Gyp

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Sibylle Gabrielle Riquetti de Mirabeau
Gyp 1849-1932.JPG

Portrait de Gyp en 1891 par Nadar.

Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Sibylle Marie-Antoinette Gabrielle Riquetti de MirabeauVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
La dernière des MirabeauVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Mère
Enfant
Œuvres réputées

Sybille Riquetti de Mirabeau, à la ville comtesse Roger de Martel de Janville, née au château de Coëtsal le et morte le à Neuilly-sur-Seine, est une salonnière, qui s'illustra comme dramaturge et romancière française sous le pseudonyme de "Gyp".

Biographie[modifier | modifier le code]

Arrière-petite-nièce de Mirabeau, Sibylle Marie-Antoinette Gabrielle Riquetti de Mirabeau est la dernière des Riquetti de Mirabeau. Elle a pour parrain son grand-oncle Adolphe Fourier de Bacourt.

La petite fille grandit dans le reproche permanent de ne pas avoir été un garçon qui aurait pu continuer cette illustre lignée. Alors qu'elle est encore enfant, ses parents se séparent et elle suit sa mère, née Marie Le Harivel de Gonneville, qui s'installe à Nancy chez ses parents dans l'immeuble familial, place de la Carrière. Sa mère écrit pour Le Figaro. Son grand-père, légitimiste malgré ses brillants faits d'armes sous l'Empire, ancien officier de la Grande Armée, se charge de l'essentiel de son éducation. Elle apprend l'escrime, l'équitation, la danse classique. Son père, lui-même légitimiste, la conduit à Frohsdorf, auprès du comte de Chambord.

Portrait en pied de Gyp par Nadar.

À la mort de son père, en 1860, elle s'éloigne de sa mère, qui se livre aux mondanités et à la littérature, publiant dans divers périodiques sous plusieurs pseudonymes.

Elle épouse à Nancy, le — jour anniversaire du couronnement de Napoléon — le comte Roger de Martel de Janville, dont elle aura trois enfants. Le jeune ménage s'installe à Paris, où Gabrielle pose pour Jean-Baptiste Carpeaux, puis à Nancy. Lors de la guerre de 1870, Roger de Martel est au Havre et se lie d'amitié avec Félix Faure, le futur président de la République. En 1879, les Martel s'installent définitivement à Neuilly-sur-Seine, à l'angle de la rue de Chézy et du boulevard Bineau.

La comtesse de Martel commence par publier quelques textes dans la Vie parisienne en février , puis dans la Revue des deux Mondes. À partir de , elle commence à publier en volume, sous le pseudonyme de Gyp, écrivant toutes les nuits, au total plus de 120 ouvrages dont beaucoup connaîtront le succès : Petit Bob, type de l’enfant terrible (), les Chasseurs, Un trio turbulent, Autour du mariage (), Ce que femme veut (1883), Sans voiles (), Autour du divorce (), Dans le train (1886), Mademoiselle Loulou (), Bob au salon (), l’Éducation d’un prince (), Passionette (), Oh ! la grande vie (), Une Élection à Tigre-sur-mer (), basé sur l’expérience de Gyp au soutien d’un candidat boulangiste, Mariage civil (), Ces bons docteurs (1892) De haut en bas (), le Mariage de Chiffon, popularisé par le cinéma (), leurs âmes (), le Cœur d’Ariane (1895), le Bonheur de Ginette (), Totote (), lune de miel (), Israël (), l’Entrevue (), le Pays des champs (), Trop de chic (1900), le Friquet (), la Fée (), Un Mariage chic (), Un Ménage dernier cri (1903), Maman (), le Cœur de Pierrette (), les Flanchards (), Souvenirs d’une petite fille (-), etc.

Cette production, abondante et aujourd’hui complètement oubliée[1], montre un sens certain du dialogue, un esprit mordant, de l’humour, une grande capacité d’observation. Gyp se moque avec bonheur de la bonne société dont elle fait partie. Elle a créé des personnages qui demeurent des archétypes : l’enfant gâté, l’écolière précoce, la jeune épouse, etc.

Violemment antisémite[2], collaboratrice de La Libre Parole de 1899 à 1901[3], Gyp voit dans les juifs les destructeurs d’une organisation rêvée et imagine qu’avec « l’anéantissement de la puissance juive, reviendront toutes les gloires, toutes les grandeurs, toutes les beautés disparues de la France[4] ». Nombre de ses romans sont marqués de cet « antisémitisme notoire fréquent à l’époque dans la bonne société[5] » et d’un esprit trop patriote pour aujourd’hui.

Bien que proche amie d’Anatole France[6], la comtesse de Martel fut boulangiste, antidreyfusarde et passionnément nationaliste, comme la majorité de ses concitoyens depuis la perte de l’Alsace-Lorraine. Ce nationalisme l’entraina à publier, dans la revue La Patrie illustrée, une série de caricatures hostiles aux juifs. Elle avait, en outre, publié dans La Vie parisienne, de mars 1897 à mai 1898, le journal fictif de Ludovic Trarieux, l’ancien garde des sceaux fondateur de la Ligue des droits de l'homme et l’instigateur de la révision du procès du capitaine Alfred Dreyfus en le présentant comme un renégat converti au protestantisme en vue de faire un mariage avantageux[7]. En 1902, à l’apogée de son engagement politique, Gyp rejoint La Tribune française de Jules Guérin, journal qui se décrit ouvertement comme « anti-juif et nationaliste ».

Une tentative de porter Autour du mariage à la scène échoua. Mademoiselle Ève (), rencontra davantage de succès, mais Gyp n’était pas faite pour être auteur dramatique. De fait, ses romans manquent d’action et d’intrigue.

La dernière des Mirabeau recevait tous les dimanches à partir de midi jusqu'au dîner chez elle à Neuilly. Elle fit de son salon un lieu très couru de la vie parisienne. On pouvait y croiser de nombreuses personnalités de la vie mondaine et artistique de l'époque : Robert de Montesquiou, Marcel Proust, Edgar Degas, Maurice Barrès, Anatole France, Paul Valéry, Alphonse Daudet, Jean-Louis Forain, Auguste Vimar, Lucien Corpechot ou Edgar Demange.

Elle fut en butte à de perpétuels soucis d'argent, que son abondante production littéraire visait en partie à soulager. Malgré cela, elle racheta, en 1895, le château familial de Mirabeau, où elle fit faire d'importants travaux qui achevèrent de la ruiner. Obligée de le revendre, en 1907, Maurice Barrès s’en porta acquéreur.

Elle repose au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine. Elle était la mère du neurochirurgien Thierry de Martel, dirigeant de l’hôpital américain à Paris, qui s’est suicidé à l’entrée des Allemands dans la capitale, en juin 1940[8].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Vertu de la baronne, Calmann-Lévy, 1882.
  • Petit Bob, Calmann-Lévy, 1882.
  • Autour du mariage, Calmann-Lévy, 1883, comédie en cinq actes.
  • Ce que femme veut, Calmann-Lévy, 1883.
  • Un homme délicat, Calmann-Lévy, 1884.
  • Le Monde à côté, Calmann-Lévy, 1884.
  • Plume et Poil, Calmann-Lévy, 1884.
  • Elle et Lui, Calmann-Lévy, 1885.
  • Sans voiles !, Calmann-Lévy, 1885.
  • Le Druide, roman parisien, Victor-Havard, 1885.
  • Le Plus heureux de tous, 1885.
  • Autour du divorce, Calmann-Lévy, 1886.
  • Dans l'train, Victor-Havard, 1886.
  • Joies conjugales, Calmann-Lévy, 1887.
  • Pour ne pas l'être ?, Calmann-Lévy, 1887.
  • Les Chasseurs, Calmann-Lévy, 1887.
  • Mademoiselle Loulou, Calmann-Lévy, 1888.
  • Petit Bleu, Calmann-Lévy, 1888.
  • Bob au salon, Calmann-Lévy, 1888.
  • Pauvres petites femmes, Calmann-Lévy, 1888.
  • Les Séducteurs, Calmann-Lévy, 1888.
  • Bob à l'exposition, Calmann-Lévy, 1889.
  • Ohé, les psychologues!, Calmann-Lévy, 1889.
  • Mademoiselle Ève, Calmann-Lévy, 1889.
  • Tout-à-l'égout !, Calmann-Lévy, 1889, petite revue en trois actes et un prologue représentée à Paris au Helder, le 10 janvier 1889.
  • Une élection à Tigre-sur-Mer, racontée par Bob, 1890.
  • L'Éducation d'un prince, Calmann-Lévy, 1890.
  • Ô province !, Calmann-Lévy, 1890.
  • Ohé, la grande vie !, Calmann-Lévy, 1891.
  • Un raté, Calmann-Lévy, 1891 (également publié sous forme de roman-feuilleton dans Le Figaro du 8 janvier 1891 au 10 février 1891).
  • Une passionnette, Calmann-Lévy, 1891.
  • Monsieur Fred, Calmann-Lévy, 1891.
  • Mariage civil, Calmann-Lévy, 1892.
  • Tante Joujou, Calmann-Lévy, 1892.
  • Monsieur le duc, Calmann-Lévy, 1892.
  • Madame la duchesse, Calmann-Lévy, 1893.
  • Pas jalouse, Calmann-Lévy, 1893.
  • Le Treizième, Calmann-Lévy, 1894.
  • Du haut en bas, Charpentier et Fasquelle, 1894.
  • Le Journal d'un philosophe, Charpentier et Fasquelle, 1894.
  • Le Mariage de Chiffon, Calmann-Lévy, 1894.
  • Professional Lover, Calmann-Lévy, 1894.
  • Le Cœur d'Ariane, Calmann-Lévy, 1895.
  • Ces bons Normands, Calmann-Lévy, 1895.
  • Leurs âmes, Calmann-Lévy, 1895.
  • Les Gens chics, Charpentier et Fasquelle, 1895.
  • Bijou, Calmann-Lévy, 1896.
  • Ohé, les dirigeants!, Léon Chailley, 1896.
  • Le Bonheur de Ginette, Calmann-Lévy, 1896.
  • Eux et elle, Calmann-Lévy, 1896.
  • Le Baron Sinaï, Charpentier et Fasquelle, 1897.
  • La Fée surprise, Calmann-Lévy, 1897.
  • En balade: images coloriées du petit Bob, Mongredien, 1897.
  • Joie d'amour, Calmann-Lévy, 1897.
  • Totote : roman inédit, agrémenté de photos de Paul Sescau, Librairie Nilsson, 1897.
  • Ces bons docteurs ! , Calmann-Lévy, 1898.
  • Israël, Flammarion, 1898.
  • Miquette, Calmann-Lévy, 1898.
  • Journal d'un grinchu, Flammarion, 1898.
  • Sportmanomanie, Calmann-Lévy, 1898.
  • Lune de miel, Calmann-Lévy, 1898.
  • Les Femmes du colonel, Flammarion, 1899.
  • Les Izolâtres, Juven, 1899.
  • Les Cayenne de Rio, Flammarion, 1899.
  • L'Entrevue, Librairie Nilsson, 1899.
  • Monsieur de Folleuil, Calmann-Lévy, 1899.
  • Balancez vos dames, Librairie Nilsson, 1900.
  • Trop de chic !, Calmann-Lévy, 1900.
  • Journal d'une qui s'en fiche, Juven, 1900.
  • Martinette, Librairie Nilsson, 1900.
  • Jacquette et Zouzou, Flammarion, 1901.
  • Friquet, Flammarion, 1901.
  • Un mariage chic, Flammarion, 1902.
  • La Fée, Librairie Nilsson, 1902.
  • L'Âge du mufle, Juven, 1902.
  • Les Amoureux, Juven, 1902.
  • Les Chapons, Juven, 1902.
  • Sœurette, Juven, 1902.
  • Les Chéris, Juven, 1903.
  • Les Petits amis, Juven, 1903.
  • Un ménage dernier cri, Flammarion, 1903.
  • Cloclo, Flammarion, 1904.
  • Pervenche, Juven, 1904.
  • Les Poires, Juven, 1904.
  • Les Froussards, Flammarion, 1904.
  • Maman, Librairie Nilsson, 1904.
  • Geneviève, Juven, 1905.
  • Le Cœur de Pierrette, Fayard, 1905.
  • Journal d'un casserolé, Juven, 1905.
  • Le Cricri, Juven, 1907.
  • L'Âge du toc, Flammarion, 1907.
  • La Bonne galette, Fayard, 1907.
  • Doudou, Librairie Nilsson, 1907.
  • La Paix des champs, Juven, 1908.
  • La Bassinoire, Flammarion, 1908.
  • La Chasse de Blanche, nouvelles, Flammarion, 1909.
  • Entre la poire et le fromage, Juven, 1909.
  • L’Amoureux de Line, Flammarion, 1910.
  • Les Petits joyeux, Calmann-Lévy, 1910.
  • Totote, Fayard, 1911.
  • Le Bonheur de Ginette.
  • L’Affaire Débrouillard-Delatamize, Calmann-Lévy, 1911.
  • La Bonne fortune de Toto, Calmann-Lévy, 1911.
  • La Ginguette, Flammarion, 1911.
  • La Meilleure amie, Fayard, 1912.
  • Fraîcheur, Calmann-Lévy, 1912.
  • Napoléonette, Calmann-Lévy, 1913.
  • La Dame de Saint-Leu, Calmann-Lévy, 1914.
  • Pauvres petites femmes.
  • La Petite pintade bleue, Calmann-Lévy, 1914.
  • Les Séducteurs.
  • Les Flanchards, 1917.
  • Les Profitards, Fayard, 1918.
  • L’Amour aux champs, 1920.
  • Souricette, Calmann-Lévy, 1922.
  • Le coup du lapin, 1929.
  • Du Temps des Cheveux et des Chevaux, Calmann-Lévy, 1929.
  • Celui qu'on aime, Flammarion, 1931.
  • Le Chambard, Le Livre moderne illustré, Ferenczi & fils, 1931.
  • Doudou, 2de édition 1931.
  • La Joyeuse Enfance de la IIIe République, Calmann-Lévy, 1931.
Théâtre
  • Sauvetage, pièce en un acte, 19 avril , Théâtre d'Application.
  • Napoléonette, pièce en cinq actes et un prologue, d'après le roman éponyme, représentée au théâtre Sarah-Bernhardt, le 29 mai 1919, parue dans L'Illustration en 1921.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le seul de ses romans à être régulièrement réédité, jusque dans les années 1970, est Le Mariage de chiffon.
  2. Gyp, « Boycottons-les ! », La Libre Parole, 25 février 1898.
  3. Raphaël Viau, Vingt ans d’antisémitisme 1889-1909, Paris, Fasquelle, 1910, p. 266 et 292.
  4. Gyp, « Ce qu’on ne dit pas ! », La Libre Parole, 18 décembre 1899.
  5. Paris-Parisien, Ollendorff, , p. 27.
  6. Il lui confiait sa fille Suzanne après son divorce, l’enfant passant tous ses dimanches à Neuilly chez la comtesse de Martel, cf Jeanne Maurice Pouquet, op. cit., p. 125.
  7. Trarieux obtint sa condamnation pour diffamation.
  8. Journal de Maurice Garçon au 17 juillet 1941.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier de Brabois, Gyp Comtesse de Mirabeau-Martel 1849-1932, Publibook, 2003.
  • Jeanne Maurice Pouquet, Le Salon de Madame Arman de Caillavet, Paris, Librairie Hachette, 1926.
  • Willa Z. Silverman, Gyp, la dernière des Mirabeau, Paris, Perrin, 1998 (traduit de l'anglais).
  • Sanchez Nelly, "Trois autobiographies féminines dans l'entre-deux-guerres", Inverses no 11, "Littérature féminine du début du XXe siècle", p. 121-132, 2011.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]