Cloudwatt

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Cloudwatt
Image illustrative de l'article Cloudwatt

Création 2012
Forme juridique Société par actions simplifiéeVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège social ETIK, 892 rue Yves Kermen, 92100 Boulogne-Billancourt
Drapeau de France France
Direction Philippe Laplane - Directeur Général d'Orange Cloud for Business
Actionnaires Orange
Activité Services informatiques
Site web cloudwatt.com

Cloudwatt est l'offre de cloud public de type IaaS basée sur Openstack d'Orange Business Services proposant des ressources élastiques et à la demande pour permettre aux utilisateurs de construire les solutions innovantes pour héberger des applications cloud-ready. Cloudwatt propose des solutions de stockage en ligne des données, de machines virtuelles et de réseaux virtuels selon le modèle IaaS (ou Infrastructure en tant que service).

Cette offre s’adresse aux acteurs professionnels de l’informatique et du numérique, aux entreprises et aux organismes publics.

Historique[modifier | modifier le code]

Le projet Andromède issu du Grand Emprunt[modifier | modifier le code]

Le lancement de Cloudwatt entre dans le cadre du projet Andromède[1] initié en 2009 dans l’objectif de donner plus de chances à la France d’exister sur le marché du cloud computing. Le Grand Emprunt a été le déclencheur et le coup de pouce pour avancer et initier le projet. La terminologie forgée par les médias pour cette initiative alors unique en Europe a été « cloud souverain »[2]. Le but était de donner aux professionnels, comme aux particuliers, l’accès à des solutions sécurisées de stockage en ligne des données et de machines virtuelles, localisées sur le sol français dans un premier temps et européen par la suite.

Le gouvernement au travers du FIS (Fond d’Initiative Stratégique) a fait le choix de deux acteurs chacun doté de 225 millions d’euros : Cloudwatt d’une part (avec Orange, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et Thales comme actionnaires) et Numergy d’autre part (SFR, la CDC et Bull).

La création de Cloudwatt[modifier | modifier le code]

L’entreprise Cloudwatt a été créée le 6 septembre 2012 par Orange et Thales dans le cadre du projet Andromède de cloud souverain[3]. Le 2 octobre 2012, Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique participe à la conférence de presse de Cloudwatt. Elle précise l’engagement du gouvernement en matière de cloud computing, technologie qu’elle qualifie d’« enjeu majeur pour la compétitivité des entreprises » et qu’elle compare à « une force au moins aussi égale à celle d’Internet »[4].

Cloudwatt met en avant son choix d’être parti d’une page blanche pour développer ses offres et de ne pas s’être appuyée sur des technologies antécédentes. La société a donc conçu sa propre plateforme sans faire appel aux infrastructures déjà existantes de ses actionnaires[5]. "Nous maîtrisons totalement nos choix d'infrastructures, et cela nous donne une totale autonomie vis-à-vis des fournisseurs technologiques avec lesquels nous travaillons", fait savoir Patrick Starck, président de Cloudwatt[6]. Il s’agit d’un environnement de cloud Open source basé sur OpenStack.

Le rachat par Orange[modifier | modifier le code]

Le 20 mars 2015, Orange, actionnaire de Cloudwatt, contrôle l'entreprise à 100%, en rachetant les parts de Thales et de la Caisse des dépôts[7].

Le 1er janvier 2016, Cloudwatt fusionne avec Orange Business Services au travers de sa filiale - Orange Cloud for Business qui regroupe en France et à l’international l’ensemble des équipes  (~ 1200 personnes) qui portent les activités de management des d’infrastructures IT, de cloud computing, d’applications et d’environnements de travail virtualisés «multi-devices ».

Une architecture Open source[modifier | modifier le code]

Cloudwatt a fabriqué son offre de IaaS (Infrastructure as a Service) en utilisant la solution communautaire et open source OpenStack. Ses solutions d’infrastructures innovantes, basées sur OpenStack (technologies open source émergentes), sont conçues de manière à favoriser l'ouverture, l'interopérabilité et à garantir la transparence, la réversibilité et la localisation des données aux meilleurs coûts sur des technologies qui font le standard de demain[8]. Le cloud Cloudwatt est utilisable par des APIs OpenStack ce qui permet d’éviter la dépendance vis-à vis d’acteurs proposant des solutions propriétaires.

Dès sa création, en septembre 2012, Cloudwatt devient membre de la Fondation OpenStack et devient alors la seconde entreprise européenne à intégrer la communauté[9]. En tant que « corporate sponsor », Cloudwatt fournit des ressources supplémentaires pour protéger, promouvoir et valoriser la fondation OpenStack. Cloudwatt fait partie aujourd’hui des 30 premiers contributeurs OpenStack[10].

En marge de l’OpenStack summit d’Hong Kong, en novembre 2013, Cloudwatt annonce le premier déploiement du framework Hadoop sur OpenStack.

En juin 2014, Cloudwatt est la première entreprise au monde à déployer OpenContrail, solution open source de réseau virtualisé pour le Cloud.

Les datacenters de Cloudwatt[modifier | modifier le code]

Le datacenter Normandie de Cloudwatt à Val-de-Reuil (Eure)

Les Datacenters de Cloudwatt sont situés à Val-de-Reuil (Normandie) et à Rueil-Malmaison (Ile-de-France). Ils sont de classe 4 (Tiers IV) et de classe 3 (Tiers III).

Le stockage en ligne[modifier | modifier le code]

Il existe deux façons pour l’utilisateur de gérer son stockage sur Cloudwatt. L’interface du site web accessible par n’importe quel navigateur permet de créer des espaces de stockages, de charger, télécharger et supprimer des fichiers. L’autre possibilité est d’utiliser un logiciel de transfert de fichiers utilisant l’API Swift d’OpenStack, comme Cyberduck ou Cloudberry[11].

Comme tout service opéré par un Cloud « souverain », les données chargées sur le stockage de Cloudwatt sont localisées en France et opérées par des acteurs sans liens capitalistiques avec des entreprises américaines et, à ce titre, ne sont pas soumises à l’application du Patriot Act.

Le Compute[modifier | modifier le code]

Le 30 juin 2014, Cloudwatt annonce l’ouverture de son cloud public souverain complet avec les services « Compute » et « Stockage objet » et se positionne comme un producteur souverain d'énergie numérique. Cette offre est disponible auprès des partenaires de Cloudwatt et en ligne sur www.cloudwatt.com[12].

Cloudwatt a déployé les modules Openstack suivants : Nova (compute), Keystone (identification), Glance (image), Cinder (stockage bloc), Swift (stockage objet), Heat (orchestration), Horizon (console), Neutron (réseau), Sahara (hadoop) et Magnum (container).

Une réponse française au Patriot Act et à l’affaire PRISM[modifier | modifier le code]

Patriot Act[modifier | modifier le code]

L’objectif de Cloudwatt est de proposer une alternative aux offres de cloud computing d’acteurs historiques comme Amazon ou Microsoft. Ces offres sont soumises au Patriot Act, une loi votée au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Elle permet, entre autres, aux agences gouvernementales américaines comme le FBI d’accéder aux données stockées sur les serveurs d’entreprises de droit américain, sans notification d’un juge[13]. Le problème de confidentialité des données que posent ces offres a constitué un frein à l’adoption de solutions de cloud computing pour un grand nombre d’entreprises[14]. L’arrivée d’acteurs français dans le domaine du cloud computing ouvre donc de nouvelles opportunités à ces sociétés, mais aussi aux organismes du secteur public.

Les solutions des clouds souverains comme Cloudwatt garantissent la protection des données et la localisation en France. Leurs actionnariats garantissent également le risque de prise de contrôle par une entreprise étrangère.

Les affaires PRISM et XKeyScore[modifier | modifier le code]

Le cloud souverain s'est développé sous l’impulsion des révélations concernant le rôle des services américains dans la surveillance des données au niveau mondial[15].

Les affaires PRISM ont notamment posé la question du contrôle par un État des données informatiques privées. Les Révélations d'Edward Snowden en juin 2013 ont montré que la NSA, l’agence nationale américaine de sécurité, avait demandé à Facebook, Google ou Microsoft des données appartenant à leurs clients[16]. Un mois plus tard, Edward Snowden alertait sur XKeyscore[17], un programme secret d’espionnage en temps réel des activités des internautes.

Face à la défiance générée par les affaires PRISM et XKeyscore, les attentes autour du cloud souverain ont été renforcées, les entreprises françaises souhaitant se prémunir du risque de "piratage" de leurs données[18].

Partenariats[modifier | modifier le code]

Partenariat avec Teddy Riner[modifier | modifier le code]

Teddy Riner est devenu le partenaire officiel de Cloudwatt en 2012 pour une durée de 5 ans, soit un an après la prochaine olympiade[19]. Le champion du monde de Judo et médaillé Olympique de Londres est diplômé en informatique et poursuit un cursus d’étude en 3e année de Sciences Po Paris. Teddy Riner est apparu dans plusieurs publicités Cloudwatt à la télévision[20] (LCI, iTélé et BFM TV). Il a également incarné la marque Cloudwatt lors de salons IT dont la société était sponsor.

Partenariats commerciaux[modifier | modifier le code]

Les partenaires de Cloudwatt sont de plusieurs types :

  • les éditeurs de logiciels ou ISV (Independant Software Vendors)
  • les intégrateurs ou VAI (Value Added Integrators)
  • les fournisseurs de matériels et de solutions historiques : Dell pour les serveurs, Netapp pour le stockage informatique

Adhésion à l’APRIL et engagement auprès du logiciel libre[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2015, Cloudwatt était adhérente de l’APRIL association du logiciel libre en France.

Capital[modifier | modifier le code]

Initialement, Cloudwatt était doté d’un capital de 225 millions d’euros avec la répartition des fonds est la suivante : 44,4 % pour Orange, 22,2 % pour Thales, 33,3 % pour la Caisse des Dépôts.
Le 13 janvier 2015, Orange et sa filiale Orange cloud for business ont annoncé leur intention de racheter la totalité de Cloudwatt dont ils détiennent déjà 44,4 % du capital[21],[22].

Le 20 mars 2015, Orange annonce détenir 100% du capital de Cloudwatt[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Cloud Andromède : Orange et Thales se félicitent et se disent prêts à démarrer », ZDnet, 20 avril 2012, Christophe Auffray
  2. « La France veut son "cloud souverain" », France Info, 16 avril 2012, Jérome Colombain
  3. « Cloud souverain : Orange et Thalès lancent Cloudwatt », Le Monde Diplomatique, 6 septembre 2012, Jacques Cheminat
  4. « "Le gouvernement soutiendra le cloud computing", affirme Fleur Pellerin », L’Usine Nouvelle, 2 octobre 2012, Rhida Loukil
  5. « Où en est Cloudwatt ? Un point avec Raphaël Ferreira d’eNovance », Silicon.fr, Le site des décideurs IT, 22 juillet 2013, par Yves Grandmontagne
  6. « Cloudwatt : des offres naissantes misant sur l'Open Source », Journal du Net, 3 avril 2013, Dominique Filippone
  7. a et b « Orange bientôt souverain chez Cloudwatt », L'Usine digitale,‎ (lire en ligne)
  8. Cloudwatt mise sur l'Open Source pour son Cloud, Le Journal du Net, 2 octobre 2012, Virgile Juhan
  9. « Cloudwatt veut s'imposer dans la révolution cloud », Le Monde Informatique, 2 octobre 2012, Adrien Geneste
  10. « Cloudwatt parmi les 30 premiers contributeurs OpenStack », 5 novembre, Christophe Lagane
  11. How to Sign Up and Start Using CloudWatt Cloud With CloudBerry Backup, Cloudberry Blog
  12. « Cloudwatt : des applications iOS et Android bientôt et l'IaaS au premier semestre 2014 », ZD Net, 16 octobre 2013, Christophe Auffray
  13. USA Patriot Act : un risque majeur pour la confidentialité des données dans le Cloud, lemonde.fr, 26 mars 2012, Jamal Labed
  14. « Cloud computing: patriot act et sécurité des données », We love SaaS, 9 mars 2012, Clément Vouillon
  15. « L'affaire Prism rend "pertinent" de localiser les data center en France (Pellerin) », sur LEntreprise.com (consulté le 29 avril 2016)
  16. «Prism, Snowden, surveillance : 7 questions pour tout comprendre », lemonde.fr, 02 juillet 2013, Michaël Szadkowski et Damien Leloup
  17. « Comment fonctionne XKeyscore, le logiciel espion de la NSA », Sciences et Avenir, 2 août 2013, Joël Ignasse
  18. « Le « cloud » à la française espère profiter du scandale Prism », Les Échos, 05 juillet 2013, Romain Gueugneau
  19. « Cloud Watt choisit Teddy Riner comme ambassadeur », Stratégies.fr, 18 décembre 2012, Fanny le Borgne
  20. « Teddy Rinner, nouvel ambassadeur de Cloudwatt », Sport Buzz Business, 22 janvier 2013, Alexandre Bailleul
  21. annonce et commentaire de l'Usine Nouvelle sur le rachat en cours de Cloudwatt par Orange Cloud for Business
  22. En voulant racheter Cloudwatt, Orange défie Atos dans le cloud français usine-digitale.fr, le 13 janvier 2015

Sources[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]