Château de la Punta

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

château de la Punta
Image illustrative de l’article Château de la Punta
Architecte Albert Franklin Vincent
Début construction XIXe siècle
Propriétaire initial Jérôme Pozzo di Borgo
Propriétaire actuel Collectivité de Corse
Protection  Inscrit MH (1970, Terrasse)
Logo monument historique Classé MH (1977)
Coordonnées 41° 57′ 24″ nord, 8° 42′ 30″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Département Corse-du-Sud
Commune Alata

Géolocalisation sur la carte : Corse

(Voir situation sur carte : Corse)
château de la Punta

Le Château de la Punta est situé en Corse-du-Sud sur la commune d'Alata.

Histoire[modifier | modifier le code]

Afin de perpétuer en Corse le souvenir de ses ancêtres, Charles-Jérôme Pozzo di Borgo († 1879), fait duc par le roi de Naples en 1852 en remerciement des services rendus aux Bourbon avait demandé à ses neveux et héritiers de reconstruire le village de ce nom, détruit en 1594 par les Barbaresques.

Du fait de la grande aridité des terres cela ne fut pas possible, mais afin de remplir cette obligation morale, ils firent néanmoins édifier cette demeure de 1883 à 1891.

Lorsqu’en 1882 il fut décidé de raser les pierres restées debout du palais des Tuileries incendié lors de la Commune en 1871, l'ensemble en fut acquis par l'entrepreneur de démolition Achille Picart pour la somme de 33 000 francs, afin de le débiter "en gros ou en détail", dépeçage qui en dispersa les éléments.

C'est ainsi que le duc Jérôme Pozzo di Borgo et son fils le comte Charles, descendants de Charles-André, un des grands ennemis de Napoléon 1er, firent l’acquisition du plus gros lot du pavillon de l'ancien palais afin d'édifier un château sur le domaine familial corse situé à Alata, près d’Ajaccio.

Les pierres démontées et relevées par l'architecte Albert-Franklin Vincent furent mises en caisse puis acheminées par voie ferrée jusqu'à Marseille, puis convoyés par bateau pour Ajaccio; la fortune de cet oncle permit de financer une entreprise qui nécessita, afin d'acheminer les matériaux jusqu'au lieu choisi, le creusement dans le roc d'une route de sept kilomètres.

Cette difficile et coûteuse entreprise n'empêcha pas le duc Pozzo di Borgo de renouveler l'expérience de 1896 à 1899 en faisant déposer transporter et réédifier (en l'agrandissant) par l'architecte Louis Dauvergne le château XVIIIe de Montretout à Saint-Cloud sur le domaine normand de Dangu acquis en 1884, et d'en faire aménager le parc par Achille Duchêne.

Le groupe sculpté "Les Quatre saisons" de la terrasse devant le château provient de l'escalier monumental de l'Hôtel de Ville d'honneur de Paris, incendié comme le Palais de Tuileries lors de la Commune.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Construit sur des plans de l'architecte Albert Franklin Vincent, le château de La Punta est situé à 600 mètres d'altitude.

Une plaque de marbre rouge indique :

« Jérôme, duc Pozzo di Borgo, et Charles, son fils, ont fait construire cet édifice avec des pierres provenant du palais des Tuileries, incendié à Paris en 1871, pour conserver à la Patrie Corse un précieux souvenir de la Patrie française. L’an du Seigneur 1891. »

Le château est inspiré du "pavillon Bullant" de l'ex-Palais des Tuileries, dont il reprend une partie des façades, tout en intégrant d'autres parties provenant des divers pavillons qui composaient le palais. Chacune des façades est différente, ce qui permet d'avoir une bonne illustration de l'aspect que présentait le palais disparu.

En 1978 un incendie du maquis environnant gagna le château et détruisit sa charpente et sa toiture, ce qui entraîna sa fermeture au public.

En 1992 le château ainsi endommagé et son parc de 40 hectares ont été acquis par le Conseil Général de Corse du Sud pour la somme de dix millions de francs (sans le mobilier); en 1996 la charpente en bois détruite fut remplacée par une charpente métallique, des poteaux masquant des lucarnes qui, dépourvues de menuiseries, furent closes de...plexiglas[2], et une toiture neuve posée.

La destruction de la toiture pendant dix-huit ans et les infiltrations d'eau qui en ont résulté, le climat méditerranéen, le temps qui passe, ont entraîné une importante dégradation du bâtiment qui nécessite aujourd'hui de très importants travaux de réhabilitation.

La grande terrasse a été inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques le 27 juillet 1970, puis les façades, le vestibule, l'escalier, le petit salon, le grand salon, la salle à manger et la bibliothèque ont été classées Monument Historique le 7 février 1977[3].

En 1899 un article du "Magasin Pittoresque" décrivit la propriété et ses collections, et vers 1965 le décor intérieur - aujourd'hui fort délabré - et le mobilier encore en place offraient un bon témoignage du goût historiciste régnant dans l'aristocratie européenne à la fin du XIXe siècle :

  • le grand salon de style Renaissance fut doté de la copie d'un célèbre plafond à caissons du château de La Palice et d'une réplique de qualité (la frise décorative et le médaillon central "dont la facture rappelle le style de Jean Goujon" sont anciens) de la monumentale cheminée en pierre et marbre - qui fut attribuée à Germain Pilon - provenant du château de Villeroy (Musée du Louvre); les lambris et portes s'inspirent de boiseries du château d'Ecouen et les soieries murales avaient été tissées à Lyon sur des modèles du XVIe siècle;
  • le manteau de la cheminée (ancienne ?) de la salle à manger du même style reçut comme dans de grandes demeures aristocratiques de l'époque, la statue équestre en bas-relief de Paul-Emile Pozzo di Borgo, commandant des troupes pontificales corses, entouré de tapisseries anciennes;
  • outre ces deux pièces, des photographies montrent le salon Louis XV avec un mobilier de cette époque, le portrait du premier duc par John Hayter, des effigies XVIIIe de membres de la famille alliée de Montesquiou;
  • la bibliothèque Empire contenant le mobilier du cabinet de travail parisien de Charles-André Pozzo di Borgo; sa cheminée portait la paire de vases de la manufacture de porcelaine de Saint-Pétersbourg offerte par le tsar Alexandre Ier à l'ambassadeur de France en Russie pendant dix-sept ans, et qui fut fait comte russe héréditaire et général de l'infanterie russe en 1828; un portrait du tsar et celui du duc de Richelieu, ministre de la Restauration[4].

Cet ensemble décoratif disparut du fait des ventes mobilières voulues par le dernier propriétaire.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • "Le château de la Punta : la renaissance des Tuileries en pays ajaccien", par Zélia Darnault-Orsoni (2019) aux éditions Alain Piazzola

{Ouvrage|titre= Merveilles des châteaux de Provence|éditeur= Collection Réalités Hachette |auteur=Librairie Hachette et société d'études et de publications économiques |volume=|titre volume=|langue=|jour=|mois=avril|année= 1988 |lieu=Paris |pages=324 |isbn= |commentaire= Préface du Duc de Castries vice-président de l'Association des Vieilles maisons françaises : Comtat Venaissin-Comté de Nice-Corse : Alata : Château de la Punta, Sous le soleil de Corse, le souvenir des Tuileries..., pages 192 à 199

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. rapport Perrot au Ministre de la Culture du 16/10/2001
  3. Notice no PA00099072, base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Claude Frégnac (préf. Duc de Castries, ill. Claude Acremant), Merveilles des châteaux de Provence, Paris, Hachette, coll. « Réalités », , 327 p., 32 cm (OCLC 1517606, SUDOC 016709012, présentation en ligne), p. 195 à 199