Plasma sanguin
Le plasma sanguin est le composant liquide du sang, dans lequel les cellules sanguines sont en suspension. Il constitue 55 % du volume total du sang.
Il sert à transporter les cellules sanguines et les hormones à travers le corps. Généralement, on retrouve environ 2 750 à 3 300 ml de plasma dans le corps d'un adulte.
L'extraction du plasma sanguin est effectuée par simple centrifugation ; le liquide jaunâtre que l'on observe après cette opération est le plasma sanguin.
Historique
[modifier | modifier le code]La première utilisation du plasma sanguin a été faite pendant la Seconde Guerre mondiale. Le programme du Blood for Britain supervisé par le docteur Charles R. Drew a été un succès dès les années 1940 et s'est poursuivi par une collecte dans les hôpitaux de New York pour exporter le plasma vers l'Angleterre. Le docteur Drew a transformé des expérimentations, notamment sur lui-même, en des techniques de production de masse du « plasma sec » qui ont équipé l'armée américaine.
À la suite de cette invention, le docteur Drew fut nommé directeur de la Croix-Rouge ; il s'opposa à la directive des forces armées américaines qui séparait le sang/plasma en fonction de la race du donneur en argumentant qu'il n'existait pas de différence raciale mais uniquement des groupes sanguins[1].
Constitution
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Composé à 91 % d'eau, le plasma sanguin contient une grande variété de solutés. Parmi ces solutés, on trouve :
- les solutés minéraux : oligo-éléments et ions dissous. La concentration totale des ions est un facteur important dans le maintien de l'équilibre osmotique du sang. Certains ions ont également un effet tampon qui contribue avec les protéines plasmatiques à maintenir le pH du sang artériel entre 7,35 et 7,45 chez les humains. Les ions sont indispensables à l'excitabilité des membranes des cellules et à l'activité de beaucoup d'enzymes ;
- les gaz respiratoires (O2, CO2) ;
- les solutés organiques, parmi lesquels on distingue deux grandes catégories :
- les substances en transit : les nutriments (lipides, glucides, acides aminés), les déchets métaboliques (urée, acide urique, bilirubine) et les hormones ;
- les protéines plasmatiques (60 à 80 g/L) : ensemble, elles ont un effet tampon qui contribue à maintenir le pH, à équilibrer la pression osmotique (oncotique) et à conférer au sang sa viscosité.
Les divers types de protéines plasmatiques possèdent également des fonctions spécifiques.
Les éléments figurés du sang (hématies, leucocytes et plaquettes) sont à distinguer du plasma.
Protéines plasmatiques
[modifier | modifier le code]Le plasma contiendrait 300 protéines.
Les protéines les plus représentées en proportion sont les suivantes :
- Albumine : > 50 %
- Immunoglobulines (anticorps) : 20 % (essentiellement des IgG)
- Fibrinogène : 5 %
- Alpha 1-antitrypsine : 4 %
- Alpha-2 macroglobuline : 4 %
- Transferrine : 3 %
- Lipoprotéines (HDL et LDL) : 8 %
Cependant même des protéines faiblement représentées en quantité peuvent avoir des fonctions essentielles pour l'organisme, comme celui de la coagulation ou de l'immunité.
Plus d'une vingtaine de protéines d'intérêt thérapeutique sont extraites du plasma sanguin des donneurs, en France, principalement par le Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies (Arras, Lille, Les Ullis) par précipitation et chromatographie.
Marché du plasma
[modifier | modifier le code]Le don de plasma est un acte solidaire, une alternative au don de sang. Lors d'un tel don le sang est centrifugé, le plasma collecté dans une poche et les autres éléments sanguins retournés au donneur.
En France, le don de plasma est placé sous la responsabilité de l'Établissement français du sang.
Aux États-Unis, le plasma fait l'objet de transactions financières. Le cas du millionnaire Bryan Johnson a attiré l’attention médiatique sur des pratiques expérimentales de transfusion de plasma à visée de "rajeunissement biologique". Dans le cadre d’une démarche présentée comme expérimentale, il a déclaré avoir reçu régulièrement du plasma provenant de son fils âgé de 17–18 ans, avant de transfuser ensuite son propre plasma à son père[2]. Cette médiatisation s’inscrit dans un contexte plus large de commercialisation du plasma de donneurs jeunes aux États-Unis, où plusieurs centaines de cliniques proposaient déjà ce type de services au milieu des années 2000. Si certaines techniques utilisant le plasma autologue, comme les injections de plasma riche en plaquettes, sont reconnues et encadrées dans des usages médicaux précis, notamment pour favoriser la cicatrisation de lésions articulaires[3], la marchandisation du plasma soulève des enjeux éthiques majeurs. Aux États-Unis, environ 20 millions de personnes vendent leur plasma chaque année, pour une rémunération moyenne d’environ 40 dollars par don, tandis que les cliniques de transfusions commerciales les revendent jusqu’à 1 200 dollars la transfusion, ce qui interroge les mécanismes d’exploitation économique et les inégalités structurelles qui sous-tendent ce marché du corps humain[4],[5].
Sources
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) The Plasma Program
- ↑ Victoria Hidoussi, « des vampires », sur madame lefigaro, (consulté en )
- ↑ (en) Xingzhen Lin, Fang Zhi, Qin Lan, Weixiong Deng, Xinju Hou, Qing Wan, « Comparing the efficacy of different intra-articular injections for knee osteoarthritis: A network analysis », sur pubmed, (consulté en )
- ↑ « du sang contre de l'argent », sur courrier international, (consulté en )
- ↑ « la vente de plasma, nouvelle forme de marchandisation du corps », sur LVSL, (consulté en )
Liens externes
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- Ressources relatives à la santé :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :