Hasdaï Crescas

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Hasdaï Crescas (hébreu : חסדאי קרשקש) est un éminent philosophe et légaliste séfarade du XIVe siècle (Barcelone, env. 1340 - 1410 ou 1411).

Biographie[modifier | modifier le code]

Hasdaï ben Abraham ben Hasdaï ben Juda ben Hasdaï Crescas nait à Barcelone au sein d'une lignée de savants. Il étudie sous la tutelle de Nissim Gerondi, dit le RaN, aux côtés d’Isaac ben Chechet (le Ribash), et formera de grands savants, parmi lesquels Joseph Albo, le Rav Mattathias de Saragosse, et le Rav Zerahia ha-Lévi Saladin.
Il sera également avidement lu par Baruch Spinoza, qui s'en servira pour réfuter l'union de la philosophie et de la religion que propose Maïmonide.

Comme son maître, Hasdaï Crescas fut en effet un grand talmudiste et philosophe. Il eut également son mot à dire en matière de Loi juive, bien qu’il n’ait pas occupé un poste officiel de rabbin.

Il jouissait également d’une certaine richesse matérielle et de l’estime des puissants : ainsi, en 1393, il est nommé exécuteur testamentaire exclusif de son oncle, Vitalis Azday par le roi d’Aragon. Néanmoins, il avait aussi connu, comme tous les Juifs, son lot de souffrances et misères : en 1378, il fut emprisonné sur base d’une fausse accusation, et calomnié à de nombreuses reprises du simple fait d’être Juif.
En 1391, son fils unique mourut en martyr pour sa foi, au cours des persécutions antisémites de son époque.

Pourtant, ces épreuves n’entamèrent ni ses facultés, ni sa foi, puisqu’il ne rédigea ses plus grandes œuvres qu’après cette période.
Un autre épisode marquant de sa vie fut sa rencontre avec le faux Messie de Cisneros, dont il fut brièvement partisan.
En 1401, il partit visiter Joseph Orabuena à la demande du roi de Navarre, dont les annales nous apprennent qu’il paya les dépenses de celui qu’on appelait “le Rav de Saragosse” lors de ses voyages dans diverses villes de Navarre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ses travaux halakhiques ne sont pas parvenus à nous, s’ils ont jamais existé sous forme organisée, nonobstant le commentaire sur le Mishné Torah.
En revanche, les travaux que nous connaissons ont autant marqué son époque qu’ils ont influencé la nôtre :

  • Or Hashem, la Lumière de l’Éternel est l'une des tentatives les plus abouties pour questionner la dogmatique du Judaïsme, à travers notamment des réflexions sur le nature de la foi et les croyances cardinales de la Bible et du Talmud. Décider des doctrines judaïques conduit Crescas à sillonner les mondes de l'Aristotélisme médiéval, des commentateurs juifs et arabes, des décisionnaires rabbiniques, du Talmud et du Midrach, et enfin des hérétiques juifs. Initialement conçue pour critiquer Maïmonide (et ceux parmi les penseurs juifs qui acceptaient sa vision du monde tout en rejetant ceux de ses éléments estimés contraires à la tradition), cette œuvre devint précurseur de la révolution scientifique du XVIe siècle. Une importante étude de cette œuvre a été réalisée par Harry Austryn Wolfson (“Crescas’ Critique of Aristotle” Cambridge, Harvard University Press, 1929). De plus, vient de paraître la première traduction française (traduite, annotée et critiquée) par E. Smilevitch: "La Lumière de l’Éternel" Hasdaï Crescas, Hermann, Ruben Editions, 2010.
  • Réfutation des Principes Chrétiens, rédigée en espagnol en 1398 à la demande de grands d’Espagne, dont nous ne connaissons que la traduction de Joseph ibn Shem Tov. Bien que l’ouvrage ait été rédigé à des fins indéniablement polémiques, l’œuvre glisse rapidement vers l’apologétique, le but de Crescas étant en vérité d’exposer les raisons pour lesquelles les Juifs sont si fidèles à leur foi ancestrale.
  • Le sermon pascal, où il parla de philosophie religieuse, mais aussi de Halakha.
  • Lettre à la congrégation d’Avignon, publié en appendice de l’édition de Wiener de “Shevet Yehuda”, dans laquelle il relate les évènements survenus au cours des persécutions de 1391.

Bibliographie[modifier | modifier le code]