Thierry de Martel

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Thierry de Martel
Portrait de Thierry de Martel
légende de l'image
Biographie
Nom de naissance Jean François Marie Thierry de Martel de Janville
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à MaxévilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 65 ans)
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint Henriette Fouquier (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Faculté des sciences de Paris et faculté de médecine de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession Neurochirurgien (d) et chirurgien (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur‎ (d), croix de guerre 1914-1918 et grand officier de la Légion d'honneur‎ (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Ligue de la patrie françaiseVoir et modifier les données sur Wikidata

Le comte Thierry de Martel, né le à Maxéville (Meurthe-et-Moselle) et mort le dans le 16e arrondissement de Paris, est un médecin, chirurgien pionnier de la neurochirurgie française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du comte Roger de Martel de Janville et de son épouse, née Sibylle de Mirabeau, romancière connue sous le nom de Gyp, Thierry de Martel est élevé dans un milieu nationaliste, revanchard et antidreyfusard. André Maurois, juif réfugié aux États-Unis, écrit cependant à l'annonce de sa mort : « Avec lui nous perdons un ami incomparable »[1].

Sportif de haut niveau, il joue au rugby et devient avec son frère, A. Martel de Janville, champion de France en 1896 avec l'Olympique [2] .

Pendant la Première Guerre mondiale, il sert en tant qu'officier médical ; il est blessé et cité à plusieurs reprises. Il perd son fils, sans doute par suicide, celui-ci ayant été traumatisé par les combats. Martel fait le serment de ne plus jamais adresser la parole à un Allemand. Militant de l'Action française, il rejoint Le Faisceau de Georges Valois et en devient le président de la corporation des médecins, mais il s'en éloigne dès 1926.

Le professeur de Martel développe la neurochirurgie en France avec son collègue Clovis Vincent (1879-1947). Chirurgien réputé à Paris durant les années 1920-1930, on lui doit de très nombreux travaux spécialisés qui ont contribué à faire de la neurochirurgie une branche autonome de la chirurgie. Il porte un grand intérêt à l'amélioration des techniques opératoires dans cette spécialité naissante et invente notamment un instrument permettant une trépanation sûre et à bords nets, le trépan à débrayage automatique de Martel[3]. Entretenant de fructueuses relations avec ses collègues neurologues, il collabore notamment avec Joseph Babinski (1857-1932). Son ami l'ambassadeur américain William C. Bullitt lui confie la direction de l'Hôpital américain de Paris dont il était chirurgien en chef.

Le , les troupes allemandes entrent à Paris. Désespéré, Martel se suicide le jour même en absorbant de la strychnine[2],[4]. Bullit recevra le billet suivant : « Je vous ai promis de ne pas quitter Paris. Ne vous ai pas dit si j'y resterai mort ou vivant. ……. Adieu. Martel. » Ce geste ne fut pas isolé dans la capitale.

Membre de la Société de chirurgie et de la Société de neurologie

Il repose auprès de sa mère au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine.

Décorations[modifier | modifier le code]

Œuvres et publications[modifier | modifier le code]

  • Traitement opératoire des plaies du crâne, Masson (Paris), 1918.
  • La Thérapeutique des tumeurs cérébrales : technique chirurgicale, impr. médicale et scientifique (Bruxelles), 1926.
En collaboration
  • avec Charles Chatelin: Blessures du crâne et du cerveau : formes cliniques, traitement médico-chirurgical, préface du professeur Pierre Marie, Masson (Paris), 1917, disponible sur Gallica.
  • avec Clovis Vincent : Diagnostic et traitement des syndromes d'hypertension intracrânienne, [Clermont, Oise, impr. Thiron], 1925.
  • avec Jean Guillaume : Neurinome des nerfs mixtes : opération, guérison, Masson (Paris), 1932.
  • avec Jean Guillaume : Présentation de malades opérés par un nouveau procédé d'utilisation des courants à haute fréquence en neuro-chirurgie : statistique opératoire depuis l'emploi de cette méthode, Masson (Paris), 1932.
  • avec Edouard Antoine : Appendicites chroniques : Étude clinique et traitement médico-chirurgical, impr. de l'Édition artistique ; S.E.P. (Paris), 1933.
  • avec Jean Guillaume : Remarques sur la conduite à tenir en présence de troubles bulbaires dans les tumeurs de la fosse cérébrale postérieure, Masson (Paris), 1937.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Maurois : « Il se tua, il s’appelait Thierry de Martel », in : L’Histoire pour tous, no 9, janvier 1961.
  • André Sicard : «Thierry de Martel, seigneur de la chirurgie et homme d'honneur», in : Histoire des Sciences médicales,1992, 26 (2), p. 99-104, Texte intégral.
  • Jacques Philippon : «Histoire de la neurochirurgie à la Pitié Salpêtrière», in : Histoire des Sciences médicales, 1997, 31 (2), p. 173-180, Texte intégral.
  • Philippe Lépine : «Le trépan de De Martel à débrayage automatique», Texte intégral en ligne dans le Site d'enseignement d'Histoire de la Médecine - Université Claude Bernard Lyon 1.
  • Isabelle Mahéo de La Tocnaye : Thierry de Martel, fils de la romancière Gyp : pionnier de la neurochirurgie française 1875-1940, [Thèse de médecine, Rennes], [S.l.] , [s.n.], 1979

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Maurois, Tragédie en France, éditions de la maison française, 1940.
  2. a et b Thierry de Martel sur finalesrugby.com
  3. Philippe Lépine, « Le trépan de De Martel à débrayage automatique », Université Claude Bernard Lyon I, Musée d’histoire de la médecine, Professeur J. Normand (consulté le 11 août 2011)
  4. André Sicard, « Thierry de Martel, seigneur de la chirurgie et homme d'honneur », Histoire des Sciences médicales,‎ (lire en ligne).
  5. « Cote LH/1754/44 »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]