Autochrome

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Un autochrome de la Première Guerre mondiale

L'autochrome est un procédé de restitution photographique des couleurs breveté le 17 décembre 1903 par les frères Auguste et Louis Lumière.

C'est la première technique industrielle de photographie couleurs, elle produit des images positives sur plaques de verre. Elle fut utilisée entre 1907 et 1932 environ. On lui doit en particulier de nombreuses photos de la Première Guerre mondiale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 30 mai 1904, Louis Lumière présente la technique autochrome à l'Académie des sciences.

Une boîte d'autochromes Lumière

Gabriel Veyre réalise ensuite les premiers autochromes au Maroc.

À partir de 1907, sa commercialisation séduit de nombreux Français et étrangers. Les usines Lumière produisirent 6 000 plaques d'autochromes par jour, 50 millions de clichés au total.

Albert Kahn, banquier philanthrope, envoie des photographes sur les cinq continents pour constituer les « Archives de la planète ». Il a ainsi pu rassembler des témoignages sur une cinquantaine de pays dans le monde.

À partir de 1935, le Kodachrome puis, en 1936, l'Agfacolor remplacent progressivement l'autochrome.

Technique[modifier | modifier le code]

Principe de l'autochrome

À l'opposé des autres techniques de l'époque, ce procédé qui emploie la méthode additive enregistre l'image sur une seule plaque photographique, sous forme d'une image noir et blanc composite représentant le rouge, le vert et le bleu. Émulsion et filtre sont intimement liés, de la prise de vue à la projection, du fait du caractère aléatoire du filtre.

Les grains de fécule colorés

La technique consiste à saupoudrer une plaque de verre avec des millions de particules microscopiques (10 à 20 micromètres) — des grains de fécule de pomme de terre — teints en rouge (orange), vert et bleu (violet), fixés par de la résine. Les interstices entre les grains sont comblés par de la poudre de carbone très fine (noir de fumée). Ce filtre est scellé par une laque qui le protège pendant les opérations de développement de la surface sensible qui a été déposée sur le tout.

  • L'exposition se fait, plaque de verre en avant.
  • Le développement est complexe puisqu'il faut inverser l'image : deux développements successifs avec une post-insolation.
  • La restitution s'effectue par rétro-éclairage, source de lumière du côté de la surface sensible.

Même avec une excellente émulsion, la présence du filtre réduit la sensibilité effective de 4 à 8 ISO. Du coup, cette technique demande un long temps de pose, d'où la mise en scène des personnages et le flou fréquent de la végétation.

Photographes renommés[modifier | modifier le code]

Voici une liste non exhaustive de photographes célèbres ayant utilisé l'autochrome pour une partie importante de leur production :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Barret, Autochromes, 1906-1928, André Barret,‎ 1978
  • Sylvain Roumette et Michel Frizot, Autochromes, CNP, coll. « Photo poche »,‎ 1985 (ISBN 2-8675-4027-5)
  • Alain Scheibli et Nathalie Boulouch, Les autochromes Lumière : la couleur inventée : photographies couleur, Saint-Paul-de-Varax, Scheibli,‎ 1995
  • Benoît Coutancier, La Couleur sensible, photographies autochromes (1907-1935), Marseille, Centre de la Vieille Charité,‎ 1996
  • Nathalie Boulouch, Bertrand Lavédrine et Jean-Paul Gandolfo, L'Autochrome Lumière, secrets d'atelier et défis industriels, CTHS,‎ 2009, 391 p. (ISBN 978-2-7355-0678-1)
  • Céline Ernaelsteen (dir.) et Alice Gandin (dir.), En couleurs et en lumière : Dans le sillage de l'impressionnisme, la photographie autochrome 1903-1931, Paris, Skira Flammarion,‎ 2013, 176 p. (ISBN 978-2-0813-0032-3, OCLC 844234855)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]