Paul de Faget de Casteljau

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Paul de Faget de Casteljau, né en 1930 à Besançon, est un mathématicien et physicien français.

Il est connu pour sa découverte des formes à pôles en 1959 et l'algorithme de Casteljau qui permet de représenter les courbe de Casteljau ou courbes de Bézier alors qu'il travaillait pour Citroën. Il a réuni la technique des courbes de Bézier et des splines dans les Floraisons. Ses dernières recherches portent sur les quaternions et la géométrie métrique.

Courbes de Casteljau[modifier | modifier le code]

Les courbes que l’on nomme de Casteljau - aussi appelées courbes de Bézier - ont été développées dans le domaine de la Conception assistée par ordinateur par Paul de Casteljau dès 1958 pour la société Citroën. Ce n’est seulement qu’à partir de 1962 que Pierre Bézier travaille sur les représentations informatiques pour Renault (système Unisurf).

Comme l’admet lui-même Bézier, les contributions de Paul de Casteljau sont moins reconnues qu’elles le devraient parce que la politique de Citroën ne l’autorisait pas à publier ses recherches[1]. Citroën était la première entreprise française à s’intéresser à la CAO, dès 1958. Paul de Casteljau mit à cette époque au point un système basé sur l’utilisation des polynômes de Bernstein mais devra attendre 1985 pour publier ses recherches, ce qui le priva d’une grande part de la célébrité qu’il aurait méritée pour ses inventions et découvertes.

D’après Bézier, « chez Citroën, une recherche assez semblable à la mienne avait été menée dès 1958 par un mathématicien, Paul de Casteljau. Mais elle n'avait pas été rendue publique. À ce propos, durant des années, quand je présentais mes travaux à la Régie Renault ou ailleurs, j'invoquais les recherches d'un professeur mythique que j'avais appelé Durant. Je lui avais attribué les résultats de mes propres réflexions, ce qui donnait confiance aux gens. Parce que si j'avais dit qu'il s'agissait de polynômes définis par moi-même, je crois que je serais devenu une abomination pour la maison ! Alors je parlais des fonctions de Durant et les gens regardaient les courbes, très satisfaits. J'ai même enseigné ces fonctions au Conservatoire national des arts et métiers. On m'a encore demandé des nouvelles de Durant, voici trois ans chez General Motors... Plus sérieusement, la propriété intellectuelle sur ce travail devrait pourtant être partagée avec Paul de Casteljau, dont je ne manque jamais de citer la contribution. »

Il faut rappeler que dans l'esprit Citroën, la règle veut que les problèmes soient strictement cloisonnés: Paul de Casteljau devait trouver une définition numérique d'une courbe, une fois que celle-ci avait été tracée par le bureau d'études, afin de pouvoir la transmettre à l'atelier.

Prix[modifier | modifier le code]

En 2012, le comité de la SMA, Solid Modeling Association, décerne à l’unanimité son Prix Bézier 2012 à Paul de Casteljau en espérant que le prix puisse offrir à son lauréat une part de reconnaissance bien méritée bien que tardive[2].

Références[modifier | modifier le code]

  • Paul de Casteljau, Courbes à pôles, INPI, 1959
  • Paul de Casteljau, Surfaces à pôles, INPI, 1963
  • Mathématiques et CAO. Vol. 2 : Formes à pôles, Hermes, 1986
  • Les quaternions: Hermes, 1987
  • Le Lissage: Hermes, 1990
  • (en) POLoynomials, POLar Forms, and InterPOLation, September 1992, Mathematical methods in computer aided geometric design II, Academic Press
  • (de) Andreas Müller, "Neuere Gedanken des Monsieur Paul de Faget de Casteljau", 1995
  • (en) de Casteljau's autobiography : My time at Citroën, Computer Aided Geometric Design, Volume 16, Issue 7, août 1999, p. 583-586
  • (en) Wolfgang Boehm, Andreas Müller, On Casteljau's algorithm, Computer Aided Geometric Design, vol. 16, n° 7, p. 587-605, août 1999