Virginie Demont-Breton

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Virginie Demont-Breton
Petit-Breton.jpg

Virginie Demont-Breton photographiée par Pierre Petit,
Paris, musée d'Orsay.

Naissance
Décès
(à 75 ans)
Paris
Nom de naissance
Virginie Élodie Marie Thérèse Breton
Nationalité
Activités
Autres activités
Maître
Mouvement
Influencée par
Père
Mère
Élodie de Vigne (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Distinction

Virginie Élodie Marie Thérèse Demont-Breton, dite Virginie Demont-Breton, née le à Courrières et morte le à Paris, est une artiste peintre et femme de lettres française. Peintre de genre, son œuvre illustre principalement la vie des pêcheurs du Pas de Calais. Elle est la fille du peintre Jules Breton (1827-1906).

Biographie[modifier | modifier le code]

Villa le Typhonium, de style néo-égyptien, demeure de Virginie Demont-Breton et de son époux à Wissant

Virginie Breton est la fille de Jules Breton et la nièce d'Émile Breton, tous deux peintres reconnus. Elle épouse le peintre Adrien Demont en 1880.

Sa carrière artistique est précoce. Elle expose à Paris dès 1879 et obtient une médaille d’or à l’Exposition universelle d’Amsterdam (en) en 1883.

En 1890, elle s'installe à Wissant, petit village de la Côte d'Opale, entre les caps Blanc-Nez et Gris-Nez où, l'année suivante, le couple fait construire le Typhonium, une villa de style néo-égyptien, par l'architecte belge Edmond De Vigne[1].

Virginie Demont-Breton adhère à l’Union des femmes peintres et sculpteurs en 1883, et en devient la présidente de 1895 à 1901. Elle est, avec son époux Adrien Demont, à l'initiative du groupe de Wissant ou école de Wissant, qui rassemble des artistes auprès d'eux vers 1890-1900.

Augustin Lesieux, marbrier et sculpteur à Paris, a réalisé un buste de Virginie Demont-Breton conservé au musée de la Chartreuse de Douai[2]. Le sculpteur Edouard Houssin ami de Virginie Demont-Breton lui exécute également un buste ainsi qu'a tout les membres de sa famille. Elle est décorée de la Légion d'honneur en 1894[3]. En 1896, elle est nommée Rosati d'honneur[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sa première période présente principalement des portraits et des scènes historiques ou mythiques, traités de manière académique et réaliste. Après sa découverte de Wissant, ses toiles, parfois monumentales, s'attachent à peindre la vie des pêcheurs, prennent une tonalité plus sociale et relèvent du mouvement du naturalisme. Elle croque à l'envi les pêcheurs, leurs familles et les enfants de Wissant au milieu des vagues ou de la mer déchainée[5].

Certaines de ses œuvres sont exposées dans les musées d'Amiens, d'Arras, de Boulogne-sur-mer, de Calais, de Douai, de Lille, de Paris, d'Amsterdam, d'Anvers et de Gand.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Engagement pour la cause des femmes artistes[modifier | modifier le code]

Virginie Demont-Breton avait un désir profond de voir les femmes artistes réussir dans un domaine professionnel jusqu’alors hostile à la réception des femmes. Elle dénonce ainsi en 1896 le handicap de celles-ci consistant à identifier le génie artistique au génie masculin :

« Quand on dit d’une œuvre d’art : “C’est de la peinture ou de la sculpture de femme”, on entend par là “C’est de la peinture faible ou de la sculpture mièvre”, et quand on a à juger une œuvre sérieuse due au cerveau et à la main d’une femme, on dit : “C’est peint ou sculpté comme par un homme”. Cette comparaison de deux expressions convenues suffit à prouver sans qu’il soit nécessaire de la commenter, qu’il y a un parti pris d’avance contre l’art de la femme. »

Virginie Demont-Breton adhère à l’Union des femmes peintres et sculpteurs en 1883, et en devient la présidente de 1895 à 1901. Sous sa présidence l’association prend un nouvel essor, elle obtient notamment avec Hélène Bertaux l’entrée officielle des femmes à l’École des Beaux-Arts et le droit de concourir pour le Prix de Rome.

Elle fait partie de la délégation de femmes françaises artistes présentées à l'Exposition universelle de 1893 à Chicago, regroupées dans le Woman's Building[6].

L'Homme est en mer, Vincent van Gogh[modifier | modifier le code]

En 1889 Virginie Demont-Breton expose au Salon son tableau L'Homme est en mer, quelques mois plus tard Vincent van Gogh souffrant alors de crises de folies, entre à l'asile Saint Paul de Mausole à Saint-Rémy-de-Provence et y execute une reproduction de ce tableau d'après une gravure.


Publications[modifier | modifier le code]

  • Tendresses dans la tourmente, [1914-1919, poésies], Alphonse Lemerre, 1920, 249 pages.
  • Les maisons que j'ai connues, Paris, Plon-Nourrit, 1926-1930, 4 tomes[7].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette villa est inscrite aux monuments historiques depuis le 29 novembre 1985 (Notice no PA00108453, base Mérimée, ministère français de la Culture).
  2. Notice no 000SC019452, base Joconde, ministère français de la Culture
  3. « Cote 19800035/216/28304 », base Léonore, ministère français de la Culture
  4. Archives de la ville de Fontenay-aux-Roses.[réf. insuffisante]
  5. Yann Gobert-Sergent, « Virginie Demont-Breton (1859-1935), Peintre et témoin de la vie des marins de la Côte d’Opale », in Revue Boulogne et la Mer, no 14, juillet 2008, p. 4-7.
  6. (en)« French Women Painters: 1893 Chicago World's Fair and Exposition » par K.L. Nichols, sur arcadiasystems.org, en ligne.
  7. « Les maisons que j'ai connues », sur gallica.bnf.fr

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yann Gobert-Sergent, « Virginie Demont-Breton (1859-1935), Peintre et témoin de la vie des marins de la Côte d’Opale », dans Revue Boulogne et la Mer, no 14, juillet 2008, p. 4-7.
  • Collectif, Visages de Terre et de Mer - Regards de peintres à Wissant à la fin du 19e siècle, Michèle Moyne-Charlet, Anne Esnault, Annette Bourrut Lacouture, Yann Gobert-Sergent, Édition du Pas-de-Calais, Silvana Editoriale, août 2014, 135 pages, (ISBN 9788836629299).
  • Yann Gobert-Sergent, Peindre la Nature à la fin du 19e siècle : le Fort de l’Heurt par Virginie Demont-Breton, Émile Maillard et Henry Bonnefoy, Cercle Historique Portelois, juin 2015, p. 11-17.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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