Front populaire (Tunisie)

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Front populaire
الجبهة الشعبية
Image illustrative de l'article Front populaire (Tunisie)
Logo officiel
Présentation
Porte-parole Hamma Hammami
Fondation 7 octobre 2012
Partis politiques membres Liste complète
Idéologie marxisme
nationalisme arabe
écologisme
Site web www.front-populaire.org
Représentation
Constituants
6 / 217
Ministres
0 / 29

Le Front populaire (الجبهة الشعبية) ou Front populaire pour la réalisation des objectifs de la révolution (الجبهة الشعبية لتحقيق أهداف الثورة) est une coalition politique tunisienne regroupant douze partis politiques et associations de gauche, nationalistes et écologistes, ainsi que de nombreux intellectuels indépendants[1],[2]

Elle est fondée le 7 octobre 2012 ; son porte-parole est Hamma Hammami[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Graffiti sur un mur : « Front populaire contre la misère »

Après la révolution tunisienne de 2011 qui aboutit au départ du président Zine el-Abidine Ben Ali et à l'élection d'une assemblée constituante qui porte les islamistes d'Ennahdha et leurs alliés au pouvoir (troïka), le paysage politique de la Tunisie se transforme : Béji Caïd Essebsi, ancien Premier ministre du deuxième gouvernement de transition, fonde un parti, Nidaa Tounes, qui rassemble des représentants de la bourgeoisie, des hauts cadres et des personnalités du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Ben Ali, dissous après la révolution[4].

Ce nouveau parti, considéré par certains comme le recyclage du RCD, arrive pourtant à trouver des alliés auprès de certains partis centristes et de droite, pour la plupart issus de l'éclatement de l'ancien régime[1] et à attirer la sympathie de près de 20 % des Tunisiens selon de premiers sondages[5], juste derrière Ennahdha, au nom de la logique « Tout sauf les islamistes »[1].

Ces faits donnent au paysage politique une réalité bipolaire que les partis de gauche tentent de briser[6] en créant le Front populaire afin de donner aux Tunisiens un choix autre que les islamistes au pouvoir ou Nidaa Tounes et ses alliés, allant davantage dans le sens des revendications sociales de la révolution.

Assassinat de Chokri Belaïd[modifier | modifier le code]

Au matin du 6 février 2013, l’un des leaders du Front populaire et secrétaire général du Parti unifié des patriotes démocrates, Chokri Belaïd, est assassiné par balle devant chez lui[7]. La famille et les proches du défunt ainsi qu’une partie des intellectuels et du peuple accusent Ennahdha, le parti au pouvoir, d’être derrière cet assassinat[8],[9].

Le pays est très vite envahi par des réactions d’indignations, des manifestations et des violences visant Ennahdha[7]. Le ministère de l’Intérieur dénombre près de 40 000 personnes ayant assisté aux funérailles de l’opposant alors que le pays observe une grève générale à l'appel de plusieurs partis et de l'Union générale tunisienne du travail ; les médias font état de près d'un million et demi de personnes dans les rues[10]. Le gouvernement Jebali fini par démissionner le 16 février[11].

Assassinat de Mohamed Brahmi[modifier | modifier le code]

Le 25 juillet 2013, un deuxième leader du Front populaire, Mohamed Brahmi, membre de l'assemblée constituante, est assassiné sous les yeux de membres de sa famille avec un mode opératoire qui rappelle celui de l’assassinat de Belaïd[12]. Le lien entre les deux meurtres est plus tard confirmé par les autorités[13].

L'implication du parti au pouvoir est à nouveau envisagée, le chef du gouvernement Ali Larayedh ayant concédé que la CIA avait averti ses services onze jours auparavant de l’existence d’un projet d’assassinat contre la personne de Brahmi et authentifié le document divulgué, ce qui cause un scandale[14],[15].

Assassinat de Mohamed Belmufti[modifier | modifier le code]

Le 26 juillet 2013, lors d'une manifestation organisée à Gafsa en hommage à Brahmi, Mohamed Belmufti, militant du Front populaire et ancienne tête de liste d'Afek Tounes, est tué par un tir de bombe lacrymogène reçu à la tête.

Al Moutawasset, l'une des chaînes de propagande télévisuelle d'Ennahdha[16], déforme l’information en prétendant que Belmufti est un membre de la Ligue de protection de la révolution, milice islamiste favorable au pouvoir[17], et qu’il a été tué par l’opposition[18].

Partis membres[modifier | modifier le code]

Courant marxiste-léniniste[modifier | modifier le code]

Autres courants[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (fr) Alain Baron, « Tunisie : le regroupement à gauche franchit une nouvelle étape », Europe solidaire sans frontières, 18 août 2012
  2. (fr) « Tunisie: Naissance d'une nouvelle coalition de gauche : le front populaire », Babnet, 13 août 2012
  3. (fr) « Hamma Hammami nommé porte-parole du front populaire », Shems FM, 28 novembre 2012
  4. (fr) Synda Tajine, « Béji Caïd Essebsi : pourquoi fait-il aussi peur ? », Business News, 19 juin 2012
  5. (fr) Seif Soudani, « Tunisie. Sondage 3C : le duel Ennahdha - Nidaa Tounes se précise », Le Courrier de l'Atlas, 24 septembre 2012
  6. (fr) « Tunisie - Le Front Populaire veut briser la bipolarité entre Ennahdha et Nidaa Tounes », Espace Manager, 7 octobre 2012
  7. a et b (fr) « Tunisie : l'assassinat de Chokri Belaïd provoque une vague de manifestations anti-Ennahdha », Jeune Afrique, 6 février 2013
  8. (fr) Tugdual de Dieuleveult, « Le frère de Chokri Belaïd assassiné mercredi : « J'accuse Ennahdha » », RMC, 7 février 2013
  9. (fr) « Tunisie : Le PPDU accuse Ennahdha d'être derrière l'assassinat de Chokri Belaïd », Babnet, 2 avril 2013
  10. (fr) « Tunisie. Marée humaine aux obsèques de Chokri Belaïd », Le Nouvel Observateur, 8 février 2013
  11. (fr) Tarek Amara, « Démission du gouvernement tunisien après la mort d'un opposant », Reuters, 6 février 2013
  12. (fr) Florence Beaugé, « Assassinat de Mohamed Brahmi : Tunis accuse les salafistes », Le Monde, 27 juillet 2013
  13. (fr) « Tunisie : liens confirmés entre les meurtres de Mohamed Brahmi et Chokri Belaïd », Le Monde, 26 juillet 2013
  14. (fr) « Tunisie : la CIA avait averti le gouvernement des menaces qui pesaient sur Mohamed Brahmi », Radio France internationale, 14 septembre 2013
  15. (fr) Hassane Zerrouky, « Le pouvoir éclaboussé. Le gouvernement savait que Mohamed Brahmi devait être assassiné », L'Humanité, 24 septembre 2013
  16. (fr) « Tunisie. Bientôt Al Moutawasset, une nouvelle chaîne pro-Ennahdha », Kapitalis, 12 novembre 2012
  17. (fr) Alexia Eychenne, « Tunisie : qui se cache derrière les ligues de protection de la révolution ? », L'Express, 7 février 2013
  18. (fr) « Tunisie : Un militant du Front populaire tué par une bombe lacrymogène à Gafsa », Kapitalis, 27 juillet 2013
  19. (fr) « Politique : Tunisie Verte dénonce l’hégémonie de Hamma Hammami sur le Front populaire », Kapitalis, 17 mai 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]