Fernand Stiévenart

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Fernand Stiévenart
Fernand Stiévenart.JPG
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 59 ans)
Uccle (Belgique)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Fernand Joseph Jules Stiévenart, né à Douai le et mort à Uccle (Belgique) le , est un peintre paysagiste français de l’École de Wissant, au nord de la Côte d'Opale.

Biographie[modifier | modifier le code]

« Il a fait ses études au lycée de la ville de Douai mais c'est aux Écoles académiques que nous devons le suivre car c'est là surtout que se révélèrent ses aptitudes et se développèrent ses qualités. Son premier maître fut M. Constant Petit. De 1878 à 1880, F. Stiévenart suivit assidument les cours des Écoles académiques et chaque année, dans chacune des trois divisions, remporta les premières médailles. Il fut reçu l'un des premiers à l'école des beaux-arts où il fut primé »[1].

Dès 1888, il figure à Paris au Salon des artistes français avec des œuvres représentant des paysages. Mais c'est en 1893 qu'il devient membre de la Société des artistes français et qu'il recoit un éloge (mention honorable votée à l'unanimité qui le classe le premier parmi les mentionnés).

Peu après 1893 et un terrible naufrage qui endeuille Wissant, Stiévenart aide Adrien Demont, tout comme Pierre Carrier-Belleuse et Félix Planquette, à fonder une société anonyme nommée l'Épave, dans le but de distribuer du matériel de pêche à ceux qui en ont perdu en mer[2].

Originaire de Douai, il y vit avec sa femme artiste peintre, Juliette De Reul, au no 7 rue Jean-de-Gouy jusqu'en 1895 (ou 1900) lorsqu'ils partent s'installer à Wissant (Pas-de-Calais) à la villa Sainte-Marie des fleurs. Il y crée son atelier. Atelier et villa qui sont d'ailleurs achetés et occupés à la fin de la guerre par l'artiste peintre Paule Crampel (rue Paule-Crampel).

villa
Photo de la villa Sainte-Marie aux fleurs à Wissant.

Il recoit la médaille de bronze à l'exposition universelle de 1900 qui accueille plus de 50 millions de spectateurs. Il obtient la médaille troisième classe au Salon des artistes français de 1902 avec un Paysage du Boulonnais[3]. À la fin de sa vie, il part s'installer en Belgique, à Uccle, au 80 avenue Bel-Air dans un magnifique hôtel de maître qu'il fit construire.

maison belair
Photo de la maison de Stiévenart, avenue Bel-Air.

De caractère très modeste et très simple, sans ambition intempestive, il est le premier à applaudir, sans fiel et sans envies, aux succès des camarades et le dernier à parler de ses œuvres, si remarquées qu'elles soient[1].

Son entourage, l'école de Wissant[modifier | modifier le code]

Photo du Typhonium à Wissant.
Exposition de la Maison du port d'Étaples.

Fernand Stiévenart est l'élève de Gustave Boulanger (1824-1888), peintre académique et orientaliste français et fréquente l'atelier d'Émile Breton (1831-1902).

Il est aussi l'élève d'Adrien Demont. Ce dernier est né le à Douai. Aux côtés de Corot, il reçoit l'enseignement de Charles Blanc et d'Émile Breton dont il épouse la nièce, Virginie Demont-Breton, le . Le couple Demont-Breton tombe amoureux de Wissant et décide de s'y installer définitivement. Ils y font construire leur demeure à « l’égyptienne » au-dessus du village avec l’aide de l’architecte belge Edmond de Vigne : le Typhonium est né. Cette demeure deviendra le temple de l'école wissantaise. Le couple invite en effet d'autres artistes dans son atelier-villa où ils enseignent leur art. Dans cette école, s'exercent ainsi Fernand Stiévenart mais aussi Georges Maroniez, Félix Planquette, Henri et Marie Duhem, Alexandre Houzé, et Valentine Pèpe[4].

Fernand Stiévenart, Maroniez et Duhem, tous Douaisiens, se connaissent depuis le collège. Parmi les amis des maîtres, nous retrouvons des peintres de Berck amis des Demont-Breton dont un des plus illustres étant Francis Tattegrain. Chacun s'inspire du site de manière personnelle. Ces artistes, en patriarches de Wissant, présentent leurs travaux lors des salons parisiens où ils sont maintes fois récompensés.

Wissant est une véritable cité d'artistes. Au début du XXe siècle, on y retrouve pas moins de huit ateliers de peinture dont celui de Stiévenart mais aussi ceux du pastelliste Pierre Carrier-Belleuse, de Valentine Pèpe, élève de Fernand Stiévenart, d'Adrienne Ball-Demont, de Félix Planquette, de Fernand Quignon et de François de Montholon, autour de l'École de Wissant.

La femme de Fernand Stiévenart, Juliette de Reul, est aussi une artiste peintre dont le nom apparaît au Salon des artistes français en 1898 avec Fin de journée et en 1901 avec Chardons de ruines.

Une rétrospective sur la vie et l'œuvre de Fernand Stiévenart et de Juliette de Reul est organisée à la « Maison du Port » à Étaples (musée du département du Pas-de-Calais), du au .

JuliettedeReul
Photo de Juliette de Reul.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Moitel, Yann Gobert-Sergent, Roberta Serra et Alii, in « Fernand Stiévenart et Juliette de Reul - couple d'artistes de l'Ecole de Wissant », département du Pas-de-Calais, éditions Invenit, Lille, 2022, 80 pages.
  • Anne Moitel, Anne Delage, Yann Farinaux-Le Sidaner, Yann Gobert-Sergent, in « Intimité(s), Les peintres de la Côte d'Opale », département du Pas-de-Calais, éditions Invenit, Lille, 2020, 96 pages.
  • Yann Gobert-Sergent, « Fernand Stiévenart et Juliette de Reul, Couple d’artistes de l’École de Wissant et amis des Demont-Breton », Cahiers du Patrimoine Boulonnais, no 82, décembre 2020, pp. 13–18.
  • Visages de Terre et de Mer - Regards de peintres à Wissant à la fin du 19e siècle, ouvrage collectif, Michèle Moyne-Charlet, Anne Esnault, Annette Bourrut Lacouture, Yann Gobert-Sergent, Jean-Marie Ball, Philippe Gallois, édition du Pas-de-Calais, SilvanaEditoriale, , 135 pages, (ISBN 9788836629299).
  • Bénézit, E. (1999), Dictionnaire et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, tome 13, Gründ
  • Dufossé, F. (2002), Histoire de Wissant, des origines aux années 1930, Éditions A.M.A., 203 p.
  • Lydia Harambourg (2001), Dictionnaire des peintres paysagistes français au XIXe siècle, Ides et Calendes, 360p.
  • Société des artistes français (1907), Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivants, Paris.
  • Société des artistes français (1888-1908) Catalogue illustré. Paris.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [extrait des notes personnelles de Mme Chœur de Douai]
  2. [Dufossé, F. (2002) Histoire de Wissant, des origines aux années 1930. Éditions A.M.A. 203 p.]
  3. [Société des artistes français (1907) Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivants. Paris]
  4. [liste établie par Annette Bourrut-Lacouture, historienne d'art, et Philippe Gallois, historien de Wissant]