François de Dinteville

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François de Dinteville
(Ier du nom)
Image illustrative de l'article François de Dinteville
St François debout et François de Dinteville agenouillé. Vitrail Renaissance, église Saint-Martin de Montmorency (Val-d'Oise)
Biographie
Naissance
Décès
Évêque de l’Église catholique
Dernier titre ou fonction évêque d'Auxerre
Évêque d'Auxerre
Évêque de Sisteron
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

François Ier de Dinteville († à Auxerre) est un prélat français du XVIe siècle, évêque d'Auxerre de 1513 à sa mort.

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le dernier fils de Claude de Dinteville (~1413-1477), seigneur de Commarin en Bourgogne, d'Eschenetz, Polisy, etc. ; et de Jeanne de la Baume, fille du seigneur de Mont-Saint-Sorlin, descendante de la riche et puissante famille des comtes de Mont-Revel[1].

Son père Claude a été élevé à la cour des derniers ducs de Bourgogne, puis est devenu le conseiller et surintendant des finances de Charles le Téméraire (duc de Bourgogne 1467–1477). Il est tué à l'âge de 64 ans à la bataille de Nancy (1477) avec Charles le Téméraire[1].

Il a quatre sœurs et neuf frères[1], dont Jean de Dinteville[2]. Deux autres de ses frères sont pourvus[1] d'offices importants : Gaucher, le plus âgé de ces deux frères, est maître d’hôtel du roi et chevalier de ses ordres puis lieutenant de la ville de Sienne pendant les guerres d'Italie et gouverneur du dauphin de France, futur François Ier ; Jacques, le deuxième de ces deux frères, est grand veneur de France[2].

"Guillaume"[note 1] de Pot, évêque de Tournai, est son oncle ; Claude de Dinteville († 1506), abbé de Reigny puis de la Ferté-sur-Grosne (1470-1506), fait également partie de la proche famille[1]. Claude est également cité comme abbé de la Bussière, dans l'église de laquelle il est enterré († 1507) ; un bas-relief de sa tombe, classé objet MH, est toujours visible à l'église des Trois-Vallées ou église de l'Assomption jouxtant les bâtiments de l'ancienne abbaye[3].

La famille tire son nom d'une terre en Champagne, auparavant possédée par les Jaucourt[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir étudié à Dijon et à Autun, il est envoyé à Padoue où il devient docteur en droit civil et en droit canonique. De retour en France après les guerres du duc de Bourgogne (après 1477), il trouve la faveur de l'archevêque de Rouen Georges d'Amboise, qui l'attache à sa maison et le garde quand lui-même devient cardinal et ambassadeur. Les parents de François s’entremettent pour faire connaître favorablement leur fils à Louis XII. Certains ajoutent que Claude de Dinteville son proche parent est la principale cause de la bonne fortune de François ; mais son oncle Guillaume Pot évêque de Tournai est mieux placé pour procurer des prébendes. Deux des frères de François sont déjà bien pourvus[1].

Dinteville Ier accumule les bénéfices : cure de Ricey (diocèse de Langres), prieuré de Choisy (diocèse de Meaux), chanoine d'Autun, de Beaune et de Dijon, abbé de Châtillon-sur-Seine et abbé de Montier-en-Der (dont il est titulaire au plus tard à partir de 1507). Il reçoit l'évêché de Sisteron en 1508[2].

Suite au décès de Philippe de Clèves, évêque d'Autun (1503 - † 1505), le chapitre d'Autun le demande pour prendre la suite. Mais Louis XII le prie de céder son droit à Jacques Hurault, ce qu'il fait[2].

En 1513 le chapitre d'Auxerre, usant pour la dernière fois du droit d'élire jusque là attribué aux chapitres[note 2], cherche un successeur à Jean Baillet († novembre 1513). L'élection, prévue le 5 décembre suivant, est retardée jusqu'au 30 janvier pour cause d'absence de plus de vingt chanoines à la session de décembre. Dinteville est élu[2].

En acceptant le siège d'Auxerre, François se démet immédiatement de presque tous ses autres bénéfices ; il ne garde que l'abbaye de Montier-en-Der. Et il fait au plus vite pour arriver à Auxerre, ayant été averti que sa présence est nécessaire pour éviter le pillage des biens de l'évêché par les seigneurs locaux[2].

Rosace de la Vierge des Litanies du bras nord du transept de la cathédrale (réalisée par Germain Michel en 1528)

Pendant son pontificat la maison épiscopale de Varzy est réparée. Il élève une tour considérable à Regennes et rebâtit à neuf le corps du logis, avec une galerie magnifique[4]. Il donne de riches ornements à la cathédrale d'Auxerre et y fait construire des orgues, deux énormes jubés et des verrières au portail septentrional[4].

En tant qu'abbé de Notre-Dame de Montier-en-Der (dans le diocèse de Châlons-sur-Marne) il fait effectuer de grosses réparations à l'abbaye, qui a été très endommagée lors de la guerre de Cent Ans puis de la guerre de succession de Bourgogne[5].

Comme François de Dinteville est également et successivement aumônier ordinaire de Louis XII et de François Ier, il passe trois ou quatre mois à la cour. Il passe aussi près de un an à Paris pour plaider la cause des Auxerrois pour le bailliage passé à Villefranche-le-Roi pendant le temps où les ducs de Bourgogne jouissaient du comté d'Auxerre ; il obtient en 1523 un arrêt adjugeant au bailliage d'Auxerre les terres entre l'Yonne et la Loire (Donzy, Clamecy, ...)[6].

Malgré ces absences le luthéranisme ne trouve pas d'entrée dans son diocèse[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Jean Lebeuf, Mémoires concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre..., vol. 1, Auxerre, Perriquet, , 886 p. (lire en ligne). Vie de François de Dinteville Ier : pp. 569-579. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il n'existe pas de "Guillaume de Pot" dans la liste des évêques de Tournai. Un Louis de Pot est élu par le chapitre en accord avec le roi de France, pendant que dans le même temps le pape essaie plus ou moins vainement d'imposer successivement plusieurs candidats (Jean Monissart - † 1484 ; Antoniotto Pallavicini - résigne en 1496 ; et Pierre Quicke). C'est la période du schisme de Tournai, qui dure de la mort de Ferry de Clugny en 1483 jusqu'à la mort de Louis de Pot en 1505.
  2. Jusque là, en principe ce sont les chapitres de chanoines qui élisent l'évêque ; celui-ci se fait ensuite confirmer par le pape, jure fidélité à son archevêque et requiert l'approbation du roi. Avec François Ier, la façon de pourvoir les sièges épiscopaux changera.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Lebeuf 1743, p. 570, volume 1.
  2. a, b, c, d, e et f Lebeuf 1743, p. 571, volume 1.
  3. « Bas-relief : la Crucifixion et les Vertus », notice no PM21000458, base Palissy, ministère français de la Culture.
  4. a et b Lebeuf 1743, p. 573, vol. 1.
  5. Lebeuf 1851, p. 109, vol. 2.
  6. a et b Lebeuf 1743, p. 574, vol. 1.