L’archidiocèse de Rouen est siège d'un diocèse depuis le IIIe siècle. Les raids vikings au IXe siècle ont causé la perte de nombreuses archives en Normandie. La liste des évêques de Rouen a donc été reconstituée a posteriori, d'où quelques lacunes et l'inclusion de personnages légendaires. Avitien est le premier évêque attesté historiquement puisque sa présence est connue au concile d'Arles en 314. Les évêques de Rouen reçoivent pour la première fois le pallium au VIIIe siècle.
Divers récits racontent les vies des différents évêques et archevêques de Rouen. Deux textes sont écrits par les chanoines de la cathédrale de Rouen dans la seconde moitié du XIe siècle. Ce sont les Actes des Archevêques de Rouen (Acta Archiepiscoporum Rotomagensium)[1] rédigé vers 1070 pour le Livre d'Ivoire de la cathédrale, revu et augmenté plus tard par Thierry, moine de Saint-Ouen de Rouen pour le Livre Noir de Saint-Ouen, et les Annales de Rouen. Ils sont complétés par la Chronique métrique des archevêques, poème qui consacre deux vers à chacun des archevêques ayant occupé le siège depuis sa fondation.
La métropole de Rouen, soumise depuis 1079 à la primatie lyonnaise, tenta de s'en émanciper, et remporta deux victoires, l'une quand Rome établit en principe l'immédiate soumission au Saint-Siège de l’Église de Rouen (8 juillet 1458)[2], l'autre devant Louis XIV (). Les archevêques de Rouen prirent le titre de « primats de Normandie » (à partir de 1527[3]), jamais reconnu par Rome. Les prétentions primatiales furent supprimées avec le Concordat de 1801[4],[5]. Depuis le 1er février 1820, les archevêques ont repris le titre de « primat de Normandie »[6] — avec une exception notable à Vatican II, où le titre primatial ne fut pas exhibé… Aujourd’hui encore, l’Annuaire diocésain de Rouen revendique le titre de primat de Normandie, mais il n'a pas de valeur canonique.
Nicaisius, mort vers 260, n'apparaît pas sur toutes les listes. Il évangélisa le Vexin mais semble ne pas être venu à Rouen et ne fut probablement pas évêque de la ville[7]. Fête le 11 octobre.
Mellonus dit de Cardiff, premier évêque de Rouen. Arrivé à Rouen en 260, il serait inhumé dans la crypte de l'église Saint-Gervais de Rouen. Fête le 22 octobre.
Victricius, mort vers 415. Il est contemporain de Martin de Tours et de Paulin de Nole. Il participe au développement du groupe cathédral rouennais[Quoi ?]. Il est reconnu pour son "De laude sanctorum".
Godardus, mort en 525. Premier Franc à occuper le siège épiscopal. Il participe avec Rémi de Reims à la conversion de Clovis et est présent au premier concile d'Orléans (511). Il sacre le futur saint Lô, évêque de Coutances. Fête le 8 juin.
Mort en 639. Il est reconnu pour la légende de la gargouille, à l'origine du Privilège des évêques de gracier un condamné à mort tous les ans, en lui faisant porter la fierte contenant les reliques du saint lors d'une procession. Fête le 23 octobre.
↑Richard Allen, « The Acta archiepiscoporum Rotomagensium: study and edition » in Tabularia « Documents », n° 9, 2009, p. 1-66, lire en ligne.
↑F. Jacques, Historiographie générale des provinces ecclésiastiques de l’Église latine, où l’on traite de l’origine des patriarcats, primaties, archevêchez répandus dans les quatre parties du monde, comme aussi de l’établissement des ordres religieux dans chaque diocèse, et des lieux, qui ont donné naissance à leurs fondateurs et fondatrices, Avignon, , p. 165-166.
↑É.-J. Poullin de Lumina, Histoire de l’Église de Lyon depuis son établissement par Saint Pothin, dans le second siècle de l’Église, jusqu'à nos jours, Lyon, , p. 429.
↑Bulletin des lois de la République Française, 3e série, VI, Paris, , p. 773, 776-777.
↑Code religieux : contenant textuellement les Lois, Conventions, Réglemens, Discours et Rapports, les Brefs en latin et en français, et généralement tout ce qui concerne l’organisation et la police des Cultes, avec une table alphabétique, I, Paris, , p. 169.171.
↑Son nom apparaît dans les Acta archiepiscoporum Rotomagensium, texte anonyme rédigé initialement à la cathédrale de Rouen vers 1070. Il s'agit probablement d'une interpolation du texte pour justifier son inscription à la tête de l'évêché de Rouen. Cf Autour des morts. Mémoire et identité, Publication Univ Rouen Havre, , p. 379.