Famille de Jouffroy d'Abbans

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de Jouffroy d'Abbans
Image illustrative de l’article Famille de Jouffroy d'Abbans
Armes

Blasonnement Fascé d'or et de sable à 6 pièces, la première fasce de sable chargée de 2 croisettes tréflées d’argent.
Devise « Virtus cum pietate juncta »
Lignées de Jouffroy d'Abbans
de Jouffroy-Gonsans
de Jouffroy d’Uzelles
de Jouffroy-Novillars
Période XVe siècle au XXIe siècle
Pays ou province d’origine Franche-Comté
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Fiefs tenus marquisat d'Abbans ;

seigneuries de Marchaux, d’Abbans, d’Osselle, de Byans, de Villars Saint Georges.

Demeures château d'Abbans (Doubs), hôtel de Jouffroy à Luxeuil, Tour Jouffroy (Tour des échevins) à Luxeuil, hôtel de Jouffroy à Albi, hôtel du Bouteiller à Besançon
Charges Cogouverneur de Besançon, député de la noblesse à Lyon en 1789, Député du Doubs (1889-1897)
Fonctions ecclésiastiques Cardinal, évêque d'Arras, évêque d'Albi, abbé de Luxeuil, abbé de Saint-Denis
Récompenses civiles marquis d'Abbans (1707)
Preuves de noblesse
Admis aux honneurs de la Cour chevaliers de l’ordre de Saint-Georges, chevaliers de l’ordre de Malte, chevaliers de l’ordre de Saint louis

La famille de Jouffroy d’Abbans est une familles subsistante de la noblesse française originaire de Franche-Comté[1].

Histoire et origine[modifier | modifier le code]

Cette famille est attestée aux archives de Besançon dans un testament daté de 1347. Sa filiation suivie[2] remonte au début du XVe siècle avec Perrin Jouffroy, de Luxeuil, qui s’établit en 1435 à Besançon où il fera une fortune considérable. Il participera à la lutte de la Cité contre son archevêque, ce qui lui vaudra une excommunication temporaire[3]. Co-gouverneur de Besançon, il est anobli par lettres du duc de Bourgogne en 1444[4].

Perrin Jouffroy fut le père du cardinal Jean Jouffroy, évêque d’Arras et d’Albi, ambassadeur, conseiller du roi Louis XI, et de Pâris Jouffroy qui fut à l’origine de plusieurs branches qui donnèrent les familles de Jouffroy-Gonsans (subsistante), de Jouffroy d’Uzelles (éteinte en 1785), de Jouffroy-Novillars (éteinte en 1760) et de Jouffroy-d’Abbans (subsistante).

La famille de Jouffroy d’Abbans eut pour auteur Jacques de Jouffroy, seigneur de Marchaux et d’Abbans, second fils de Pâris Jouffroy, qui épousa en 1484 Anne de Joux, dernière descendante de sa maison et héritière de la seigneurie et du château d'Abbans, qui passèrent dans la famille de Jouffroy. Depuis cette époque, le château d’Abbans est resté dans la descendance de la famille de Jouffroy d’Abbans.

La famille de Jouffroy d’Abbans compta de nombreux officiers qui au cours des siècles s’illustrèrent dans la carrière des armes, d’abord au service de la maison de Habsbourg, souverains du Comté de Bourgogne puis des rois de France[5].

Plusieurs de ses membres furent chevaliers de l'ordre de Saint-Georges, de l’ordre de Malte et de l’ordre de Saint Louis.

Lors du siège défensif de Lille en automne 1708, Claude François de Jouffroy d'Abbans (1682-1771) se distingua au côtés du maréchal de Boufflers, aussi, par lettre patente de mai 1709 enregistrée le 27 mars 1715, Louis XIV érigea les terres de Claude François en marquisat[4],[6].

Branches[modifier | modifier le code]

Branche fixée au Brésil en 1820[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, Jean-Charles-Gabriel de Jouffroy d'Abbans (1788-1820), troisième fils du marquis Claude François Dorothée de Jouffroy d'Abbans (1751-1832), inventeur des bateaux à vapeur, épousa N. Marmillon, fille de l'artisan d'Abbans qui avait aidé son père dans ses constructions et s'embarqua au Havre le 11 octobre 1820 pour chercher fortune au Brésil. Il mourut à Fejoca en 1826 à 38 ans, laissant son fils Louis (né en 1817), alors âgé de 9 ans, à la charge de son épouse qui lui survécut une vingtaine d'années au Brésil « n'ayant rien pour vivre ». En 1894 son fils, Luiz de Jouffroy d'Abbans vivait alors « dans la plus profonde misère » à Villaciosa, Province de Bahia. On ignore s'il eut des descendants[7],[8],[9].

Branche fixé en Angleterre en 1940[modifier | modifier le code]

Une descendance portant le nom de Jouffroy d'Abbans se fixa en 1941 en Angleterre avec Jacqueline de Jouffroy d'Abbans (née le 20.01.1918 et décédée en 1996 à Kingsclere, Hampshire, Angleterre) fille du marquis Marie Joseph Albert de Jouffroy d'Abbans (né en 1874) et de Clémentine Dièghe[10],[11],[12].

Jacqueline de Jouffroy d'Abbans fut la mère de Jean Williams Charles de Jouffroy d'Abbans (né en 1941, décédé en 1992 à Hampshire, Angleterre)[12], qui eut deux filles : Anoushka Jacqueline de Jouffroy d'Abbans (née en 1976) et Rosanna Katharine de Jouffroy d'Abbans (née en 1978)[12],[13] qui portent de nos jours le nom Jouffroy d'Abbans en Angleterre.

Jacqueline de Jouffroy d'Abbans épousa ensuite en 1952, le Major Thomas Sidney Astell, dont Isabelle Jacqueline Laline Astell (née en 1955 à Bruxelles), mariée en 1982 à Merlin Sereld Victor Gilbert Hay, 24e comte of Erroll[14].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Cardinal Jean Jouffroy.
Claude François Dorothée marquis de Jouffroy d'Abbans (1751-1832).
  • Le cardinal Jean Jouffroy, (1412-1473). D’abord aumônier du duc de Bourgogne qui lui confie plusieurs ambassades, il est nommé abbé de Luxeuil en 1450, évêque d'Arras en 1453, et légat du pape en 1459. Conseiller du roi Louis XI vers1460, il est créé cardinal en 1461 et nommé évêque d'Albi en 1462. Il devient abbé de Saint-Denis en 1464. À son décès son corps est embaumé et inhumé dans la cathédrale d'Albi[15].
  • Claude François Dorothée marquis de Jouffroy d'Abbans (1751-1832), inventeur de la navigation à vapeur. D’abord lieutenant au régiment de Bourbon-Infanterie, une altercation avec le comte d’Artois lui vaut en 1772 une lettre de cachet pour être emprisonné pendant deux ans au fort Royal sur l’île Sainte-Marguerite (archipel de Lérins). De sa cellule, il observe le passage des galères, cette observation serait à l’origine de sa recherche pour l’application de la vapeur à la navigation[16]. Architecte naval et ingénieur il fut l’inventeur et le constructeur des premiers bateaux à vapeur, avec le Palmipède (1776 à Baume les Dames), le Pyroscaphe (1783 à Lyon) et le Charles-Philippe (1816 à Paris-Bercy)[17]. Une rue du 17e arrondissement de Paris ainsi qu’une rue de Lyon portent son nom en son honneur. Deux statues qui le représentent observant le cours de l’eau, sont implantées sur le quai du Doubs et le pont Battant à Besançon.
  • Claude Balthazar comte de Jouffroy d’Abbans (1757-1792), frère cadet du précédent. Garde du corps du roi, il fut chargé d’arrêter le cardinal de Rohan lors de l'affaire du collier de la reine[18].
  • Achille François marquis de Jouffroy d’Abbans (1785-1859), fils de Claude François Dorothée de Jouffroy d'Abbans. Ingénieur dans les forces maritimes du royaume d'Italie, directeur pendant deux ans des mines de plomb de Vice Novo puis commissaire de guerre du 2e corps d'armée à Udine, il revint en France en 1814 et suivit Louis XVIII à Gand en 1815 qui le nomma chevalier de la légion d'honneur. Directeur de la « Gazette de France » de 1816 à 1823, après la chute de Charles X, il se retira à Londres, où il publia le journal "La Légitimité" dont la publication fut interdite en France. Il abandonna ensuite la politique et retourna en France où il fit breveter plusieurs inventions dont en 1843, un système de chemin de fer comportant un troisième rail à crémaillère. En 1856, le gouvernement sarde lui demanda un projet de chemin de fer à travers les Alpes par le Mont Cenis, il se rendit pour cela en Italie, mais mourut à Turin le 1er décembre 1859[19].
  • Alphonse comte de Jouffroy d’Abbans (1823-1899), petit neveu de Claude François Dorothée[20], général et officier d’ordonnance de Napoléon III[21].

Armoiries[modifier | modifier le code]

Dès les origines, la famille porte des armes fascées d'or et de sable de six pièces, la première fasce de sable chargée de deux croisettes tréflées d'argent. Ces armes se trouvent dans les mansucrits enluminés du cardinal Jouffroy et dans sa chapelle funéraire de la cathédrale d'Albi[23]. Au XVIIe siècle, on trouve bien les mêmes armoiries sur la tombe de Charles de Saint-Mauris (mort en 1659) à Saint-Hippolyte, figurant parmi celles de ses huit quartiers[réf. nécessaire] et sur le jeton du cogouverneur Pierre-François de Jouffroy de Novillars en 1666[24][réf. à confirmer].

L'armorial Lampinet introduit une erreur (dans la représentation uniquement, pas dans le blasonnement, qui est correct) en dessinant les armes fascées de sable et d'or (et non d'or et de sable)[25]. Cette erreur va se retrouver dans un certain nombre d'armoriaux des XVIIIe et XIXe siècles (Dunod de Charnage, Lurion, Riestap, Rivoire de la Batie, Rolland), mais sans qu'ils soient en mesure de citer une source ancienne accréditant leur représentation[réf. à confirmer]. L'armorial général de 1696 donne même d'or à trois fasces de sables (avec cette fois bien l'or en premier, mais seulement deux fasces de sable, donc)[26].

Les bonnes armoiries (fascées d'or et de sable) apparaissent bien en revanche dans l'armorial Baverel (1780)[27] et dans les armoriaux de L. Suchaux (1878) et J. Gauthier (1911), ainsi que sur de nombreuses plaques de cheminées à Abbans, Nantey, etc.

Possessions[modifier | modifier le code]

Alliances[modifier | modifier le code]

Les principales alliances de la famille de Jouffroy d’Abbans sont : de Joux, d’Occors, de Jouffroy-Gonsans, de Chassagne, Poutier de Saône, Mouchet de Battefort de laubespin, de Pons de Rennepont, Pingon de Vallier, de Gestas de Lespéroux, de Prélange, de Scépeaux, de Boutechoux de Chavannes, de La Forest-Divonne, Arnoulx de Pirey, de Moréal de Brévans, Jacques de Mainville, Perrenot du Breuil, de Costart, Maire du Poset, de Broé, Paris de la Bolardière, Franchet de Rans, de Romeuf, d’Orlier de Saint-Innocent, de Scey-Montbéliard, Desbiez de Saint-Juan, de Buyer-Mimeure, Faget de Casteljau, Leclerc de Pulligny.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger de Lurion, Dictionnaire de la noblesse de Franche-Comté, (1890) page 414
  2. Sylvain Pidoux de la Maduère, Notices généalogique 2e série page 115 (1951).
  3. François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de France, seconde édition (1774) tome VIII, page 251.
  4. a et b Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, tome 4, page 354.
  5. Nicolas-Antoine Labbey de Billy, Histoire de l'Université du comté de Bourgogne, tome 2 page 3, Éditeur : C.-F. Mourgeon, Besançon, 1815
  6. Villars-Saint-Georges et dépendances dont Abbans.
  7. Les descendants de Jouffroy d'Abbans in La nature: revue des sciences et de leurs applications aux arts et à l'industrie, Partie 2, 1894, page 17.
  8. J. C. Alfred Prost, Le marquis de Jouffroy d'Abbans, inventeur de l'application de la vapeur à la navigation, E. Leroux, 1889, pages 197 à 199.
  9. Abbé Sylvain Pidoux de la Maduère, Notice généalogiques, 2e série 1964, page 148.
  10. Abbé Sylvain Pidoux de la Maduère, Notice généalogiques, 2e série, 1964, page 151.
  11. Thepeerage page 228777.
  12. a b et c Mosley, Charles, editor. Burke's Peerage, Baronetage & Knightage, 107th edition, Wilmington, Delaware, U.S.A.: Burke's Peerage (Genealogical Books) Ltd, 2003, volume 1, page 1335.
  13. Genes Reunited.
  14. Thepeerage page 4632.
  15. Charles Fierville, Le Cardinal Jean Jouffroy et son temps, Librairie Hachette, Paris (1874).
  16. Nicolas François Louis Besson, Claude Jouffroy, inventeur de la navigation à vapeur. Annales Franc-Comtoises, Volume 2, page 452 Imprimerie Jacquin, Besançon (1864
  17. J. C. Alfred Prost, Le Marquis de Jouffroy d'Abbans : inventeur de la vapeur appliquée à la navigation, Edit. Ernest Leroux, Paris 1889
  18. Sylvain Pidoux de la Maduère, Notices généalogique 2e série page 148 (1951).
  19. Marquis de Bausset-Roquefort, Notice sur le marquis Achille de Jouffroy d'Abbans, lue à la Société littéraire de Lyon, le 6 avril 1864, impr. de A. Vingtrinier, Lyon, 1864.
  20. Par son père Joseph (1783-1869) et son grand-père Claude Baltazar
  21. Notice d 'autorité, Bibliothèque nationale de France
  22. Par son père Agricole Louis Venceslas (1784-1837) et son grand-père Claude Baltazar.
  23. Mathieu Desachy et Genaro Toscano (dir.), Le goût de la renaissance italienne, les manuscrits enluminés de Jean Jouffroy, cardinal d’Albi, Silvana Editoriale, 2010
  24. Représentation du jeton
  25. Bibliothèque municipale de Besançon, ms 947, armorial Lampinet, fol. 106
  26. Armorial général de 1696, Bourgogne
  27. Bibliothèque municipale de Besançon, ms Baverel 109, fol. 121

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]