Hémostase

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Ne doit pas être confondu avec homéostasie.


L'hémostase est l'équilibre permettant au sang de se maintenir dans les vaisseaux sanguins dans un état fluide. C'est un mécanisme physiologique qui permet d'éviter l'hémorragie, en cas de brèche vasculaire, tout en localisant la formation du caillot sanguin sur son site actif ( la brèche vasculaire). L'apparition d'une brèche vasculaire amène le déclenchement de la cascade de coagulation, ce qui entraîne la formation d'un caillot sanguin par l'apparition de facteurs pro-coagulants. Des mécanismes de régulations se déclenchent ensuite permettant d'éviter que l'état thrombotique (formation de caillots sanguins) se généralise à toute la circulation (apparition de facteurs anticoagulants). En fin de processus thrombotique le caillot sanguin est dissout dans le processus de fibrinolyse par l'activation de facteurs spécifiques apparaissant dés le début de la thrombose. L'apparition de l'état de thrombose ou de circulation fluide du sang dépend donc de la concentration de ces différents facteurs à chaque étape de l'hémostase[1].

Très schématiquement, l'hémostase comporte trois temps :

  1. un temps pariétal ;
  2. un temps plasmatiques (la coagulation proprement dite) ;
  3. un temps thrombo-dynamique (phénomène de post-coagulation)


Balance Hémostatique[modifier | modifier le code]

L'hémostase se présente comme un équilibre où différents acteurs permettent soit la coagulation soit la détérioration du caillot et donc le retour à une circulation sanguine normale à l'endroit de la brèche. Cela peut être figuré comme une balance penchant en faveur de la coagulation ou de la neutralisation de celle-ci, selon la qualité et la concentration des facteurs intervenants.

Balance de l'hémostase: Entre déclenchement du processus de coagulation et neutralisation de celui-ci par la fibrinolyse, selon les acteurs intervenants et leur concentration.


Physiologie[modifier | modifier le code]

Lorsqu'un vaisseau sanguin est blessé, diverses étapes se mettent en place.

  • La vasoconstriction[2] est une réponse immédiate à la lésion d'un vaisseau. Cela correspond à la "constriction" (contraction) du vaisseau sanguin, le spasme vasculaire diminue le diamètre du vaisseau et ralentit le saignement. La vasoconstriction dure 15 à 60 secondes et a pour effet de ralentir la circulation sanguine au niveau du vaisseau déchiré et de permettre aux réactions suivantes d'être pleinement efficaces.
  • L'hémostase primaire se produit : les plaquettes se lient au collagène des parois vasculaires exposées pour former un amas, le clou plaquettaire de Hayem (Georges Hayem) ; l'agrégation plaquettaire provoque l'adhésion des plaquettes entre elles.
  • L'hémostase secondaire ou coagulation se produit. La phase préparatoire de la coagulation est déclenchée par le contact d'une protéine plasmatique, le facteur XII ou facteur Hageman[3] avec les tissus. La coagulation implique une cascade complexe de facteurs de coagulation, ce qui abouti à la transformation du fibrinogène, une protéine du sang, en fibrine polymérisée, ce qui crée un caillot. Ce processus dure 3 à 6 minutes après rupture du vaisseau.
  • Le caillot attire et stimule la croissance de fibroblastes et de cellules de muscle lisse au sein de la paroi vasculaire, et entame le processus de réparation qui résultera finalement en la dissolution du caillot (fibrinolyse).

Hémostase médicale[modifier | modifier le code]

L'hémostase est étudié depuis de nombreuses années. L'observation de coupe de tissus a permis au début du XXème d' avoir une première compréhension des acteurs biologiques intervenants dans le processus de sa réalisation[4] physiologique.

Ainsi, est également appelé hémostase l'acte médical qui consiste à empêcher un saignement lors d'une plaie ou de la chirurgie, par l'utilisation de matériel dédié. Ce matériel peut être une pince (clamp (en)) posée sur un vaisseau pour en interrompre le flux sanguin (clampage). Pour les vaisseaux fins ou quand on ne veut pas abîmer les parois, on peut soit protéger les mors de la pince par des embouts plastiques (certaines pinces sont directement conçues pour être atraumatiques) ou utiliser des lacs chirurgicaux, sortes de petits élastiques passés de part et d'autre du vaisseau et tirés par une pince pour le couder.

L'hémostase peut être faite de manière définitive en pratiquant la ligature d'un vaisseau qui consiste à réaliser un nœud avec un fil chirurgical sur le vaisseau ou en appliquant un clip métallique. En neurochirurgie pour arrêter le saignement de la tranche de section de l'os du crâne et en chirurgie cardiaque pour arrêter le saignement de la tranche de section sternale on applique de la cire de Horsley. Dans la plupart des chirurgies, l'hémostase est réalisée en brûlant au bistouri électrique ou à la pince bipolaire le vaisseau qui saigne, ceci notamment pour les vaisseaux du tissu sous-cutané.

Par des procédés radiologiques on peut aussi boucher un vaisseau sanguin depuis l'intérieur du vaisseau par embolisation. Le traitement des anévrismes intracrâniens fait appel à des coils, petits ressorts métalliques qui obstruent la déformation du vaisseau.

À ces mesures chirurgicales, s'ajoutent des mesures de réanimation quand l'hémostase physiologique du patient devient pathologique (diminution des facteurs de coagulation, des plaquettes) via des transfusions de produits dérivés du sang ayant pour but de relever la coagulation.

On peut à juste titre concéder à Eugène Koeberlé la paternité de ces techniques puisqu'il a, dès 1862, perfectionné une panoplie d'instruments dont sa fameuse pince hémostatique à cliquet.

Troubles de l'hémostase[modifier | modifier le code]

Les causes de la thrombose ont été décrites en premier par Rudolf Virchow en 1858 qui propose le terme de triade de Virchow pour expliquer les 3 facteurs menant à la thrombose à savoir:

  1. la lésion endothéliale
  2. l'anomalie du flux sanguin
  3. un état d'hypercoagulabilité.

Troubles de l'hémostase primaire[modifier | modifier le code]

Troubles de l'hémostase secondaire[modifier | modifier le code]

Pathologie des inhibiteurs de la coagulation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : hypercoagulabilité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Hémostase », sur Vulgaris Médical (consulté le 15 juin 2019)
  2. Encyclopædia Universalis, « VASOCONSTRICTION », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 5 juillet 2019)
  3. « Hageman (facteur) - Définition du mot Hageman (facteur) », sur Doctissimo (consulté le 5 juillet 2019)
  4. (en) Frantz VK, « Hemostasis With Absorbable Gauze (Oxidized Cellulose) », ANNALS OF SURGERY - A Monthly Review Of Surgical Science since 1985,‎ 1944-aug, p. 181-198 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]