France université numérique

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France université numérique
Logo de France université numérique
Logo de France université numérique

Adresse https://www.fun-mooc.fr/
Slogan Se former en liberté
Commercial Non
Publicité Non
Type de site Cours en ligne ouvert et massif
Langue Français majoritairement
Propriétaire GIP FUN-MOOC
Lancement
État actuel En activité

France université numérique (FUN) est la plate-forme nationale française présentée via un portail web[1] visant à promouvoir l'utilisation des cours en ligne ouvert et massif (désigné en anglais par MOOC, massive open online course). Les cours proprement dits sont hébergés par une plateforme distincte du portail[2] et accessibles gratuitement par tous après inscription.

Techniquement, le portail est supporté par la plate-forme open source open edX fournie par un des géants du secteur qu'est l'américain edX, et soutenu par Google depuis septembre 2013. France université numérique reste toutefois totalement indépendante du site web de ces derniers[3],[4],[5].

Lors de son lancement, la plateforme est dotée par le gouvernement d'un budget de huit millions d'euros[6],[7]. À sa création, trois acteurs sont impliqués. Tout d'abord l’INRIA pour le déploiement de la plateforme, puis le CINES qui assure la conception, l'administration et l’hébergement de l'infrastructure informatique, et enfin RENATER qui fournit l'infrastructure réseau[8],[9]. Depuis octobre 2016, l’hébergement est assuré par Cloudwatt.

Genèse du projet[modifier | modifier le code]

En France, la volonté gouvernementale de développer les cours en ligne dès 2012 a conduit à la mise en place du projet France université numérique afin de développer une offre de contenu aussi bien pour la formation initiale que continue[10]. Partant du constat que l'offre d'éducation en ligne était en fort développement et un enjeu d'éducation majeur des prochaines années, et dans le même temps que seulement 3 % des universités françaises proposaient des cours en ligne, le gouvernement français décide de rattraper son retard sur les États-Unis. Ces derniers à travers le Massachusetts Institute of Technology (MIT), Harvard et Stanford ont déjà investi des millions de dollars dans ce secteur, trois millions d'étudiants américains pouvant ainsi suivre des cours en ligne[11].

À la suite de la loi du 22 juillet 2013 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ouvre le 2 octobre 2013 la plateforme France université numérique (FUN)[1]. Cette plateforme est destinée à rendre accessibles sur Internet des cours donnés par des enseignants des universités et écoles françaises. Les cours sont très majoritairement présentés en langue française.

Cette plateforme obtient le prix de la performance publique remis le [12].

L'ouverture des inscriptions aux premiers MOOC identifiés se fait à partir du et le début des cours à partir de janvier 2014[8].

Au , soit cinq semaines après le début des inscriptions, on dénombre 59 000 personnes inscrites à un cours dont 9 413 pour le plus prisé dispensé par le CNAM intitulé Du manager au leader[12]. Début 2014, peu avant le démarrage des premiers cours, 88 000 inscriptions sont annoncées au 10 janvier[7]. En mars 2014, la plateforme annonce que 200 000 personnes se sont inscrites à l'un des 25 cours proposés, l'objectif étant d'en proposer 55 d'ici l'été 2014[13],[14].

Principe[modifier | modifier le code]

Le principe] est de suivre par Internet un cours dispensé par un professeur face caméra[15], l'apprenant peut à sa guise piocher les cours qui l'intéressent et cela à son rythme. Le cours est tout de même cadencé à un rythme hebdomadaire et validé par étape à travers des quiz et autres types d'exercices . Un quiz final permet d'obtenir une « attestation de réussite » et de juger l'assimilation du cours[14]. Depuis avril 2016, FUN a déployé un système de certification en ligne[16] permettant aux équipes pédagogiques de proposer pour leurs MOOC un examen surveillé a distance. FUN a créé un MOOC qui s'intitule "Bienvenue sur FUN" expliquant le fonctionnement de la plate-forme et présentant l'ensemble des exercices qu'un apprenant peut rencontrer.[17]

Le réseau des établissements[modifier | modifier le code]

Dès septembre 2013, l’ambition a été de créer un réseau autour du projet, d’identifier les relais dans les établissements, de tisser des relations avec cette communauté à travers des séminaires, des sessions de formation, des échanges de bonnes pratiques, le partage de documents via un espace collaboratif (guide méthodologique, modes opératoires, fiches de procédures, fiche de bonnes pratiques, charte qualité, documents liés aux enjeux juridiques …). 

Aujourd’hui l’équipe FUN entretient des relations étroites avec 290 référents et correspondants dans près de 200 établissements, auquel s’ajoute un réseau grandissant de plus de 1000 concepteurs de MOOC. Parmi les établissements d'enseignement supérieur qui proposent les cours, on trouve le CNAM, l'Institut Mines Télécom, HESAM Université, l'INRIA, L’université Paris-Saclay, l'université Paris Sciences Lettres, le Groupe INSA, Polytechnique, l'ENS de Lyon, Centrale Supélec, Grenoble INP, Université de Bordeaux[18]....

Au fil du temps, des événements participatifs ont contribué à renforcer cette communauté. Ainsi deux MOOCAMP sont organisés en 2014, le premier à Paris, le second simultanément dans 7 villes. Ces MOOCAMP ont réuni plus de 700 participants, des étudiants, des enseignants, des experts et des passionnés de l’enseignement, qui ont travaillé en équipes pour scénariser des projets de MOOC.

En 2015, l’équipe FUN organise un évènement technique, un hackathon Open edX, simultanément sur 8 sites français. L’objectif étant de réunir des développeurs et des designers pour susciter le développement participatif et innovation autour de la technologie Open edX.

Chaque année, deux séminaires sont organisés, en juin et en décembre, qui rassemblent les concepteurs de MOOC autour des thématiques du moment afin de favoriser les échanges et le partage d'expériences.

Cours et thèmes proposés[modifier | modifier le code]

Quelques cours proposés illustrant la variété des thèmes[13] :

39 thèmes sont disponibles sur la plate-forme. Un MOOC pouvant chevaucher plusieurs de ces thèmes.

  • Agronomie et agriculture
  • Chimie
  • Communication
  • Création, arts et design
  • Cultures et civilisations
  • Découverte de l'Univers
  • Développement durable
  • Droit et juridique
  • Économie et finance
  • Éducation et formation
  • Enjeux de société
  • Entrepreneuriat
  • Environnement
  • Géographie
  • Histoire
  • Informatique
  • Innovation
  • Langues
  • Lettres
  • Management
  • Mathématiques et statistiques
  • Médias
  • Numérique, technologie
  • Outils pour la recherche
  • Philosophie
  • Physique
  • Programmation
  • Relations internationales
  • Réseaux et télécommunications
  • Santé
  • Sciences
  • Sciences cognitives
  • Sciences de la terre et de l'univers
  • Sciences de la vie
  • Sciences humaines et sociales
  • Sciences politiques
  • Sciences pour l'ingénieur
  • Sport
  • Vie de l'entreprise

Structuration des MOOC[modifier | modifier le code]

On constate ces deux dernières années une évolution du catalogue avec la création de deux concepts : les Collections et les Parcours.

Les Collections sont des MOOC qui traitent d’une même thématique en mettant en exergue plusieurs aspects de cette thématique. Dans une collection, on peut s’inscrire à chaque MOOC de manière indifférenciée. Ainsi, la Collection eFan, traite de la problématique « Enseigner et former avec le numérique » et compte, début 2017, six MOOC.

Un Parcours, quant à lui est une succession de MOOC qu’il faut suivre dans l’ordre pour progresser sur un même sujet. Un exemple de parcours porte sur la fabrication numérique : de l’idée au prototype en trois MOOC[20].

Évolutions[modifier | modifier le code]

Évolution de la gestion de la plateforme[modifier | modifier le code]

La plateforme étant gérée directement par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans sa phase de démarrage, le ministère lance un appel à manifestation d’intérêt à la mi-2014 pour qu'une université ou école reprenne cette gestion sur le long terme. Quatre groupements d'université ont indiqué leur intérêt, le choix final devant se faire en novembre[21].

La plateforme FUN prend un nouvel essor avec la création, en septembre 2015, du GIP (groupement d’intérêt public) FUN-MOOC qui reprend les objectifs impulsés par le ministère et en développe de nouveaux. Le GIP FUN-MOOC est désormais co-financé par le ministère et par ses établissements membres et partenaires.

En janvier 2016, le GIP FUN-MOOC compte 29 membres :  15 ComUE, 8 universités, l’institut Mines Telecom, Agrenium, l’ADEME, le CNFPT, la CCI Paris Ile de France et l’ INRIA.

Fréquentation[modifier | modifier le code]

En septembre 2014, la plateforme référençait trente-six cours, en français ou en anglais, proposés par seize établissements[21]. Avec 300 000 personnes inscrites pour le premier semestre 2014, le ministère a débloqué huit millions d'euros supplémentaires de budget[22].

Au bout d'un an, en novembre 2014, la plateforme revendique 400 000 inscrits et propose cinquante-trois cours en ligne. La Secrétaire d’État chargée de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso rappelle à cette occasion que l’investissement représente vingt millions d’euros de la part de l’État, dont douze au titre du Programme d’investissements d’avenir et huit sur le budget du ministère de l’Éducation nationale[23].

Le profil des inscrits indique que 57 % sont des hommes. De plus 61 % des inscrits ont entre 25 et 50 ans, 63 % sont en activité, les autres étant retraités (13 %), chômeurs (11 %) ou étudiants (9 %)[23].

En février 2017, c'est 959 235 personnes qui se sont inscrites sur FUN-MOOC pour un total de 2 784 148 inscriptions aux cours. 283 MOOC différents ont été joués pour 492 sessions, un MOOC pouvant être joué à plusieurs reprises[24].

En 2016, la deuxième nationalité présente sur FUN-MOOC est le Brésil.

Modèle économique[modifier | modifier le code]

L'inscription est gratuite et l'accès aux cours également, la plateforme étant financée par un budget gouvernemental à l'occasion de son lancement, puis par ses adhérents à partir de septembre 2015. Seule la certification, lorsqu'elle est proposée pour un MOOC, est payante. Le fait d'amener un public d'étudiants plus nombreux vers les cours du CNAM proposés sur catalogue fait également partie des enjeux financiers[14],[7]. Se pose alors la question de la valeur des attestations et des certifications sur le marché du travail et leur reconnaissance par les employeurs[25]. Progressivement, on sent une évolution du monde du recrutement qui se sensibilise aux nouvelles formes d’apprentissage à distance.

En janvier 2014, un appel à projet CréaMOOC financé à hauteur de trois millions d'euros est lancé pour permettre le financement d'atelier de création de MOOC au sein des universités (matériel vidéo, studio d'enregistrement par exemple). Un fonds d’investissement de cinq millions d'euros est quant à lui alloué pour créer des MOOC à destination de la formation professionnelle (formation continue)[7].

La formation professionnelle est une possibilité majeure de financement des MOOC, ainsi sur 32 milliards d'euros dépensés annuellement en formation par les entreprises, les universités françaises ne récupèrent que 4 %[11]. Dans cet esprit, le GIP FUN-MOOC a noué un partenariat avec OPCALIM (l’OPCA des industries alimentaires) pour concevoir des MOOC répondant aux besoins de formations des salariés des entreprises adhérentes à l’OPCA.

Un des buts d'une telle plateforme est également de revaloriser l'image et la qualité des enseignements français notamment auprès du public d'étudiants francophones dans le monde afin d'attirer ce public en France plutôt que dans les pays anglo-saxons[11].

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « France Université Numérique - FUN - Découvrir, apprendre et réussir » (consulté le 6 février 2014).
  2. « FUN - France Université Numérique » (consulté le 6 février 2014).
  3. (en) « EdX to Work with French Ministry of Higher Education to Create National Online Learning Portal »,‎ (consulté le 26 mars 2014).
  4. (en) Patricia Alex, « Multilingual MOOCs expand reach of U.S. idea »,‎ (consulté le 26 mars 2014).
  5. Julien Dupont-Calbo, « Derrière le MOOC à la française : Google », sur lemonde.fr, Le Monde,‎ (consulté le 26 mars 2014).
  6. « Éducation : la difficile équation économique des MOOC » (consulté le 26 février 2014).
  7. a, b, c et d Mathieu Oui, « MOOC : 88 000 inscrits sur la plate-forme FUN et de nouveaux financements en vue »,‎ (consulté le 26 mars 2014).
  8. a et b « Le numérique au service d’une Université en mouvement » [PDF],‎ (consulté le 6 février 2014).
  9. « Le CINES contribue au MOOC – FUN »,‎ (consulté le 10 octobre 2014).
  10. « Vers plus de numérique à l'université », sur lefigaro.fr,‎ (consulté le 18 mars 2014).
  11. a, b et c Nathalie Brafman, « L'université française passe de l'amphi aux cours en ligne », sur Lemonde.fr,‎ (consulté le 26 mars 2014).
  12. a et b « Prix de la performance publique pour France université numérique - MESR : enseignementsup-recherche.gouv.fr », sur Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (consulté le 6 février 2014).
  13. a et b « Lancement de 5 nouveaux MOOCs - France Université Numérique - FUN », sur Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche,‎ (consulté le 26 mars 2014).
  14. a, b et c Dominique Perez, « Mooc: France Université Numérique (FUN) fait un carton », sur L'Express,‎ (consulté le 26 mars 2014).
  15. http://www.dailymotion.com/video/x4wg9v0_fun-mooc-des-cours-en-ligne-gratuits-ouverts-a-tous_school
  16. https://www.fun-mooc.fr/news/fun-deploie-un-systeme-de-certification-pour-ses-m/
  17. « MOOC de présentation des MOOC sur FUN "Bienvenue sur FUN" », sur FUN MOOC,‎
  18. Elsa Benoît, « Le numérique bouscule les rythmes de formation des salariés », sur 01net.com,‎ (consulté le 18 juin 2015).
  19. Anne Moreaux, « L'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne lance son premier MOOC »,‎ (consulté le 26 mars 2014).
  20. « La fabrication numérique : de l'idée au prototype », sur FUN MOOC,‎
  21. a et b Cécile Maillard, « Les Moocs de France Université Numérique quittent le giron ministériel », sur usine-digitale.fr,‎ (consulté le 10 octobre 2014).
  22. Xavier Berne, « 13 nouveaux cours en ligne gratuits sur France Université Numérique »,‎ (consulté le 10 octobre 2014).
  23. a et b « La plate-forme FUN atteint les 400 000 inscrits », sur http://etudiant.lefigaro.fr,‎ (consulté le 6 novembre 2014).
  24. https://www.fun-mooc.fr/news/fun-mooc-totalise-plus-de-2-millions-dinscriptions/
  25. Vincent Mangematin et Bertrand Guillotin, « MOOCs : Eldorado ou fuite en avant ? », sur Les Échos,‎ (consulté le 26 mars 2014).