Famille Pozzo di Borgo

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Pozzo di Borgo
Blason pdb ancien.png
Blasonnement d'azur au château de trois tours d'argent sur un rocher de même (blason ancien)
Devise virtute et consilio (branche ducale)
Lignées Seigneurs des "Monticci"
Branches Corse (Ajaccio, Alata, Apietto, Villanova), Napolitaine, Vénitienne, Grec (île de Zante)
Période XVe – XXIe siècle
Pays ou province d’origine Drapeau de la Corse Corse
Allégeance Drapeau de la Corse Corse
Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Fiefs tenus Seigneurs des Monticci, Gozzi, Celavo et Cauro (Corse)
Demeures Tours de Monticci, château de la Punta, château de Dangu
Charges Président du Sénat (Royaume anglo-corse), député (France), sénateur (France), ambassadeur de Russie en France et en Grande-Bretagne, ambassadeur de France, préfet.
Fonctions militaires officiers aux services de la république de Venise, de Gènes, des Papes, de l'office de Saint-Georges, de l'Empire russe,de l'Autriche, de la France

La famille Pozzo di Borgo est une famille subsistante de la noblesse française originaire de Corse où elle était connue dès le XVe siècle[1]. Elle a une filiation prouvée depuis 1629[2] et fut maintenue noble en 1774 par le Conseil souverain de Corse[1]. Elle a formé de nombreux rameaux, encore subsistants.

Plusieurs de ses membres se sont illustrés dans l’armée, la diplomatie, la politique et la finance.

Origines[modifier | modifier le code]

La famille Pozzo di Borgo est connue en Corse dès XVe siècle et elle a une filiation depuis 1629[1],[2].

Bien que les origines de la famille ne puissent être déterminées au-delà du XVe siècle, certains témoignages laissent penser qu’elle serait issue de Rinieri da Gozzi vivant en 1250. Ainsi, le village de « Pozzo di Borgo », qui donna son nom à la famille, situé au-dessus d’Ajaccio aurait été fondé par Suzzone de Lisa, seigneur des Monticci, issu des seigneurs da Gozzi, Celavo et Cauro.[réf. nécessaire]

Des lignées d'officiers, d'hommes de loi et de capitaines corailleurs

La famille Pozzo di Borgo, a donné depuis le XIVe siècle des lignées de militaires qui s’établissent en Corse mais également dans toute la Méditerranée et particulièrement, à Venise, Rome, Livourne, Gênes, Marseille et sur l’île de Zante. Ainsi Suzzone Pozzo di Borgo, né en 1547, fut colonel de la garde corse du pape et fondateur de la branche d’Alata après la destruction par les Barbaresques vers 1574 du village de « Pozzo di Borgo » qui donna son nom à la famille. Un autre Livio Pozzo di Borgo, colonel au service de Rome, a fondé l’hôpital des pauvres à Ajaccio et assuré son financement à partir de 1581. Ses descendants veilleront à la destinée de celui-ci pendant plusieurs siècles. Pier Lovico da Pozzo di Borgo qui vit au milieu du XVe siècle est l’auteur de la branche de la famille qui s’installa et prospéra sur l’île de Zante (Grèce). Cette branche donna entre autres, Stefano Pozzo di Borgo, soldat à Ajaccio en 1598 et capitaine au service de Venise en 1606 ; Domenico Pozzo di Borgo (1612-1685) resté aux ordres du gouvernement vénitien pendant 51 ans pour finir sa carrière comme colonel de la compagnie d’italiens en 1675 aux îles de Corfou, Suda et Zante et major de la place de Candie. Il épouse à Zante le 29.04.1649 Elena Apostoliti, fille de Giorgio d’une noble famille de Zante ; Girolamo Pozzo di Borgo(1660-1705) sergent major au service de Venise, capitaine en 1683. Il épouse en 1684 Bianca Mocenigo, fille du noble Battista. Cette branche s’éteindra à Venise en la personne de de Girolamo Pozzo di Borgo, sergent-major en 1737, qui meurt sans postérité connue.

Alors que certaines branches de la famille Pozzo di Borgo donnent des lignées d’hommes de loi, notaires, avocats, d’autres en revanche se tournent vers la mer dans les compagnies de capitaines corailleurs. À partir du XVIIe siècle, la famille Pozzo di Borgo se divise en de nombreuses branches établies principalement dans les villes et villages de Corse, en particulier à Ajaccio, Alata, Apietto et Villanova mais également sur les rives de la Méditerranée. En Corse ils font partie de la noblesse et représentent les Corses auprès du conseil génois.

Noblesse et titres[modifier | modifier le code]

Après l'annexion de la Corse par la France en 1769, la famille Pozzo di Borgo fut maintenue noble par le Conseil souverain de Corse par arrêt des 9 juin et 5 septembre 1774[3],[2] et se verront ainsi intégrées dans la noblesse française.

Charles-André Pozzo di Borgo fut titré comte en 1826 par l’empereur de Russie (ennemi de Napoléon, Charles-André a été ambassadeur de Russie en France de 1814 à 1830) et Charles-Jérôme Pozzo di Borgo fut titré duc en 1852 par le roi des Deux-Siciles. Ces titres étrangers ne sont toutefois pas reconnus en France[3].

Propriétés[modifier | modifier le code]

  • Hôtel de Longueuil (dit aussi hôtel de Maisons (ayant appartenu au Marquis de Maisons), puis d'Angervilliers, puis de Soyecourt, puis hôtel Pozzo di Borgo) rue de l'Université à Paris[4], qui fut acheté par le comte Carlo Andrea (Charles-André) Pozzo di Borgo, en 1839, sous Louis-Philippe. Une partie de l'hôtel a longtemps été louée par le couturier Karl Lagerfeld qui en avait fait sa résidence parisienne. Mis en vente en 2009, l'hôtel a été racheté par le gouvernement du Gabon[5],[6].
  • château de la Punta situé près d'Ajaccio en Corse, il fut construit par le deuxième duc, Jérôme Pozzo di Borgo et son fils Charles, le troisième duc ; la construction a duré de 1882 à 1891, elle s'est faite au moyen des restes du Palais des Tuileries de Paris. Le château de la Punta a été vendu en 1992 au Conseil Général de la Corse du Sud, à la suite d'un incendie survenu en 1978.
  • Château de Dangu, situé à Dangu en Normandie, construit par le quatrième duc Pozzo di Borgo vers 1890.

Une histoire mouvementée avec la famille Bonaparte, alliances et divisions[modifier | modifier le code]

Les liens d'amitié entre les familles Pozzo di Borgo et Bonaparte ont été étroits pendant plusieurs siècles. De très nombreuses alliances matrimoniales ont rapproché les deux familles mais les ont également divisés lorsque leurs intérêts politiques divergeaient. Ainsi l’empereur Napoléon Ier eut comme ennemi farouche et tenace, son lointain cousin et ancien ami, Charles-André Pozzo di Borgo, futur ambassadeur de Russie en France. Leur célèbre querelle prendra pour théâtre l'Europe entière. Le rôle de Charles-André Pozzo di Borgo fut déterminant dans la chute de l'empereur Napoléon[réf. nécessaire].

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Pasquale Pozzo di Borgo, officier corse, fils de Maestro Giovanello, (mort en 1603), notaire, lieutenant du chancelier de l’office de Saint-Georges en 1567, orateur de l’au-delà des monts en 1584, 1589, 1591 et 1592. Capitaine d’une compagnie corse en Ligurie en 1599.
  • Secondo Pozzo di Borgo, officier corse, fils de Maestro Giovanello, collecteur des tailles de la piève d’ajaccio par lettre patentes du 19.5.1590, commissaire des routes du delà-des-monts le 15.5.1593, capitaine de la compagnie corse de Ligurie, membre du conseil des anciens de la ville d’Ajaccio et orateur à Gènes en 1597.
  • Paolo-Emilio Pozzo di Borgo, officier corse, capitaine de la compagnie corse de l’au-delà des monts, après la mort de son père en 1603, puis colonel au service du Saint-Siège. Réside à Ascoli où il meurt en 1626. Père de Paolo-Agostino et Giacomo, tous deux capitaines au service de Venise.
  • Suzzone Pozzo di Borgo (1547-1634), officier corse, colonel de la garde corse du pape (1619). Auteur de la branche principale d’Alata.
  • Tertio Pozzo di Borgo, officier corse, mort avant 1651, Alfière (lieutenant) dans la compagnie de germino de Franchi, confirmé dans les privilèges d’exemption d’impôts et de taille le 28.8.1593. Capitaine de la compagnie corse en Ligurie.
  • Domenico Pozzo di Borgo (1612-1685), officier corse au service de Venise pendant cinquante-et-un ans, sergent major des ordonnances de Zante, commandant et provéditeur de la citadelle de Parga en 1669, colonel d’une compagnie d’Italiens en 1675 aux îles de Corfou, studa et Zante, puis major de la place de Candie.
  • Carlo Andrea Pozzo di Borgo (1764-1842), homme politique corse puis français, diplomate au service de la Russie. Un des membres les plus célèbres de la famille. Il finit sa carrière comme ambassadeur de Russie auprès de la France puis de l’Angleterre. Ses héritiers firent ériger sur les hauteurs d'Ajaccio, à l'emplacement des ruines de l’ancien village de Pozzo di Borgo, le célèbre château de la Punta, avec une partie des ruines incendiées du palais des Tuileries.
  • Giuseppe-Maria Pozzo di Borgo (1787-1827), homme politique Français, président du conseil général de la Corse, colonel au service de l’Autriche, épouse à Prague en 1808 Thérèse, comtesse Wratislaw de Mittrowsky, dont la fille Marie-Thérèse épouse Joseph-Antoine, comte Baciocchi, chambellan de l’empereur Napoléon III.
  • Charles Jérôme Pozzo di Borgo (1791-1879), officier français, commandant de la place de Barcelone, colonel du régiment de Hohenlohe, nommé 1er duc Pozzo di Borgo par Ferdinand II des Deux-Siciles (1852).
  • Joseph Pozzo di Borgo (1890-1966), 4e duc Pozzo di Borgo, activiste d'extrême droite dans l'entre-deux-guerres
  • Roland Pozzo di Borgo (1928-2001), homme d’affaires français, fils de Mathieu Ferrandini et de Marie-Anne Pozzo di Borgo dont il prend le nom.
  • Christian Pozzo di Borgo (1944-2004), médecin anesthésiste, universitaire, franc-maçon, grand maître du Grand Orient de France de 1988 à 1989.
  • Yves Pozzo di Borgo (1948), homme politique français, ancien sénateur centriste et membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.
  • Philippe Pozzo di Borgo (1951), homme d’affaires dont l’histoire est évoquée dans le film Intouchables en 2011.
  • Cécile Pozzo di Borgo (née Mouton-Brady), haut fonctionnaire, ancienne ambassadrice de France en République dominicaine et au Pérou, ancienne préfète de l’Aveyron, nommée administratrice supérieure des Terres australes et antarctiques françaises le 18 septembre 2014.

Armes[modifier | modifier le code]

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Portraits[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Grand Armorial de France, tome V, 1948 page 370
  2. a, b et c Arnaud Chaffanjon, Le Petit Gotha illustré, Editions SERG,1968, page 235.
  3. a et b E. de Séréville, F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975, page 820.
  4. L’hôtel Pozzo di Borgo, site officiel
  5. Lieux privatisables : les 30 adresses les plus « in » , Le Figaro, 18 novembre 2009
  6. « L’hôtel Pozzo di Borgo - Evous », sur www.evous.fr (consulté le 10 mai 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Armorial de la Corse, François Demartini, édition Alain Piazzola, janvier 2003
  2. Armorial corse, Colonna de Cesari Rocca, édition Henri Jouve, 1892
  3. Le Corail en Méditerranée, textes réunis par Michel Vergé Franceschi et Antoine-Marie Graziani, édition Alain Piazzola, juillet 2003
  4. La Corse, Venise et la Méditerranée, textes réunis sous la direction de Michel Vergé Franceschi, édition Alain Piazzola, 2009
  5. Pozzo di Borgo, diplomate de l'Europe française, Pierre Ordioni, Paris édition Plon, 1935
  6. Pozzo di Borgo contre Napoléon, Pl. Albertini et J. Marinetti, édition Jean Peyronnet, 1966
  7. Pozzo di Borgo et Bonaparte en Corse, Paul Maurin Carcopino, Toulon
  8. Pozzo di Borgo, Corse, France et Russie, Paris, Calman Lévy, 1890
  9. Napoléon, une enfance en Corse, Michel Vergé-Franceschi, bibliothèque historique Larousse, juin 2009
  10. Le Cap Corse, généalogie et destin, Michel Vergé-Franceschi, édition Alain Piazzola, 2006
  11. Les Bonapartes en Corse, François Demartini et Antoine-Marie Graziani, édition Alain Piazzola, juillet 2001
  12. Napoléon et Pozzo di Borgo, John Mac Erlean, édition de Paris, 2007