Cap Fréhel

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Cap Fréhel
Les falaises du cap Fréhel
Les falaises du cap Fréhel
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Coordonnées 48° 41′ 00″ nord, 2° 19′ 00″ ouest
Mer Manche
Géographie
Altitude 70 m

Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor

(Voir situation sur carte : Côtes-d'Armor)
Cap Fréhel

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Cap Fréhel

Le cap Fréhel est une pointe de grès rose au relief tourmenté qui sépare à l'est la baie de Saint-Brieuc de la Baie de St Malo, sur la côte de la Manche. Il est situé sur les communes de Plévenon au nord et de Fréhel au sud, dans le département français des Côtes-d'Armor.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le cap Fréhel constitue une réserve ornithologique le long de la Côte d'Émeraude. Il est situé à 8,5 km du centre de Fréhel et à 4 km du centre de Plévenon, compte parmi les plus impressionnants de Bretagne : la falaise domine la mer d'environ 70 mètres.[1] Un sentier entre les bruyères et les ajoncs, intégré au GR 34, fait le tour du cap. Par temps clair on peut distinguer les îles Anglo-Normandes de Jersey.

Le cap Fréhel a donné son nom au cap de Freels de la côte orientale de Terre-Neuve quand les marins locaux ont commencé à y exploiter la morue[2].

Géologie[modifier | modifier le code]

Les spectaculaires falaises rouges montrent du grès rouge à pendage faible vers l'Ouest et qui est parfois coupé par de grands filons de diorite qui se dressent presque verticalement. L'érosion marine a découpé ces grès en marches d'escalier et en blocs polyédriques, les failles et diaclases[3] favorisent le débitage de grands pans de roches aux parois subverticales. Avant de s'effondrer, les blocs diaclasés donnent parfois des piliers ou des pinacles plus résistants, comme le rocher de la Fauconnière[4].

Ce grès appartient à ce que les scientifiques nomment la Série rouge d'Erquy-Fréhel, série sédimentaire du golfe normano-breton issue de l'altération de l'orogène cadomien[5]. Sous l’effet de l’érosion, des coulées de débris se forment, formant des poudingues à la base de cette série. Un régime torrentiel s’installe transportant et accumulant les débris au pied des pentes dans des cônes alluviaux que l'on reconnaît dans le poudingue d'Erquy et dans la lentille de grès d'Erquy. Puis les torrents laissent place à un réseau de rivières en tresses qui véhiculent dans un immense delta des sédiments plus fins composés de grains de silice et de feldspath qui, par accumulation et cimentation, se transforment en grès un peu arkosiques[6], parfois avec stratifications entrecroisées (en) (témoins de la présence de filières au fond de ce delta), parfois avec de petits lits conglomératiques[7]. La couleur rouge[8] de la roche provient d’un oxyde de fer qui lors du dépôt des grains de sable s’est mélangé au ciment les unissant, donnant cette coloration si particulière[9]. Cette série sédimentaire de grès feldspathiques roses épais de 400 mètres forme des couches de terrain empilées les unes sur les autres en position quasiment horizontale (pendage d'environ 15°), peu plissées. Ce pendage témoigne d'un mouvement de légère bascule postérieurement à son dépôt mais semble-t-il aucun phénomène de métamorphisme, ni de plissement alors que dans d'autres régions bretonnes, le grès blanc forme des bancs massifs redressés à la verticale, en raison de l'intensité des déformations supportées par ces roches au cours de l'orogenèse hercynienne[10].

Phares[modifier | modifier le code]

Le vieux phare (ou tour Vauban), en granite, fut construit sous Louis XIV en 1701 par un des disciples de Vauban, Jean-Siméon Garangeau (1647-1741), qui est nommé « ingénieur en chef et directeur des fortifications de Saint-Malo » en 1691 et le restera jusqu'à sa mort. À l'époque, on brûlait notamment de l'huile de poisson[réf. nécessaire].

Un phare plus moderne et plus haut sera construit entre 1845 et 1847, à la place de l'actuel. Il est électrifié en 1886. Les troupes allemandes le détruiront en août 1944.

Le phare actuel, reconstruit à partir de 1946, sera inauguré en 1950 : haut de 32 mètres, sa lanterne domine la mer de 103 mètres. Par temps clair, son feu est visible à plus de 100 kilomètres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Découverte du Fort-La-Latte et du Cap Fréhel - Vos Plus Belles Destinations », Vos Plus Belles Destinations,‎ (lire en ligne)
  2. Le Pays de Dinan, 1986, p. 134.
  3. Le système NE—SW (N 40°) comprend des failles (parfois accompagnées de flexures) et des diaclases qui se répètent parfois tous les 10 cm environ. Suivant la direction NW—SE (N 140°) on observe essentiellement des diaclases qui associées aux joints NE—SW débitent les bancs gréseux en parallélépipèdes réguliers. « Cf » Carte géologique de la France à 1/50 000. 206, St-Cast, BRGM, 1980, p. 25
  4. Hubert Lardeux, C. Audren, Bretagne, Masson, , p. 36.
  5. Bonhomme M, Cogne J, Leutwein F, Sonet J () (Paris), 262, 606-609, « Données nouvelles sur l'âge des séries rouges du golfe normanno-breton », Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, vol. 262,‎ , p. 606-609..
  6. Ce grès arkosique contient des grains de quartz gris et des grains de feldspath dont la couleur blanche est due à leur altération en kaolin.
  7. L’étendue du plateau suggère que les grès auraient formé à cette époque un estuaire.
  8. Au cap Fréhel, la teinte rougeâtre prédomine. À Erquy, il est rosé. À Plourivo, la coloration est parfois lie-de-vin. Aux environs de Redon, il offre des nuances rouge violacé.
  9. Les Grès roses d’Erquy et de Fréhel. cf. François de Beaulieu, La Bretagne. La géologie, les milieux, la faune, la flore, les hommes, Delachaux et Niestlé, , p. 14.
  10. Bruno Cabanis, Découverte géologique de la Bretagne, Cid éditions, , p. 45.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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