Anticoagulant oral direct

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les anticoagulants oraux directs (AOD, antérieurement appelés nouveaux anticoagulant oraux ou NACO[1]) sont des médicaments anticoagulants pris par voie orale.

Classification[modifier | modifier le code]

Les anticoagulants oraux comprennent deux classes :

  • les inhibiteurs de la thrombine (affixe de la DCI : « gatran ») ;
  • les inhibiteurs du facteur Xa (affixe de la DCI : « xaban »).

Inhibiteurs de la thrombine[modifier | modifier le code]

La première molécule commercialisé est le dabigatran sous le nom de spécialité de Pradaxa par le laboratoire Boehringer Ingelheim. Cette spécialité bénéficie d'une AMM européenne [2]. Cette spécialité a donné lieu a un dépôt de 4 plaintes auprès du parquet de Paris pour "homicide involontaire" à la suite de décès imputé à l'administration de ce médicament[3].

Il existe une autre molécule commercialisée en France de la même famille qui est argatroban dont le nom de spécialité est Arganova, mais elle ne peut être administré que par voie injectable.

Le ximelagatran a été commercialisé en France par AstraZeneca. La spécialité a été retiré du marché à cause d'une toxicité hépatique apparue au cours de la commercialisation[4].


Inhibiteurs du facteur Xa[modifier | modifier le code]

La première molécule commercialisée en France dans cette nouvelle famille est le Rivaroxaban sous le nom de spécialité de Xarelto par les laboratoires pharmaceutique Bayer Santé filiale de Bayer Pharma AG[5]. Trois dosages sont disponibles, 10, 15 et 20 mg. Cette spécialité bénéficie d'une AMM européenne centralisée[6].

Le deuxième molécule est l'apixaban vendu en France sous le nom de spécialité de Eliquis par Bristol Myers Squibb[7].Cette spécialité bénéficie d'une AMM européenne accordé simultanément à deux laboratoires : Bristol Myers Squibb et Pfizer EEIG[8]. Il n'y a qu'un seul dosage à 2,5 mg.

D'autres molécules de la même classe sont en cours de développement : bétrixaban et édoxaban

Indications[modifier | modifier le code]

Les anticoagulants oraux directs sont tous efficaces dans la prévention de la maladie thromboembolique après chirurgie orthopédique.

En traitement curatif d'une phlébite constituée, le rivaroxaban[9] et l'apixaban[10] ont été testés avec succès. Pour l'embolie pulmonaire, seule le rivaroxaban a été testée et peut-être utilisée dans cette indication[11]. Le recul des études n'excède cependant pas un an[12].

En cas de fibrillation auriculaire non valvulaire, les trois molécules se sont révélés au moins aussi efficace que les AVK, avec un risque hémorragique équivalent ou inférieur. S'il existe une valvulopathie mitrale (insuffisance ou rétrécissement), l'emploi de ces molécules n'est pas recommandé car non testées dans ces indications. En cas de cardioversion programmée, seule le dabigatran a été testée[13].

La présence d'une valve artificielle mécanique ne constitue pas une indication à ces molécules. Seul le dabigatran a été testé avec des résultats inférieurs à ceux des AVK[14].

Comparaison[modifier | modifier le code]

Entre eux[modifier | modifier le code]

Il n' existe pas d'études comparant directement deux ou plusieurs anticoagulants oraux directs.

Le dabigatran et l'apixaban se donnent en deux prises quotidiennes, le rivaroxaban en une seule prise.

L'apixaban a une élimination hépatique et rénale et peut donc être donné en cas d'insuffisance rénale jusqu'à une clairance de la créatinine inférieure à 15 ml/min ce qui n'est pas le cas du dabigatran ou du rivaroxaban, contre indiqués en cas de clairance inférieure à 30 ml/min.

Avec les antivitamines K[modifier | modifier le code]

Les anticoagulants oraux directs ont l'avantage théorique, par rapport aux antivitamines K de ne pas requérir de contrôle sanguin régulier, d'avoir peu d'interactions médicamenteuses, d'avoir un délai d'action court et une durée d'action de même[15] et de ne pas nécessiter de régime alimentaire.

Ils ont l'inconvénient, du moins actuel, de ne pas disposer d'antagonistes en cas de complications hémorragiques graves, d'être « nouveaux » avec un recul faible sur les effets à long terme, de ne pas disposer de dosage biologique attestant une prise correcte et d'être sensiblement plus coûteux. De plus les indications de ces deux classes ne se recouvrent pas totalement, de même que les contre-indications, les anticoagulants oraux directs ne pouvant être donné en cas d'insuffisance rénale ou de valve cardiaque mécanique, contrairement aux antivitamines K.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Bouvenot, Jean-Paul Bounhoure, Jean-Louis Montastruc, André Vacheron au nom de la Commission II de l'Académie Nationale de Médecine, [PDF] Rapport sur les anticoagulants oraux directs (AOD) (antérieurement appelés « nouveaux anticoagulants oraux » ou NACO), 2014
  2. EU/1/08/442/010 en date du 18/03/2008 http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/EPAR_-_Product_Information/human/000829/WC500041059.pdf
  3. Le Monde daté du 12 octobre 2013
  4. Squizzato, A; Dentali F., Steidi L., Ageno W. (2009). "New direct thrombin inhibitors". Intern Emerg Med. 4 (6): 479–484. doi:10.1007/s11739-009-0314-8. PubMed
  5. http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/EPAR_-_Product_Information/human/000944/WC500057108.pdf
  6. EU/1/08/472/017 en date du 09/12/2011
  7. http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/EPAR_-_Product_Information/human/002148/WC500107728.pdf
  8. EU/1/11/691/001 en date du 18/05/2011
  9. The EINSTEIN Investigators. Oral rivaroxaban for symptomatic venous thromboembolism, N Engl J Med, 2010;363:2499-2510
  10. Agnelli G, Buller HR, Cohen A et al. Oral apixaban for the treatment of acute venous thromboembolism, N Engl J Med, 2013;369:799-808
  11. The EINSTEIN–PE Investigators, Oral Rivaroxaban for the Treatment of Symptomatic Pulmonary Embolism, N Engl J Med, 2012;366:1287-1297
  12. Fontana P, Goldhaber SZ, Bounameaux H, Direct oral anticoagulants in the treatment and long-term prevention of venous thrombo-embolism, Eur Heart J, 2014;35:1836-1843
  13. (en)Nagarakanti R, Ezekowitz MD, Oldgren J et al. Dabigatran versus warfarin in patients with atrial fibrillation: An analysis of patients undergoing cardioversion, Circulation, 2011;123:131-136
  14. Eikelboom JW, Connolly SJ, Brueckmann M et al. Dabigatran versus warfarin in patients with mechanical heart valves, N Engl J Med, 2013;369:1206-1214
  15. Schulman S, Advantages and limitations of the new anticoagulants, J Intern Med, 2013;30. doi: 10.1111/joim.12138