Goule ès Fées

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Goule ès Fées
Image dans Infobox.
Localisation
Coordonnées
Pays
Région française|Région
Département
Localité voisine
Caractéristiques
Type
Altitude de l'entrée
m
Longueur connue
49 m
Période de formation
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La goule ès Fées est une grotte marine située dans la commune de Dinard, département d'Ille-et-Vilaine.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Topographie de la goule ès Fées.

Le graphie goule ès Fées (ou goule aux Fées) est spécifique de la langue gallèse. On trouve cette graphie sur le littoral gallo et également dans les îles Anglo-Normandes.

Le terme goule, issu du latin gula, gosier, bouche, a la sens de grotte[1].

Spéléométrie[modifier | modifier le code]

Le développement[N 1] de cette grotte est de 49 m[2].

Géologie[modifier | modifier le code]

La cavité s'ouvre dans un granite d'âge néoprotérozoïque.

Description[modifier | modifier le code]

La grotte présente une longueur exceptionnelle au regard de la hauteur de la falaise qui reste somme toute modeste.

Premières photographies[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative des premières expérimentations photographiques des frères Lumière en 1877 dans la goule ès Fées.

La goule a été photographiée en 1877 par les frères Louis et Auguste Lumière, inventeurs du cinématographe, alors qu'ils mettaient au point la première plaque couleur[3].

Légendes[modifier | modifier le code]

Plusieurs légendes relatives à cette cavité ont été recueillies[4] ; il existe deux récits similaires, l'un conté par le directeur du Casino de Dinard et l'autre par le géographe Orain[5].

« Sur la côte, une femme fait signe d'approcher à un pêcheur qui se trouve entraîné par les flots à l'intérieur de la grotte. Lorsqu'il s'éveille, il trouve une barque neuve remplie de poissons amarrée devant la goule-ès-Fées. »

La légende recueillie par Paul Sébillot[6] est différente par son contenu mais aussi par sa forme, car rédigée en patois du littoral :

« Une sage-femme dont les services avaient été requis par les fées de la goule se fit remettre une pommade pour frictionner le nouveau-né avec la recommandation expresse de ne pas en porter à ses yeux. Mais elle désobéit et sa vision changea : la grotte se transforma en château et les fées en princesses. Quelque temps plus tard, grâce à la pommade magique, elle aperçut une fée en train de voler et elle ne put s'empêcher de le dire tout haut. La fée, qui se savait invisible, lui arracha l’œil qu'elle avait frotté avec l'onguent merveilleux. »

Dans cette dernière version, la grotte est dite « escarabe », entendre énorme, quasiment aussi grande que celle des « falâses de Ferhel », entendre les houles ou grottes du cap Fréhel. Ce qui n'est pas tout à fait vrai, car les houles de Fréhel sont de taille plus impressionnante. La grotte a été topographiée le par Jean-François Plissier et Jean-Yves Bigot[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bigot Jean-Yves (1993) – Les grottes d'Ille-et-Vilaine. Méandres, bull. Groupe Ulysse Spéléo, n° 50, pp. 21-32. Lire en ligne[1].
  • Sébillot Paul (1983) - Le Folklore de France - La terre et le monde souterrain. Imago édit., Paris, réimpression allégée de l'édition de 1904-1906, 329 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En spéléologie, le développement correspond à la longueur cumulée des galeries interconnectées qui composent un réseau souterrain.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bigot Jean-Yves (2000) – Vocabulaire français et dialectal des cavités et phénomènes karstiques. Mém. du S. C. Paris, SCP - CAF édit., n° 25, 184 p.
  2. Bigot Jean-Yves, « Spéléométrie de la France. Cavités classées par département, par dénivellation et développement. », Spelunca Mémoires n° 27,‎ , p. 160 (ISSN 0249-0544).
  3. Fustec M.-N. et al. (1992) - Côte d'Émeraude. Guides Gallimard, Gallimard édit., p. 265.
  4. Sébillot Paul (1968) - Le Folklore de France. La mer et les eaux douces. T. II, Maisonneuve et Larose édit., Paris, pp. 112-113.
  5. Orain Adolphe (1968) - Folklore de l'Ille-et-Vilaine, de la vie à la mort. Les littératures populaires, t. XXXIV, Maisonneuve et Larose édit., Paris, pp. 204-216.
  6. Sébillot Paul (1881) - Littérature orale de la Haute-Bretagne. Les littératures Populaires, tome I, pp. 19-23.
  7. Bigot Jean-Yves & Chabert Claude (1992) – Les grandes cavités françaises dix ans après. Evolution des connaissances spéléologiques dans les départements français pauvres en cavités (1981-1991). Spelunca, n° 47, pp. 25-37.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]