme. Certains d'entre eux forment l'Église grec-catholique Melkite depuis 1724.

Les syriaques occidentaux se différencient des syriaques orientaux (eux aussi assyriens/araméens) presque exclusivement présents en Irak et appartenant aux Églises, Catholiques Chaldéennes et Apostoliques assyriennes de l'Orient.

A la suite de la conquête arabo-islamique, la plupart des communautés chrétiennes abandonnent progressivement leur langue d'origine pour parler l'arabe, plus répandu, bien que nombre de locuteurs parlent toujours aussi grec ou syriaque.

Principes Églises présentes au Levant
Église maronite
Église orthodoxe d'Antioche (Grecs orthodoxes)
Église grecque-catholique melkite (Catholiques de rite grec)
Église catholique syriaque (Catholiques de rite syriaque)
Protestants (toutes dénominations confondues)
Église syriaque orthodoxe (Église des Trois Conciles)
Église latine (Catholiques de rite romain)

Pendant la période islamique à partir du VIIe siècle, les chrétiens de la région sont soumis au régime de la dhimma, statut juridique des gens du Livre en échange d'une capitation. C'est pour cette raison que certains d'autres eux préfèreront se convertir à l'islam.

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Au Liban[modifier | modifier le code]

Les membres de l'Église maronite sont tous originaire du Mont-Liban. Ils forment une communauté de rite syriaque, rattachée à Rome. Mêlés aux croisés à partir du XIIe siècle, ils jouissent de relations privilégiées avec l'Occident et notamment la France. Toujours aujourd'hui, une grande partie de la communauté demeure également francophone. Les maronites revendiquent également un héritage phénicien et mardaïte.

Le pays compte également de nombreux chrétiens de rite et de tradition religieuse grec. Ce sont les Melkite, grecs-orthodoxes ou catholiques, originaires des villes de la côte. Le terme Melkite, signifie littéralement en araméen « royalistes », ou partisans de l'empereur byzantin. C'est pour cette raison que cette communauté sera très longtemps regardée avec suspicion par les Arabes.

Pays refuge pour les chrétiens orientaux, le Liban est un véritable conservatoire du christianisme oriental. En effet toutes les communautés citées ci-dessus y sont représentées. Le pays des Cèdres regroupe également depuis le milieu du XVIIIe siècle des communautés arméniennes, catholiques et orthodoxes. Mais dans des proportions bien plus importantes depuis le génocide arménien de 1915.

Églises présentes au Liban Année 1932 Année 2008
Église maronite 226 378 fidèles 905 512 fidèles
Église orthodoxe d'Antioche (Grecs orthodoxes) 76 522 fidèles 306 088 fidèles
Église grecque-catholique melkite (Catholiques de rite grec) 46 000 fidèles 184 000 fidèles
Église apostolique arménienne (Église des Trois Conciles) 30 000 fidèles 120 000 fidèles
Église arménienne catholique (Catholiques de rite arménien) 9 000 fidèles 36 000 fidèles
Église catholique syriaque (Catholiques de rite syriaque) 7 000 fidèles 28 000 fidèles
Protestants (toutes dénominations confondues) 3 000 fidèles 12 000 fidèles
Église syriaque orthodoxe (Église des Trois Conciles) 2 000 fidèles 8 000 fidèles
Église latine (Catholiques de rite romain) 1 000 fidèles 4 000 fidèles
Église catholique chaldéenne (catholiques de rite chaldéen) 1 000 fidèles 4 000 fidèles
Église apostolique assyrienne de l'Orient (Église des Deux Conciles) 463 fidèles 2 000 fidèles
Total des Chrétiens 402 463 fidèles 1 609 000 fidèles
dont total des Catholiques 290 378 fidèles 1 161 512 fidèles

Les chiffres de 2008 sont à prendre avec précaution. En effet le dernier recensement exact remonte à 1932. On estime cependant traditionnellement que les chrétiens représentent environ 40 % de la population du pays.

En Syrie[modifier | modifier le code]

Les chrétiens de Syrie représentaient environ 15 % de la population du pays au début du XXe siècle (soit de l'ordre de 3 millions de personnes). Ils étaient 10 % de la population avant le début du conflit en 2011. Il s'agit d'une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde.

Plusieurs Églises se partagent le territoire syrien, notamment l'Église syriaque, catholique ou orthodoxe. Appelée Syriani en arabe, et Suryoyo en syriaque, elle se considère comme l'Église mère de toutes les Églises du "Levant" (Irak, Syrie, Liban, Palestine, Jordanie): elle fut fondée en 37 après Jésus-Christ à Antioche par saint Paul, au cours de son voyage vers Rome. L'église est une petite grotte ornée d'un poisson et de l'alpha et l'oméga située au centre d'Antioche.

En 451, le concile de Chalcédoine divise l'Église syriaque entre l'Église orientale orthodoxe (Église Roum) (pour la théologie, voir Églises des sept conciles), et l’Église syriaque syrienne orthodoxe (pour la théologie, voir Églises des trois conciles). Une partie des fidèles se rattache à Rome en 1662, puis en 1783, par la conversion au catholicisme du patriarche Michel Jarweh.

Cette Église a eu très tôt de bons rapports avec les Arabes, mais conserve cependant jusqu'à nos jours son identité propre.

La Syrie compte également de nombreux Melkite, grecs-catholiques, ou grecs-ortodoxes, ainsi qu'une minorité maronite.

En Irak[modifier | modifier le code]

Les chrétiens d'Irak sont l'une des plus ancienne communauté chrétienne du monde. Ceux-ci étaient encore au nombre de 636 000 environ en 2005. Soit 2 % de la population du pays. Ils étaient deux fois plus nombreux, soit un million, en 1980 ; leur survie n'est pas actuellement assurée. Leur nombre a constamment diminué depuis l'invasion américaine de 2003, à cause des exactions islamistes, et ils sont aujourd'hui en voie de disparition dans une quasi-indifférence générale, surtout depuis l'installation de l'État islamique en Mésopotamie, après 2014.

Ses membres font principalement partie des Eglises Assyro-chaldéennes.

Église Année 2000
Église catholique chaldéenne 600 000 fidèles
Nestoriens (Assyriens) 150 000 fidèles
Église catholique syriaque 47 000 fidèles
Église syriaque orthodoxe 40 000 fidèles
Église latine 6 000 fidèles
Église arménienne catholique 5 000 fidèles
Église apostolique arménienne (Arméniens orthodoxes) 4 000 fidèles
Église orthodoxe d'Antioche (Grecs orthodoxes) 3 000 fidèles
Église grecque-catholique melkite 3 000 fidèles
Église maronite 1 000 fidèles
Protestants 1 000 fidèles
Total des Chrétiens 860 000 fidèles

En Égypte[modifier | modifier le code]

Les chrétiens d'Égypte regroupent environ 11 % de la population. C'est le pays du Proche-Orient où la communauté chrétienne est la plus importante numériquement. Et la seconde en terme de pourcentage, derrière le Liban. Les Coptes, très majoritaires parmi les chrétiens, sont descendants des égyptiens antiques. Quel que soit le degré de pratique religieuse, il existe une véritable conscience communautaire d'être Copte. Locuteur de leur propre langage jusqu'à la fin du Moyen-Âge, ils sont désormais arabophones.

Le pays accueille également une importante communauté de chrétiens levantins, pour la plupart Melkite, mais également des orthodoxes d'origine grec, ainsi qu'une communauté arménienne marginale.

Église présentes en Egypte Année 2000
Église copte orthodoxe 6 500 000 fidèles
Église orthodoxe d'Alexandrie 350 000 fidèles
Église catholique copte 210 000 fidèles
Protestants 200 000 fidèles
Église grecque-catholique melkite 10 000 fidèles
Église apostolique arménienne (Arméniens orthodoxes) 7 000 fidèles
Église catholique syriaque 5 000 fidèles
Église maronite 5 000 fidèles
Église latine 2 000 fidèles
Église arménienne catholique 1 500 fidèles
Église syriaque orthodoxe 1 100 fidèles
Total des Chrétiens 7 300 000 fidèles

Personnalités chrétiennes originaires des pays arabes[modifier | modifier le code]

Dans le monde arabe[modifier | modifier le code]

En diaspora[modifier | modifier le code]

En diaspora, les affiliations aux diverses dénominations chrétiennes n'ont pas toujours été conservées, en particulier en Amérique latine où beaucoup ont rejoint l'Église catholique romaine. L'affiliation familiale originelle n'est pas toujours mentionnée dans les biographies, seulement l'actuelle affiliation à l'Église catholique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f middleeast.about.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Samir Kh. Samir, Rôle culturel des chrétiens dans le monde arabe, CEDRAC, Beyrouth, 2003
  • Bernard Heyberger, Chrétiens du monde arabe : un archipel en terre d'Islam, Autrement (col. Mémoires), Paris, 2003, (ISBN 2-7467-0390-4)
  • J. Spencer Trimingham, Christianity among the Arabs in pre-Islamic times, Longman, Londres, 1979
  • Mohamed Arbi Nsiri, « L'archipel chrétien du monde arabe : des îlots sous la croix », Al Huffington Post, 14 juin 2015
  • Antoine Fleyfel, Géopolitique des chrétiens d'Orient : défis et avenir des chrétiens arabes, Paris : l'Harmattan, 2013.
  • Gérard Troupeau, Études sur le christianisme arabe au Moyen Âge, Aldershot ; Brookfield (Vt.), Variorum, 1995.
  • Jean Corbon, L'Église des Arabes, préface par Gabriel Hachem, Paris, Éd. du Cerf, 2007 ; voir la présentation qui commence par "Il y a des Arabes chrétiens..." : https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/6850/l-eglise-des-arabes.
  • Samir Khalil, Bibliographie du dialogue islamo-chrétien : Auteurs arabes chrétiens (XIe-XIIe siècles), extrait de Islamochistiana, 2, 1976.
  • Alfred Havenith, Les Arabes chrétiens nomades au temps de Mohammed, Louvain-la-Neuve : Centre d'histoire des religions, 1988.
  • Louis Cheikho (S. J., Le P.), Les vizirs et secrétaires arabes chrétiens en Islam, réédité aux éd Pontificio Istituto orientale, Rome, 1987.
  • Būlus al-Hūrī (1921-....), Textes des théologiens arabes chrétiens du VIIIe au XIIe siècle sur le verbe incarné T. 1. textes recueillis, classés et trad. par Paul Khoury, Altenberge : Oros Verlag, 2000.
  • Kenneth Cragg (en), The Arab Christians (en) : a history in the Middle East, Lousville (Ky.), Westminster/John Knox press, 1991.

Liens externes[modifier | modifier le code]