Géophagie

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Psittacidés creusant dans une falaise d'argile en Équateur.

La géophagie est le fait de manger de la terre.

Il existe plusieurs types de géophagies :

  • La géophagie associée est l’ingestion de la terre présente sur les végétaux par les herbivores et omnivores (dont les humains et autres grands singes).
  • La géophagie animale instinctive est la consommation d’argiles :
    • régulière en plus de celle présente sur les végétaux ;
    • par temps de carence ;
    • en situation de maladie.
  • La géophagie thérapeutique humaine est issue de la rationalisation des pratiques instinctives de géophagie :
    • étude des carences déclenchantes dans les cas où des êtres humains ou autres animaux consomment instinctivement des quantités importantes d’argile (par exemple 5 g par jour par kg de poids du sujet malade) ;
    • étude des argiles pour en définir les propriétés curatives et préventives.

Anthropologie[modifier | modifier le code]

La géophagie a particulièrement été étudiée chez les Indiens d'Amérique du Nord et les Africains-Américains. Les femmes enceintes en consomment particulièrement.

L'argile fait partie de certaines recettes culinaires pour diminuer l'effet de certains alcaloïdes. Ainsi, des Amérindiens du Sud-Ouest des États-Unis et du Mexique consomment de l'argile avec des pommes de terre sauvages des espèces Solanum jamesii Torr. et Solanum fendleri Gray à teneur élevée en glycoalcaloïdes toxiques. L'argile permet de limiter l'amertume de ces tubercules et de prévenir maux d'estomac et vomissements induits par leur consommation[1].

En 2008, une étude de la primatologue Sabrina Krief du Muséum national d'histoire naturelle laisse supposer que c'est l'absorption conjointe de kaolin et de plantes dotées de molécules curatives qui augmenterait l'effet de celles-ci[2].

L'anthropologue Dennis A. Frate a mené une étude dans les comtés ruraux du Mississippi et de Louisiane pour relever cette pratique parmi leurs populations, entre 1971 et 1984[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Diamond, J. "Eat Dirt!" Discover. February, 1998 pp 70-75.
  • Goodhart, R. and Shils, M. Modern Nutrition in Health and Disease. Philadelphia: Lea and Febiger, 1976.
  • Overfield, T. Biologic Variation in Health and Illness. Boca Raton: CRC Press, 1995.
  • François Angelier. Géophagie et Gastroscopie (courte variation sur le ventre vernien). Revue Jules Verne 28, Centre international Jules Verne, 2009.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Detoxification function of geophagy and domestication of the potato », sur Deep Blue at the University of Michigan, Journal of Chemical Ecology, Vol. 12, No. 3, (consulté le 16 août 2010)
  2. Les chimpanzés mangent de la terre pour mieux se soigner, publié le 14 janvier 2008 à 15h39 dans Le Monde, consulté le 25 février 2018.
  3. "Les mangeurs de terre", p.48-50, passage du livre de Jane Goodall Nous sommes ce que nous mangeons, (ISBN 978-2-330-00649-5) (notice BnF no FRBNF42649785).

Articles connexes[modifier | modifier le code]